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Médecine légale/toxicologie

B 390

Responsabilité médicale pénale,


civile, administrative et disciplinaire
Définition et notions élémentaires
Dr Sophie CLÉMENT, Pr Claude PIVA
Service des urgences, CHU Dupuytren, 87025 Limoges cedex, faculté de médecine, 87025 Limoges cedex.

Points Forts à comprendre 2. Avortement illégal


Article 223-10 à 12 : l’interruption de grossesse est interdite,
sans le consentement de l’intéressée, après expiration des
• Le médecin a une responsabilité pénale, civile, délais prévus par la loi de 1975, si elle est pratiquée par un
administrative et disciplinaire. En d’autres non médecin ou dans un lieu non agréé. Il est également
termes, sa faute peut engager sa propre interdit de fournir à une femme les moyens matériels de pra-
responsabilité et (ou) la responsabilité de l’hôpital, tiquer une interruption de grossesse sur elle-même.
selon les circonstances et le mode d’exercice.
Pour l’instant en France, la base de la 3. Secret professionnel
responsabilité médicale est la faute.
• Une faute va entraîner un dommage ou Articles 226-13 et 226-14 : « la révélation d’une informa-
un préjudice. S’il y a une relation entre la faute et tion à caractère secret par une personne qui en est déposi-
le préjudice, la victime pourra être indemnisée. taire, soit par état ou par profession, soit en raison d’une
• La responsabilité morale est la voix fonction ou d’une mission temporaire est punie d’un an
de la conscience, tribunal personnel et intime, d’emprisonnement et de cent mille francs d’amende ».
diversement partagée. L’article 226-13 n’est pas applicable dans les cas où la loi
impose ou autorise la révélation du secret. En outre, il n’est
pas applicable :
« – à celui qui informe les autorités judiciaires, médicales
ou administratives de sévices ou privations dont il a eu
connaissance et qui ont été infligés à un mineur de quinze
Responsabilité pénale ans ou à une personne qui n’est pas en mesure de se pro-
Le médecin est soumis aux règles du droit commun, comme téger en raison de son âge ou de son état physique ou psy-
tout citoyen. Il peut donc être poursuivi pénalement. La chique ;
responsabilité pénale est personnelle ; en d’autres termes, – au médecin, qui, avec l’accord de la victime, porte à la
elle ne peut être couverte par une assurance. connaissance du procureur de la République les sévices
Les infractions au code pénal peuvent être constitutives de qu’il a constatés dans l’exercice de sa profession et qui lui
contravention, de délit, ou de crime selon leur gravité. Les permettent de présumer qu’un viol ou qu’un attentat à la
sanctions sont des amendes ou des peines d’emprisonnement. pudeur a été commis ».
Plusieurs articles du code pénal concernent le médecin. La notion de secret couvre tout ce que le médecin a vu,
entendu ou compris à l’occasion de l’exercice de sa pro-
1. Omission de porter secours fession. Le principe en est de protéger la vie privée de l’in-
Article 223-6 alinéa 2, encore appelée « non assistance à dividu. Il n’y a pas de secret entre le médecin et son patient.
personne en danger » : c’est pour un individu « l’absten- De nombreux textes législatifs, contenus notamment dans
tion volontaire de porter secours à une personne en péril, le code de santé publique prévoient des dérogations à la
l’assistance que sans risque pour lui ni pour les tiers, il pou- règle du secret absolu.
vait lui prêter soit par son action personnelle, soit en pro-
voquant un secours. 4. Certificats mensongers
Le péril doit être imminent (menaçant la vie ou l’intégrité Article 441-7 et 8 : « ... est puni d’un an d’emprisonnement
corporelle). Tout appel d’un particulier est une présomp- et de cent mille francs d’amende le fait :
tion de péril, et le devoir essentiel du médecin est de s’in- – d’établir une attestation ou un certificat faisant état de
former. Pour que l’infraction soit constituée, il faut que la faits matériellement inexacts ;
personne appelée ait pu prendre conscience du danger éven- – de falsifier une attestation ou un certificat originairement
tuel, dans ce cas, du degré d’urgence. sincères...

