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Déroulement d'une campagne sismique

Nous allons brièvement indiquer les différentes étapes d'une campagne sismique, depuis
l'acquisition sur le terrain jusqu'aux interprétations finales. Ces étapes seront un peu plus
détaillées par la suite.

Sur le terrain.

Sur le terrain, on procède à un tir qui est enregistré sur le dispositif d'enregistrement.
En terrestre, le tir est soit réellement un tir d'explosif (de l'ordre de 1 kilo d'explosif, réparti en
plusieurs charges), soit, plus fréquemment, un tir non explosif : chute de poids (le poids
pouvant être propulsé sur le sol pour l'accélérer et augmenter l'importance du choc) ou
vibrateur (vibroseist). En marine, le tir n'est presque jamais plus un tir simple à l'explosif qui a
l'inconvénient de produire une bulle, source d'émissions parasites. Soit l'on procède à un petit
tir (environ 50 g d'explosif) dans une sphère percée de trous qui détruisent la bulle (flexotir),
soit, plus fréquemment, on utilise un canon à air (airgun) dans lequel la bulle de gaz
engendrée par l'explosif est remplacée par une bulle d'air sous pression produite par un
compresseur. De plus en plus le canon à air est remplacé par un canon à eau (watergun) : une
éjection brutale d'eau produit un phénomène de cavitation (vaporisation de l'eau
dépressurisée) qui produit à son tour une émission de bruit.
Le dispositif d'enregistrement en terrestre est habituellement constitué de 48 géophones de
part et d'autre du tir (96 au total). Chaque géophone est en réalité constitué d'une grappe
d'environ 12 géophones enregistrés en parallèle, ce qui améliore le rapport signal à bruit, par
la suite nous utiliserons le terme de géophone pour "grappe de géophones". La distance entre
géophones est de l'ordre de 100 m. La distance entre le tir et le premier géophone est soit
aussi 100 m soit un multiple de cette distance (tir avec offset). En marine, le tir est effectué
juste derrière le bateau, les enregistrements sont réalisés par des hydrophones contenus dans
une flûte que traîne le bateau. La longueur de cette flûte est de plusieurs kilomètres.
L'enregistrement se fait sous une forme numérique directement utilisable par un ordinateur.
Le pas d'échantillonnage est normalement de 4 millisecondes (souvent 2 ms retransformé par
la suite en 4 ms).
Lorsqu'on utilise un vibrateur, il faut corréler le signal enregistré avec la vibration émise. La
corrélation se fait, au moins pour vérification, sur le terrain. Il est nettement moins cher de
recommencer un tir quand on est sur le terrain que d'avoir à revenir par la suite.

Couverture multiple

Raisonnons en terrestre, le dispositif a une longueur totale d'environ 10 km. Pour que les
formules simples de la réflexion du modèle fondamental de la prospection s'appliquent, il
faudrait que les discontinuités soient planes sur une distance de l'ordre de 5 km. Dans un tel
cas, il ne peut pas y avoir de piège à pétrole ! Il faut donc procéder de façon différente.
Si la distance entre 2 géophones est de 100 m, effectuons les tirs tous les 100 m, en déplaçant
d'autant l'ensemble du dispositif.
Le signal du premier tir, enregistré par le géophone 48 du dispositif correspondant se
réfléchie au même point que le signal du tir 2 enregistré par le géophone 46 du nouveau
dispositif, que le signal du tir 3 enregistré par le géophone 44 du troisième dispositif... etc.
Nous allons donc classer les enregistrements par point milieu commun (CMP, common mid
point). Nous regroupons les enregistrements tels que le tir et le géophone soient symétriques
par rapport au CMP. Les réflexions se font toujours au même endroit (au moins si les

