CONVERGENCE IFRS/SYSCOA-OHADA ABIDJAN 2009

El hadji Abdoulaye GUEYE Expert Comptable

PLAN
APPROCHE JUSTIFICATION DE LA CONVERGENCE MODALITES DE CONVERGENCE ANALYSE PREALABLE ANALYSE DES POINTS DE CONVEGENCE ET DE DIVERGENCE PROCEDURES DE CONVERGENCE CONCLUSION
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APPROCHE
L’approche est différente :
Le SYSCOA/OHADA : ensemble de principes et des règles précises d’application IFRS : davantage des principes (justifié par la nécessité de « couvrir » une large population avec des historiques divers

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JUSTIFICATIONS DE LA CONVERGENCE
Convergence doit être justifiée par un besoin d’amélioration de la qualité de l’information financière dans notre Espace économique Procéder à une analyse approfondie des attentes, préoccupations et intérêts de l’ensemble des acteurs Aboutir à des arguments pertinents pour justifier la convergence du SYSCOA/OHADA vers les IFRS

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JUSTIFICATIONS DE LA CONVERGENCE (suite)
Le processus de rapprochement devra faire l’objet d’une réflexion approfondie notamment sur les enjeux et les impacts de cette convergence.

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MODALITES DE CONVERGENCE
Convergence par adoption des normes IFRS qui remplacent le référentiel SYSCOA/OHADA et s’appliquent à l’ensemble des sociétés Convergence par adoption des normes IFRS qui s’appliquent aux seules sociétés cotées, les autres sociétés utilisant le référentiel SYSCOA/OHADA Convergence par le mécanisme de la porosité

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MODALITES DE CONVERGENCE (suite)
Si la phase d’analyse et de consultation conduisait à la conclusion que le référentiel SYSCOA/OHADA devrait évoluer vers les IFRS, ce rapprochement devrait être progressif et maitrisé. On doit s’interroger sur les normes IFRS de convergence : « Full IFRS » ou « IFRS/PME »

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ANALYSE PREALABLE
Plusieurs questions mériteraient d’être posées avant toute convergence :
Quel risque sur la gestion des entreprises pour l’application de la juste valeur Quels coûts pour les entreprises Les différentes parties prenantes ont-ils intérêt que les entreprises passent aux IFRS Quel rythme adopter pour le processus de convergence Analyse approfondie des impacts comptables et fiscaux
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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE
Les cadres conceptuels SYSCOA/OHADA et IFRS
Les cadres conceptuels du SYSCOHADA et de l’IASB présentent la même architecture : les objectifs, les caractéristiques qualitatives, le contenu des états financiers (incluant la définition des actifs, passifs, produits, charges, capitaux propres), les critères d’évaluation des éléments des états financiers. Toutefois, le cadre conceptuel du SYSCOHADA a prévu en plus des éléments qui composent la structure cidessus, la définition du cadre comptable et la structure du plan de comptes.
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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)
Les cadres conceptuels SYSCOA/OHADA et IFRS
Un point de divergence est lié aux utilisateurs de l’information comptable et financière. Pour l’IASB, plusieurs utilisateurs sont identifiés (investisseurs, personnel, prêteurs, fournisseurs et autres créditeurs, clients, les Etats et les organismes publics, le public). Sans préjuger d’une hiérarchie entre les utilisateurs, le cadre conceptuel IASB semble orienter la présentation vers les investisseurs en supposant que la satisfaction des besoins des investisseurs devrait permettre de satisfaire également les autres parties prenantes. Pour sa part, le cadre conceptuel du SYSCOHADA oriente la destination de l’information à tous les agents d’une économie marchande dont le centre est la libre entreprise. Le cadre conceptuel SYSCOHADA classe les utilisateurs de l’information comptable comme suit : les entreprises, les fournisseurs et clients de l’entreprise, investisseurs et actionnaires de l’entreprises, les prêteurs, les banques, l’institution d’émission (BCEAO), le personnel, l’Etat et la Centrale des Bilans. Le cadre conceptuel SYSCOHADA retient une approche plus économique que financière pour la destination de l’information comptable.