LA REVUE DU PRATICIEN (Paris) 1967


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R E S P O N S A B I L I T É M É D I C A L E P É N A L E , C I V I L E , A D M I N I S T R AT I V E E T D I S C I P L I N A I R E

– est puni de deux ans d’emprisonnement et de deux cent 7. Infraction sur les règlements des stupéfiants :
mille francs d’amende le fait par une personne agissant L 627 du Code de la Santé publique
dans l’exercice de sa profession, de solliciter ou d’agréer,
En tant que prescripteur potentiel de stupéfiants, le méde-
directement ou indirectement, des offres, promesses, dons,
cin doit rester extrêmement vigilant, notamment à l’égard
présents ou avantages quelconques, pour établir une attes-
de ses patients toxicomanes. Il doit respecter les modali-
tation ou un certificat faisant état de faits matériellement
tés de prescriptions relatives à chaque tableau.
inexacts.
La peine est portée à cinq ans lorsque la personne visée 8. Refus de répondre à une réquisition :
aux deux premiers alinéas exerce une profession médicale Art 367 du Code de Santé publique
ou de santé et que l’attestation faisant état de faits inexacts
dissimule ou certifie faussement l’existence d’une mala- « Tout médecin est tenu de déferrer aux réquisitions de l’au-
die, d’une infirmité ou d’un état de grossesse, ou fournit torité publique ». Cette réquisition peut émaner du procu-
des indications mensongères sur l’origine d’une maladie reur de la République ou de son substitut, ou encore d’un
ou d’une infirmité ou sur la cause d’un décès. » officier de police judiciaire.
Tout certificat signé par un médecin engage sa responsa- La réquisition s’impose dans l’intérêt de la société et
bilité. entraîne une dérogation au secret professionnel. Nul ne
peut s’y opposer, sauf cas de force majeure ou si les ques-
5. Atteintes à l’intégrité corporelle tions posées dépassent la compétence du médecin ; celui-
ci se limitera toujours à la réponse de la seule question
– Involontaires : articles 221-6 (homicide) et 222-19 :
écrite. Le refus de répondre à une réquisition peut entraî-
« Le fait de causer, par maladresse, imprudence, inatten- ner des sanctions pénales.
tion, négligence, ou manquement à une obligation de sécu-
rité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements,
la mort d’autrui constitue un homicide involontaire puni
de trois ans d’emprisonnement et de trois cent mille francs
Responsabilité civile
d’amende. » Il s’agit de la réparation d’un dommage entre deux per-
« Le fait de causer à autrui, par maladresse, imprudence, sonnes privées. La notion de réparation existe déjà dans le
inattention, négligence, ou manquement à une obligation code d’Hamourabi, 1700 avant notre ère.
de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règle- Jusque-là, pour qu’il y ait réparation d’un dommage, il fal-
ments, une incapacité totale de plus de trois mois, est puni lait que celui-ci ait été entraîné par une faute. Mais certains
de deux ans d’emprisonnement et de deux cent mille francs dommages d’une exceptionnelle gravité, ne pouvaient être
d’amende. » indemnisés en l’absence de faute caractérisée ; c’est pour-
Le médecin responsable sera jugé au tribunal correction- quoi le magistrat a pu utiliser la notion de présomption de
nel pour un délit. faute.
L’article R 40, alinéa 4 retient les mêmes qualificatifs, mais En matière civile, c’était jusqu’alors à la victime d’appor-
considère que si l’incapacité est inférieure à trois mois, l’in- ter la preuve de la faute et du dommage, l’expert se pro-
fraction est qualifiée de contravention. nonçant sur l’imputabilité et le magistrat analysant la cau-
– Volontaires, articles 222-7 à 13 : salité. Dans certaines jurisprudences, la charge de la preuve
En dehors de l’homidice volontaire, représenté essentiel- peut être inversée : c’est alors au médecin de prouver qu’il
lement par l’euthanasie, la qualification de coups et bles- n’a pas fait de faute.
sures volontaires pourrait être retenue dans le cas de sté- Les dommages et intérêts peuvent être pris en charge par
rilisations abusives, expérimentation ou examens l’assurance du médecin. Du fait du nombre croissant de
complémentaires et thérapeutiques à l’encontre du consen- mise en cause de l’activité médicale, des mouvements de
tement de la personne. la jurisprudence, il est impératif que tout médecin, quelles
que soient ses conditions d’exercice, contracte une assu-
6. Exercice illégal de la médecine : rance responsabilité civile professionnelle. La condamna-
art L 372 du Code de Santé publique tion civile peut s’ajouter à la condamnation pénale, qui elle,
Il faut pour exercer la médecine en France : être de natio- ne sera pas couverte par l’assurance.
nalité française ; être titulaire du diplôme d’état de docteur Le code civil distingue deux grands types de responsabi-
en médecine ; être inscrit au Conseil de l’Ordre. lité.
Des équivalences de diplômes existent au sein de la Com-
munauté européenne, ce qui facilite la circulation des pra- Responsabilité contractuelle
ticiens. En médecine libérale, la responsabilité médicale est de
Un médecin ne peut prêter son art à un non-docteur en nature contractuelle depuis l’arrêt Mercier du 20 mai 1936
médecine pour des actes de diagnostic et de thérapeutique. de la chambre civile de la cour de cassation : « il se forme
Pour effectuer des remplacements, un étudiant en méde- entre le médecin et son client un véritable contrat... la vio-
cine doit obtenir, auprès du Conseil de l’Ordre de son dépar- lation même involontaire de cette obligation contractuelle
tement, une licence de remplacement, soumise à une auto- est sanctionnée par une responsabilité de même nature, éga-
risation préfectorale. lement contractuelle ».