1
structures sont vraiment horizontales, sinon au voisinage du même endroit) et la formule des
ondes réfléchies s'applique en prenant pour épaisseur du terrain celle de l'endroit où se fait la
réflexion.
En mesurant sur l'hyperbole représentant l'onde réfléchie, la vitesse moyenne au-dessus du
réflecteur (analyse de vitesse), on peut corriger les temps de propagation pour que l'hyperbole
se transforme en une droite horizontale (correction de courbure ou Normal Move Out). La
somme des différents enregistrements permet alors d'améliorer le rapport signal à bruit. On
trace alors la première "coupe film".
L'analyse de vitesse étant chère, elle n'est jamais faite pour chaque CMP, seulement pour un
petit nombre d'entre eux. La loi de vitesse ainsi obtenue est interpolée entre les points pour
lesquels elle a été déterminée.

Filtrage

Commence maintenant une série de traitements sismiques dont nous allons mentionner les
plus importants. Le signal enregistré est toujours bruité. Si le contenu fréquentiel du signal est
différent de celui du bruit, il y a intérêt à filtrer le signal en supprimant les zones (en
fréquence) où le rapport signal à bruit est mauvais.

Migration

Nous avons supposé que les discontinuités étaient horizontales. Ce n'est évidemment pas le
cas (si ce l'était, il ne pourrait y avoir de pétrole). La réflexion ne se fait donc pas à la
verticale du point milieu considéré. Il faut décaler les enregistrements, de faire une migration.

Déconvolution

Pour que la localisation des réflecteurs soit aussi précise que possible, il faudrait que le signal
envoyé par la source sismique soit aussi bref que possible, à la limite, une fonction de Dirac.
Ce n'est évidement pas le cas. Le signal enregistré est la convolution de la fonction source par
la réponse impulsionnelle du terrain (au bruit près).

e( t) = s( t) * ri( t) + b( t)

La réponse impulsionelle ri(t) étant la réponse qu'aurait fournie le sous-sol, si la source était
un Dirac. Obtenir cette réponse impulsionnelle (ou un signal s'en rapprochant) s'appelle une
déconvolution.

Interprétation

Aux différentes étapes du traitement, les coupes film sont fournies à l'interpréteur qui décide
des nouveaux traitements devant être effectués jusqu'à obtention d'une interprétation
satisfaisante. Les traitements évoqués ci-dessus sont "géométriques", permettant de définir et
de positionner les réflecteurs. D'autres traitements, par la suite, permettent de se rapprocher de
la géologie du sous sol : nature des dépôts (stratigraphie sismique) et détermination de la suite
des séquences de dépôts.

2
Modèle fondamental de la prospection sismique

A une interface, les ondes se réfléchissent et se réfractent. Nous verrons plus loin comment
on détermine l'amplitude des ondes réfléchies et transmises. Nous ne nous intéressons ici
qu'aux temps de propagation des ondes. Dans la quasi-totalité des interprétations sismiques,
on n'utilise que les temps de parcours. Les amplitudes et la forme des ondes ne sont
normalement utilisées, en sismique, que pour améliorer la lecture du temps d'arrivée des
ondes.
Les lois de la réflexion et de la transmission sont les lois de Descartes :
1) L'onde incidente, les ondes réfléchies et transmises sont dans un même plan qui contient
aussi la normale à l'interface.
2)Le rapport entre le sinus de l'angle que fait l'onde avec la normale à l'interface et la vitesse
de propagation de l'onde est constant pour toutes les ondes.
Ce sont les lois de Descartes de l'optique. La différence est que, dans le cas de la sismique, il
peut y avoir conversion d'ondes, passage d'une onde P à une onde S et réciproquement. En
général, une onde incidente donne naissance à deux ondes réfléchies et à deux ondes
transmises. Dans le cas particulier de la sismique réflexion, les réflexions se font toujours
avec des ondes quasi verticales sur des interfaces quasi horizontales, alors le taux de
conversion est faible et nous ne considérerons que les ondes longitudinales.