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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)
Les cadres conceptuels SYSCOA/OHADA et IFRS

Les deux cadres conceptuels mettent en avant, les mêmes conventions, principes ou caractéristiques comptables. Toutefois, le cadre conceptuel IASB à la différence du SYSCOHADA ne retient pas les principes du coût historique, de la prudence et de l’intangibilité du bilan d’ouverture

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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)
Les cadres conceptuels SYSCOA/OHADA et IFRS
Dans les deux cadres conceptuels, l’approche retenue vise à définir les notions d’actif, de passif, de charge, de produit et de capitaux propres. Il existe toutefois, une divergence à ce niveau, entre les définitions données par l’IASB et celles du cadre conceptuel IASB. En effet, l’IASB définit l’actif comme étant des bénéfices économiques futurs attendus tandis que le SYSCOHADA définit l’actif comme étant des bénéfices économiques futurs probables. Les mêmes différences sont retrouvées au niveau du passif.
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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)
Les cadres conceptuels SYSCOA/OHADA et IFRS
Par ailleurs, selon le cadre conceptuel IASB, un élément doit être comptabilisé dès lors qu’il remplit la définition d’un élément d’actif ou de passif et qu’un coût ou une valeur peut lui être rattaché avec fiabilité. Toutefois, le SYSCOHADA admet l’inscription de charge en immobilisation par le biais de l’activation de certaine charge, principe non admis par l’IASB.

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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)
Les cadres conceptuels SYSCOA/OHADA et IFRS

Le cadre conceptuel IASB privilégie la valeur de marché pour l’évaluation alors que le SYSCOHADA préconise la méthode du coût amorti.

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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)
Etats financiers SYSCOA/OHADA et IFRS

Le corpus des normes IAS/IFRS a prévu une norme portant présentation des états financiers (norme IAS 1) qui doivent contenir : un bilan, un compte de résultat, un tableau de variation des capitaux propres, tableaux de flux de trésorerie et les notes annexes.

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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)
Etats financiers SYSCOA/OHADA et IFRS

Le cadre conceptuel SYSCOHADA prévoit trois systèmes d’établissement des états financiers en fonction de la taille de l’entreprise à la différence de l’IASB qui n’en prévoit qu’un seul.

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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)

Exemples de comparaison
SYSCOA/OHADA Droit comptable et information financière Liste de comptes + Modèles états financiers La comptabilité pour les parties prenantes Intervention des autorités publiques Cadre conceptuel (régularité) Liaisons avec les droits IFRS Information financière Pas de listes de comptes et pas de formats d’états financiers Les informations pour les investisseurs Autorité privée indépendante Cadre conceptuel (image fidèle) Prééminence du fond sur la substance – déconnexion avec la fiscalité Valeur de marché (juste valeur) Pas de règles sur la tenue des comptes

Base d’évaluation = coût historique Règles formelles de tenue de comptes

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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)

Exemples de comparaison
SYSCOA/OHADA
Reconnaissance des frais d’établissement Existence de la notion de « charges à répartir » sur plusieurs exercices Inclusion des provisions réglementées

IFRS
Pas d’actif à ce titre Pas d’actif comparable Pas de provisions réglementées

Inclusion des subventions d’investissement Imputation des subventions d’investissement : -Soit en moins des actifs financés -Soit en « produits constatés d’avance » Existence de provisions pour risque et charges : «passif dont l’échéance ou le montant dont l’échéance ou le montant n’est pas fixé de façon précise » Existence de provision pour grosses réparations « Une provision est un passif dont l’échéance ou le montant est incertain »

Provision pour grosses réparation : inexistente
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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)

Exemples de comparaison
SYSCOA/OHADA
L’amortissement est la répartition systématique du montant amortissable sur la durée d’utilisation Base d’amortissement : valeur brute – valeur résiduelle

IFRS
L’amortissement est la répartition systématique du montant amortissable sur la durée d’utilité Base d’amortissement : valeur brute – valeur résiduelle

Découpage de la valeur en plusieurs Découpage de la valeur en plusieurs éléments si durée de vie différentes et coût éléments si durées de vie différentes et distingué coût estimable Fonds commercial : pas d’amortissement, provision possible Présomption de durée de vie : 20 ans (amortissement)