1968 LA REVUE DU PRATICIEN (Paris)


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Médecine légale/toxicologie

Il en découle une obligation de moyens, pas de résultats ; Fautes en matière civile


le médecin s’engage à soigner, pas à guérir. L’obligation • Erreur de diagnostic : il existe une différence entre erreur
de résultats ne concerne que quelques secteurs très spé- et faute, car l’erreur n’est pas toujours fautive. L’erreur ne
cialisés : chirurgie esthétique, diagnostic de grossesse... devient faute que si tous les moyens actuels de la science
L’art. 1108 précise les conditions nécessaires pour la vali- n’ont pas été mis en œuvre pour parvenir au diagnostic.
dité d’un contrat : le consentement de la partie qui s’oblige, • Défaut de consentement du malade : le consentement
la capacité de contracter, un objet certain formant la matière est une condition importante à l’intérieur du contrat.
de l’engagement (les soins), une seule cause licite dans
l’engagement.
Le contrat médical implique donc : un consentement libre Responsabilité administrative
et éclairé obtenu après une information « simple, approxi- La responsabilité de l’administration est engagée du fait de
mative, intelligible et loyale, permettant au malade de l’action des agents publics (médecins hospitaliers, internes,
prendre la décision qui s’impose », un majeur capable, des étudiants). Depuis une décision du Tribunal des conflits du
soins médicaux, un but ni illicite ni immoral. 25 mars 1957, les juridictions administratives sont com-
L’art 1142 précise que « Toute obligation de faire ou de ne pétentes pour statuer sur la responsabilité encourue par les
pas faire se résout en dommages et intérêts en cas d’in- médecins hospitaliers à raison d’une faute médicale dans
exécution de la part du débiteur ». l’exercice de leurs fonctions, sauf lorsque cette faute est
L’art 1147 du code civil prévoit que : « le débiteur est détachable du service.
condamné s’il y a lieu au paiement des dommages et inté- Un décret de juin 1979, sur le fonctionnement des hôpi-
rêts à raison de l’inexécution de l’obligation s’il ne justi- taux publics, mentionne que les médecins doivent donner
fie pas que l’inexécution provient d’une cause étrangère au malade, dans les conditions prévues par le code de déon-
qui ne peut lui être imputée ». tologie, les informations sur son état, les traitements et les
Le médecin s’engage à donner au malade des soins non pas soins proposés.
quelconques, mais consciencieux, attentifs, diligents, et, En d’autres termes, la responsabilité de l’administration
réserves faites de circonstances exceptionnelles, conformes hospitalière est subordonnée à l’existence d’une faute de
aux données actuelles de la science. service avec jusqu’ici une distinction entre :
Le malade mécontent doit prouver la mauvaise exécution • À l’égard des actes de soins, réalisés par le personnel
du contrat, c’est-à-dire la faute contractuelle. paramédical, la responsabilité trouve son fondement dans
la notion classique de faute, notamment sous forme de mau-
Responsabilité délictuelle vaise organisation du service...
ou quasi délictuelle • À l’égard des actes médicaux, le Conseil d’État avait