Les structures géologiques, en zone sédimentaire, sont habituellement subhorizontales, le


modèle fondamental de la prospection sismique sera donc constitue de la superposition de
deux terrains, séparés par une interface plane horizontale. L'épaisseur du premier terrain est h.
Comme pour la majorité des prospections sismiques, nous nous limiterons aux ondes P. La
vitesse des ondes P dans le premier milieu est v1, et dans le substratum de v2

L'onde directe se propage dans le premier terrain. Le temps de parcours en fonction de la


distance est donne par :
x
t=
v1
L'onde qui va se réfléchir, descend jusqu'à l'interface puis remonte. Le théorème de Pythagore
permet de calculer la distance parcourue et donc le temps de parcours :
x2 + 4h 2
t=
v1
En moyenne, avec toutes sortes d'exceptions, lorsque l'on s'enfonce dans la terre, les roches,
plus comprimées par la pression, deviennent plus rigides et donc la vitesse sismique augmente
: v1 est inférieure à v2. L'angle avec la verticale de l'onde réfractée est plus grand que celui de
l'onde incidente. Par réfraction, l'onde a tendance à remonter vers la surface. Cela signifie
aussi qu'une onde ne pourra se réfracter que si son angle d'incidence est inférieur à un angle
limite λ donné par :
v
sin(λ ) = 1
v2
Une onde arrivant sous cet angle limite va se réfracter en faisant un angle droit avec la
verticale, en étant horizontale, en suivant la discontinuité dans le deuxième milieu. Elle va,
par la suite, pouvoir se réfracter à nouveau du deuxième terrain vers le premier, en ressortant
en faisant de nouveau avec la verticale l'angle limite.
Le temps du trajet se calcule sans problème :

3
2h cos( λ ) x
t= +
v1 v2
En réalité, le raisonnement que nous venons de faire sur des rayons ne vaut pas grand chose.
Il faut raisonner sur les surfaces d'onde, mais le résultat est correct.

Les courbes représentant le temps de parcours en fonction de la distance portent le nom


d’hodochrones.
Si la région étudiée est effectivement formée de deux terrains superposés séparés par une
discontinuité horizontale, la mesure expérimentale des hodochrones permet de reconstituer la
structure de la région.
Deux méthodes sont possibles :
Soit-on mesure l’onde directe et l’onde réfractée, c’est le cas de la sismique réfraction qui
n’est quasiment plus utilisée dans le cadre des prospections pétrolières
Soit-on mesure l’onde réfléchie, c’est la sismique réflexion qui représente environ 90% des
dépenses de prospection dans le cas de la recherche du pétrole.

Cas du pendage
Supposons maintenant que la discontinuité séparant les deux terrains ne soit plus horizontale
mais fasse un angle α avec l’horizontale. Nous supposons aussi que les enregistrements sont
fait suivant la ligne de plus grande pente de cette discontinuité.
L’onde directe est évidemment la même que dans le cas précédent.
Pour l’onde réfléchie
A x
C

La distance AB+BC est égale à A’CA'et vaut

4
x 2 + 4h 2 − 4hx sin( α ) = x 2 cos 2 (α ) + ( 2h − x sin(α )) 2
1
L’équation de l’onde réfléchie est donc t = x 2 cos 2 (α ) + (2h − x sin(α)) 2
V1
Pour l’onde réfractée
A x
D

h'
λ
h λ
C D'

B
A'
Un calcul très analogue à celui du cas horizontal donne
(h + h ' ) cos(λ ) x cos(α)
t= +
v1 v2
La vitesse apparente (vitesse de passage de l’onde aux récepteurs) est différente suivant que le
tir est en A ou en D.
Si le tir est en A : h ' = h − x sin( α )
2h cos(λ ) x sin(λ − α)
t= +
V1 V2 sin(λ )
Si le tir est en D : h = h '+ x sin( α )
2h ' cos(λ ) x sin(λ + α)
t= +
V1 V2 sin(λ )

La vitesse apparente est plus faible si les récepteurs sont vers l’aval, plus forte s’ils sont vers
l’amont.