Goodwill : amortissement écart première acquisition

Pas d’amortissement mais test de dépréciation annuel

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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)

Exemples de comparaison
SYSCOA/OHADA
Inscription des contrats de crédit bail à l’actif du bilan si remplissant les critères fixés Choix entre CMP, FIFO . La méthode LIFO est interdite Escomptes obtenus en produits financiers Constatation des écarts de conversion : -Non enregistrement des gains latents -Constatation des pertes latentes par une provision pour perte de change Maintien des effets escomptés au bilan

IFRS
Les principes d’analyse des contrats de location financement sont plus nombreux Choix entre CMP, FIFO . La méthode LIFO est interdite Escomptes obtenus imputés au coût Conversion au cours de clôture en contrepartie du résultat

Maintien des effets escomptés au bilan

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ANALYSE DES POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE (suite)

Exemples de comparaison
SYSCOA/OHADA
Etats financiers formalisés Compte de résultat détaillé par nature Etat annexé formalisé, notes annexes pour les informations significatives

IFRS
Format libre du bilan classé par liquidité Bilan présenté en net Format libre du compte de résultat (succint) par destination ou par nature Notes annexes prévues par chaque normes Notes annexes prévues pour des informations sectorielles Tableau de flux de trésorerie

Tableau Financier des Emplois et des Ressources (TAFIRE)

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EVALUATION DES ACTIFS ET DES PASSIFS EN IFRS
Coût historique Prix payé au moment de l’acquisition

Coût actuel

Prix qu’il faudrait payer pour acquérir le même actif

Valeur de réalisation

Trésorerie qui pourrait être obtenue en vendant l’actif

Valeur actualisée

Valeur actualisée des flux de trésorerie De plus en plus à la juste valeur

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EVALUATION DES ACTIFS ET DES PASSIFS EN IFRS
Juste valeur C’est le montant pour lequel un actif pourrait être échangé ou un passif éteint entre parties bien informées, consentantes et agissant dans des conditions de concurrence normale. Il existe plusieurs niveaux de juste valeur : 1. Prix observable sur un marché des actifs ou passifs identiques à la date d’évaluation ou à une date proche 2. A défaut, prix observable sur un marché des actifs ou passifs similaires à la date d’évaluation ou à une date proche 3. A défaut, autres techniques d’évaluation reprenant les hypothèses du marché lorsqu’elles sont disponibles ou, à défaut, celles de l’entreprise (flux de trésorerie actualisés, comparables, …)

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PRINCIPES GENERAUX IFRS
Continuité d’exploitation Comptabilité d’engagement Cohérence de la présentation Importance relative et regroupement Compensation Informations comparatives Que manque-t-il ?

Principe du coût historique Principe de prudence Intangibilité du bilan d’ouverture

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EXEMPLE NORME IAS 17 : COMPTABILISATION DES CONTRATS DE LOCATION
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CLASSIFICATION
La question clé : Qui supporte les risques et avantages liés à la propriété ? Par exemple, risques et avantages liés à : La valeur résiduelle Le changement d’environnement Les résultats tirés de l’activité de l’actif pendant sa durée de vie utile

Substance over form!

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CLASSIFICATION : CRITERES CONSIDERES COMME DETERMINANTS
Les seuils US GAAP peuvent faciliter l’analyse mais ne sont pas des critères de classement absolus en IFRS: oui Transfert de propriété à la fin du contrat non valeur de rachat très intéressante à la date de signature non La location couvre la majeure partie de la durée de vie économique non La valeur actualisée des paiements minimaux égale la quasi-totalité de la juste valeur de l’actif loué non oui Actifs spécifiques non Questions additionnelles … Location financement
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oui

oui

75% 90%

oui

CLASSIFICATION : AUTRES CRITERES POUVANT CONDUIRE A UNE LOCATION FINANCEMENT
oui

Pertes subies par le bailleur relatives à une résiliation anticipée à la charge du preneur
non