Il s’agit du régime de responsabilité civile applicable à tout depuis 1935, subordonné l’indemnisation du malade à la
citoyen, qui peut être invoqué lorsque la responsabilité se preuve d’une faute lourde. Le 10 avril 1992, le Conseil d’É-
situe en dehors du contrat de soin. Le terme « délictuelle » tat abandonne l’exigence de la faute lourde, et indemnise
sous-entend que le dommage a été voulu. Si la faute est un malade sur une faute simple.
non intentionnelle, on parle de responsabilité quasi délic- Certaines jurisprudences, encore peu nombreuses, retien-
tuelle. Parallèlement au droit pénal, les notions d’impru- nent la présomption de faute, ou la responsabilité sans faute,
dence, de négligence, d’inattention, de maladresse, servent posant la question, à plus ou moins long terme de la prise
de toile de fond à l’évaluation de la responsabilité en droit en charge de l’aléa thérapeutique.
civil. La faute personnel détachable du service est rare : il faut
* article 1382 : « tout fait quelconque de l’homme qui cause prouver une violation flagrante des devoirs de l’humanisme
à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est médical, par exemple : chirurgien opérant en état d’ébriété,
arrivé, à le réparer ». refuse de venir examiner une victime de plaie par arme à
* article 1383 : « chacun est responsable du dommage qu’il feu, opération grave et non urgente en l’absence de consen-
a causé, non seulement par son fait, mais encore par sa tement ou malgré un refus, expérimentation sans intérêt
négligence ou par son imprudence ». thérapeutique.
* l’article 1384 énonce qu’on est responsable non seule- Après indemnisation, l’administration peut se retourner
ment du dommage que l’on cause par son propre fait, mais contre ses agents fautifs.
encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont Sur le plan pratique : la victime demande à l’hôpital la répa-
on doit répondre ou des choses que l’on a sous sa garde. ration du dommage causé par un de ses agents devant les
Ainsi, le médecin est responsable des personnes travaillant tribunaux administratifs ; l’action se fera de Monsieur X
sous son autorité ; il faut qu’il y ait : une faute de l’em- contre l’hôpital Y.
ployé, un lien de subordination, que la faute ait été com- Quelle que soit la responsabilité de l’hôpital qui assure sur
mise à l’occasion du travail. le plan administratif la réparation des dommages causés
Au civil, toute faute engage la responsabilité du médecin, par ses employés, le médecin hospitalier est bien sûr tou-
qu’elle soit lourde ou légère. jours soumis à sa responsabilité pénale éventuelle, qui reste
Il faut savoir enfin qu’en matière de prescription, il existe personnelle.
une différence : 30 ans pour la responsabilité contractuelle ; Par ailleurs, il existe une responsabilité sans faute en
10 ans pour la responsabilité extra-contractuelle. matière de vaccinations obligatoires.

LA REVUE DU PRATICIEN (Paris) 1969


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R E S P O N S A B I L I T É M É D I C A L E P É N A L E , C I V I L E , A D M I N I S T R AT I V E E T D I S C I P L I N A I R E

Responsabilité disciplinaire patient conserve son « libre choix ».