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Rappel d'élasticité Propagation des ondes

Tension.
Si un corps est soumis à un ensemble de forces dont la résultante est nulle, d'après les lois de
la mécanique, ce corps ne se déplacera pas. Il est cependant soumis à des contraintes ou
tensions. Il y a forcément des forces internes au corps qui assurent sa cohésion et s’opposent
aux forces extérieures.
Imaginons couper, à l'intérieur du corps, une petite surface. Nous avons détruit une partie de
la cohésion du corps. Pour maintenir l'équilibre, il est nécessaire de rajouter, de part et d'autre
de la surface de coupure, des forces destinées à remplacer celles de cohésion détruites. On
appelle tension, ou contrainte, (stress, en anglais) le rapport de cette force à la surface de la
coupure.
T = F/S
La tension a les mêmes unités qu'une pression
Dans le cas général, ni la force, ni donc la tension ne sont perpendiculaires à la coupure. Si,
dans le cas d'une pression hydrostatique, dans un fluide, la tension est toujours
perpendiculaire à la coupure ; par contre, dans un solide, il y a très souvent une cission, qui
produira un cisaillement. La tension dépend de la direction de la normale n à la coupure. En
appelant Tx,, Ty et Tz les tensions s'appliquant à des coupures perpendiculaires aux axes x, y
et z, on peut calculer la tension s'appliquant à une coupure perpendiculaire à la direction n par
les relations :
⎡ Tx ⎤ ⎡ Txx Txy Txz ⎤ ⎡n x ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
. ⎢ Ty ⎥(n) = ⎢ Tyx Tyy Tyz ⎥ * ⎢n y ⎥
⎢⎣ Tz ⎥⎦ ⎢T ⎥ ⎢ ⎥
⎣ zx Tzy Tzz ⎦ ⎣n z ⎦

On démontre sans difficulté que le tableau des T est symétrique. Il est possible de choisir des
axes tels que cette matrice soit diagonale. Les axes correspondants portent le nom d'axes

principaux des tensions . En axes principaux, les relations précédentes deviennent

⎡Tx ⎤ ⎡ N x 0 0 ⎤ ⎡nx ⎤
⎢T ⎥ = ⎢ 0 Ny 0 ⎥ * ⎢n y ⎥
⎢ y⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ Tz ⎥⎦ ⎢⎣ 0 0 N z ⎥⎦ ⎢⎣ n z ⎥⎦

Déformations

Lorsqu'un corps est soumis à des forces, il se déplace (translation et rotation), en plus il se
déforme. Le déplacement ne nous intéresse pas ici. Si le point (x,y,z) se déplace de (u,v,w), il
est possible de calculer la déformation (strain en anglais) δ direction n à partir de ce point :
⎡ ∂u 1 ⎛ ∂u ∂v ⎞ 1 ⎛ ∂u ∂w ⎞ ⎤
⎢ ⎜ + ⎟ ⎜ + ⎟⎥
∂x 2 ⎜⎝ ∂y ∂x ⎟⎠ 2 ⎝ ∂z ∂x ⎠ ⎥
⎡δx ⎤ ⎢ ⎡nx ⎤
⎢δ ⎥ = ⎢ 1 ⎛ ∂u ∂v ⎞ ∂v 1 ⎛ ∂v ∂w ⎞ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ y ⎥ ⎢ 2 ⎜⎜ ∂y + ∂x ⎟⎟
⎜ + ⎟ * ny
∂y 2 ⎜⎝ ∂z ∂y ⎟⎠ ⎥⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ δ z ⎥⎦ ⎢ ⎝ ⎠ ⎢n ⎥
⎢ 1 ⎛ ∂u ∂w ⎞ 1 ⎛ ∂v ∂w ⎞ ∂w ⎥ ⎣ z⎦
⎢ 2 ⎜ ∂z + ∂x ⎟ ⎜ + ⎟
2 ⎜⎝ ∂z ∂y ⎟⎠ ∂z ⎥
⎣ ⎝ ⎠ ⎦

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On notera qu'il s'agit d'une déformation relative, sans unité ; ceci est à comparer avec les
tensions qui sont des forces relatives à des surfaces.
Le tableau précédent est symétrique, comme celui des tensions. Il peut être diagonalisé. On
obtient alors les axes propres des déformations. Suivant un tel axe, la déformation δ est
parallèle a la direction n. Il s'agit alors d'une dilatation ou d'une compression pure.