Variation de la juste valeur de la valeur résiduelle à la charge/bénéfice du preneur
non

oui

Deuxième période de location moyennant un loyer sensiblement inférieur au prix du marché
non

oui

Location simple

Location financement

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TRAITEMENT COMPTABLES DES CONTRATS DE LOCATION SIMPLE
Preneur Bilan Loyers à payer / Loyers payés d’avance Bailleur Créances de loyers / Loyers reçus d’avance

Compte de résultat

Charge locative

Amortissement Produits locatifs

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TRAITEMENT COMPTABLES DES CONTRATS DE LOCATION FINANCEMENT

Preneur
Bilan Actif loué Juste valeur ou valeur actualisée des paiements minimaux (si inférieure) Dette financière Même montant que l’actif à l’origine du contrat Compte de résultat Amortissement Sur la durée d’utilité de l’actif

Charge d’intérêt Basée sur le taux d’intérêt implicite au contrat ou le taux d’emprunt marginal du preneur

Les loyers payés doivent être répartis entre charge d’intérêt et remboursement de la dette.
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Critère de reconnaissance Actif, passif ou éventualité ? En IFRS
Niveau d’occurrence

Traitement comptable Comptabilisation Information Pas d’information Pas d’information Comptabilisation Comptabilisation Information Information Pas d’information31

Actif
Actif éventuel

Quasiment certain
Probable Possible Faible

Passif

Quasiment certain Probable Probable, évaluation non fiable Possible
JT FaibleStagiaires DECOFI sur les normes IAS/IFRS - El hadji Abdoulaye GUEYE

Passif éventuel

ESTIMATION DES PROVISIONS
Meilleure estimation possible de la dépense pour éteindre l’obligation Prise en compte des risques et incertitudes Prise en compte des évènements futurs si probables Non prise en compte des profits résultant de la sortie attendue d’actifs même si étroitement liés à la dépense Actualisation obligatoire si impact significatif Remboursements présentés séparément à l’actif

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DIVERGENCE AVEC SYSCOA
Un passif ne peut être comptabilisé selon les IFRS que si l’entreprise a, à l’égard d’un tiers, une obligation qui entraînera probablement une sortie de ressources. Les passifs seulement éventuels ne sont pas comptabilisés mais mentionnés en annexe Provisions pour campagnes de publicité et pour mise en conformité des équipements interdites Actualisation des provisions si incidence significative en IFRS Provisions pour grosses réparations toujours acceptées en SYSCOA pour les gros entretiens

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EXEMPLES
Pertes opérationnelles futures Non car pas d’obligation matérialisée Garantie produit Oui Risques généraux Non Contrats déficitaires Oui Contrats conclus à des conditions défavorables Oui si les coûts à engager sont supérieurs aux avantages attendus Auto assurance pour risques potentiels Non car pas d’obligation matérialisée Actions en justice Oui si matérialisation du risque Dommages créés à l’environnement Oui si exigence légale ou si attente fondée des tiers

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PROCEDURE DE LA CONVERGENCE

Renforcer la représentation des acteurs des entreprises au sein des organes de normalisation Les risques potentiels que pourrait faire poser la convergence tant en matière de fiscalité qu’en termes économiques et de gestion d’entreprise impliquent que l’ensemble des soient correctement représentés et écoutés.

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PROCEDURE DE LA CONVERGENCE (suite)

Examiner en détail l’impact des IFRS Il est indispensable que chaque étape d’un éventuel rapprochement soit correctement évaluée dans ses effets économiques et fiscaux. A cette fin, il apparaît opportun de mettre en place un groupe de travail composé de personnalités compétentes et indépendantes, pour examiner les incidences des IFRS.

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PROCEDURE DE LA CONVERGENCE (suite)

Laisser aux entreprises le temps de s’adapter et de se préparer aux réformes de la comptabilité Les entreprises doivent être informées des évolutions du SYSCOA/OHADA et de leurs conséquences

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CONCLUSION

Pour une réussite de la convergence vers les normes IFRS, il convient d’analyser les éléments suivants :
-

-

-

Inventorier les divergences entre les règles comptables actuelles du SYSCOA/OHADA et les IFRS Sécuriser le dispositif juridique tout en veillant à assurer la simplicité des normes à transposer Analyser les effets fiscaux du processus de convergence afin d’en mesurer les impacts.

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