Le consentement ou son corollaire, le refus de soins, doit
Responsabilité devant le conseil être éclairé : ne sera pas éclairé le consentement de cer-
de l’Ordre tains patients psychiatriques, ou sous l’emprise de toxiques.
Ne sont pas totalement aptes à consentir les mineurs et les
L’article L 382 du Code de la santé publique stipule que :
incapables majeurs. L’information s’adresse alors aux ayant
« l’Ordre des médecins veille au maintien des principes de
droits.
moralité, de probité et de dévouement indispensables à
L’information, nous l’avons vu plus haut, doit être « simple,
l’exercice de la médecine et à l’observation par tous ses
approximative, intelligible et loyale ». Cependant, il est
membres, des devoirs professionnels ainsi que des règles
admis que, dans le cas d’un pronostic fatal, hors les cas où
édictées par le Code de déontologie... Il assure la défense
existe un risque de contamination, le patient peut être tenu
de l’honneur et de l’indépendance de la profession médi-
dans l’ignorance d’un diagnostic, pour des raisons huma-
cale ».
nistes (il ne s’agit pas là du secret professionnel) ; les
Une des conditions fondamentales de l’exercice de la méde- proches sont alors informés.
cine en France est celle de l’inscription à un tableau dépar- L’information orale peut suffire, et doit se faire si possible
temental de l’Ordre des médecins. devant deux témoins. L’écrit reste le moyen le plus sûr,
L’Ordre est investi d’un pouvoir disciplinaire, auquel mais sa validité dépend de trois éléments : son contenu doit
chaque médecin en exercice doit se soumettre, sauf les être explicité au patient, il n’exonère pas obligatoirement
médecins militaires, qui n’y sont pas inscrits. le praticien, le tribunal peut toujours examiner le fond de
Le conseil départemental instruit l’affaire, la plainte venant l’écrit et les conditions dans lesquelles il a été rédigé.
d’horizons variés, le conseil régional tranche en première Retenons que le défaut de consentement constitue une faute
instance, et la section disciplinaire du Conseil national de dans les domaines civil, administratif, et ordinal de res-
l’Ordre intervient en appel. ponsabilité. Dans un arrêt du 25 février 1997, la Cour de
Les sanctions disciplinaires sont : l’avertissement, le blâme, cassation vient de décider que la charge de la preuve en
l’interdiction temporaire ou permanente d’exercer, la radia- matière d’information du malade incombe désormais au
tion du tableau. médecin.
L’initiative de la procédure peut venir : de l’Ordre ; du pro-
cureur de la République ; d’un syndicat profesionnel ; du Responsabilité disciplinaire vis-à-vis
ministère de la Santé, d’un confrère, d’un patient, de la de l’employeur
sécurité sociale. L’article L 800 du code de la santé publique énonce que :
Les sanctions disciplinaires sont indépendantes des peines « Toute faute commise par un agent dans l’exercice de ses
prononcées par les juridictions pénales et civiles. Mais l’au- fonctions l’expose à une sanction disciplinaire ».
torité de la chose jugée au pénal s’impose au conseil d’ Des textes réglementaires fixent les modalités de procé-
l’Ordre, qui conserve la liberté d’en apprécier la gravité. dure concernant les médecins hospitaliers.
Les fraudes à l’occasion de soins dispensés aux assurés En secteur privé, les éléments en sont contenus dans le
relèvent en première instance d’une juridiction discipli- contrat passé avec l’employeur, contrat qui aura toujours
naire particulière : la section des assurances sociales du été soumis au conseil départemental de l’Ordre, avant sa
conseil régional de l’Ordre, présidée par un juge du tribu- signature. Le conseil des Prud’hommes et instances civiles
nal administratif, comportant deux médecins du conseil peuvent intervenir en cas de litige. ■
régional, et deux représentants des caisses dont un méde-
cin conseil.

Code de déontologie
Il s’agit du décret, n° 1000-95 du 6 septembre 1995. Il
intègre à la fois l’évolution des pratiques médicales, et Points Forts à retenir
celles de la jurisprudence.
Un accent particulier est mis sur le consentement :
article 36 : « Le consentement de la personne examinée ou • Le médecin est soumis aux règles de droit
soignée doit être recherché dans tous les cas. Lorsque le commun et peut être poursuivi pénalement.
malade, en état d’exprimer sa volonté, refuse les investi- • La responsabilité médicale civile contractuelle est
gations ou le traitement proposés, le médecin doit accep- caractérisée par une obligation de moyens.
ter ce refus après avoir informé le malade de ses consé- • L’hôpital est responsable sur le plan
quences. administratif de la réparation des dommages
Si le malade est hors d’état d’exprimer sa volonté, le méde- causés par le médecin hospitalier sauf en cas de
cin ne peut intervenir sans que ses proches aient été pré- faute détachable du service.
venus et informés, sauf urgence ou impossibilité. » • L’Ordre des médecins investi d’un pouvoir
disciplinaire auquel tout médecin en exercice doit
Cet article rappelle un principe de droit français selon
se soumettre sauf les médecins militaires.
lequel toute personne est fondée à s’opposer à ce que l’on
porte atteinte, contre son gré à son intégrité physique ; le

1970 LA REVUE DU PRATICIEN (Paris)


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