Relation tension déformation

Dans le cas général, la relation entre la tension et la déformation est extrêmement complexe,
son étude est le domaine de la rhéologie. Mais dans le cas de l'étude de la propagation des
ondes sismiques, il suffit de considérer le cas des corps élastiques parfaits : tension et
déformation sont proportionnelles.
Nous nous restreindrons au cas, suffisant dans la pratique, des roches homogènes et isotropes.
Les axes principaux des déformations et des tensions sont confondus. Il faut introduire deux
coefficients de proportionnalité, l'un pour les déformations parallèles aux forces, l'autre pour
les déformations perpendiculaires.
En introduisant le module d'Young E et le coefficient de Poison, la relation entre la
déformation et la tension est donnée, en axes principaux, par :
1
(
δ x = N x − ν N y − νN z
E
)
et les deux autres relations qui s'en déduisent par permutation circulaire sur les indices (x,y,z).
On peut aussi calculer la tension en fonction de la déformation. Les formules introduisent
habituellement les coefficients de Lamé, λ et μ :

λ=
(1 − 2ν )(1 + ν )
E
μ=
2(1 − 2ν )
ainsi que la déformation en volume θ :
ΔV
θ= = δx + δy + δz
V
Nx = λθ + 2μδx
et les deux autres équations obtenues par permutation des indices.
Les ouvrages anglo-saxons utilisent plus volontiers le bulk modulus k et le deuxième
coefficient de Lamé. Ce qui permet de relier la pression moyenne à la variation relative de
volume
2
k = (λ + μ )
3
P = kθ

Propagation des ondes longitudinales

Un point M se déplace, au temps t, de u(x,y,z,t). Si le déplacement en question ne dépend que


de x et de t, u(x,t), le mouvement est le même dans tout plan perpendiculaire à l'axe des x. On
dit qu'il s'agit de la propagation d'une onde plane dans la direction de l'axe des x. Le
mouvement u(x,t), le mouvement de chaque particule, n'est pas lui, forcement parallèle à l'axe
des x. Il ne faut pas confondre la direction de propagation de l'onde et le mouvement des
particules.

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Dans le cas particulier ou le mouvement particulaire est parallèle à la direction de propagation
de l'onde, celle-ci est dite longitudinale.
Si le mouvement particulaire est perpendiculaire à la direction de propagation de l'onde, celle-
ci est dite transversale.
En prospection géophysique, les ondes longitudinales sont, et de loin, les plus utilisées. Nous
nous limiterons donc à la démonstration de propriétés des ondes longitudinales, indiquant
simplement les lois correspondantes pour les ondes transversales.
Si la propagation de l'onde longitudinale se fait dans la direction des x, tous les mouvements
sont aussi dans cette direction, de même que les déformations. Nous avons donc :
δy = 0 δz = 0 δx = θ
N x = ( λ + 2 μ )δ x
Une tranche de terrain, comprise entre x et x+dx, se déplace de u(x,t) pour l'un de ses bords et
de u(x+dx,t) pour l'autre. Une section de surface S de cette tranche a une masse de ρSdx (ρ
masse volumique) et une accélération de ∂2u/∂t2. La force produisant ce déplacement est due
aux différences de tensions de part et d'autre de la tranche. Il vient donc :
∂ 2u ∂N
ρSdx 2 = (N( x + dx) − N( x))S = Sdx
∂t ∂x
∂ 2u ∂N
ρ 2 =
∂t ∂x

La déformation se calcule en fonction du déplacement, on trouve


∂u
δx =
∂x
et donc :
∂ 2u ∂ 2u
ρ 2 = ( λ + 2μ ) 2
∂t ∂x
Cette équation est une équation d'onde, dont la solution générale :
u( x, t) = (f ( x − vt) + g( x + vt))
( λ + 2μ )
v=
ρ
représente deux ondes se propageant (pour f) dans la direction des x positifs ou (pour g) dans
la direction des x négatifs, dans les deux cas, avec la vitesse v.

Pour les ondes transversales, nous aurions obtenu :


∂ 2u ∂u 2
ρ 2 =μ 2
∂t ∂x
μ
v=
ρ
Nous avons encore des ondes se propageant soit dans la direction des x positifs, soit des x
négatifs, mais avec une vitesse plus faible.
Les ondes longitudinales, ayant une vitesse plus grande que les ondes transversales, arrivent
les premières, ce sont les ondes P. Les ondes transversales, arrivant en second, sont les ondes
S.

Ordre de grandeur

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Dans un solide, au sens usuel du terme, le coefficient de Poison ν est voisin de 0.25. Si le
corps est moins consolide, ν augmente, atteignant sa valeur maximum de 0.5 dans les
liquides.
Si ν vaut 0.25, alors λ = μ = 0.4E, la vitesse des ondes P est √3 = 1.732 fois plus élevée que
celle des ondes S. Dans un sol meuble, le rapport entre la vitesse des ondes P et celle des
ondes S est plus grand (1.8 à 2). Dans un fluide, il n'y a pas d'ondes S, leur vitesse est nulle.
Voici des ordres de grandeur des vitesses d'ondes longitudinales :
air : de 300 a 340 m/s (dépend de la température)
eau : 1500 m/s
sol (au sens pédologique du terme, au-dessus de la nappe phréatique) : de 500 à 1200 m/s
sédiment peu consolidé : 1500 à 1800 m/s
sédiment consolidé : 1800 à 3000 m/s sauf exception
évaporites : 4500 à 5500 m/s (exception à la ligne précédente)
socle cristallin : 5000 à 7000 m/s
Voici un tableau un peu plus détaillé des valeurs usuelles

Type de roche Valeur minimale Valeur maximale


Sable 300 1800
Alluvions 1000 2700
Argile 1100 2500
Marnes 2000 2500
Grès 2000 3500
Calcaire 3200 7000
Dolomite 3500 6900
Sel-Anhydrite 4500 5500
Gneiss 3500 7500
Granite 4600 6000
Basalte 5000 6000

Ces valeurs correspondent à des valeurs mesurées dans le sol, elles varient suivant la nature
du sédiment, sa fracturation, sa teneur en eau...
Donnons en même temps, des indications sur la densité des roches. Celle ci varie peu d’une
roche à l’autre, entre un peu plus de 2 et un peu moins de 3 .

Type de roche Valeur minimale Valeur maximale


Sable 1.6 1.9
Alluvions 1.5 2
Marnes 2.1 2.6
Grès 2 2.5
Calcaire 2.4 2.7
Sel 2.1 2.4
Anhydrite 2.9 3
Schiste 2.4 2.9
Granite 2.5 2.8
Basalte 2.7 3.3
Lave 2.8 3
Roches éruptives 2.8 3.7

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La formule de Gardner relie approximativement la densité à la vitesse :
ρ = 0.31V 0.25

Une bonne approximation de la variation de la vitesse en fonction de sa porosité est donnée


par la loi de Wyllie
1 1−ϕ ϕ
= +
V Vm Vf
ϕ représente la porosité de la roche, Vm la vitesse de la matrice rocheuse supposée sans
porosité et Vf la vitesse dans le fluide interstitiel.
Dans une évaporite, pratiquement sans porosité, la vitesse mesurée est très voisine de la
vitesse de matrice. Entre la WZ (zone altérée au-dessus de la nappe phréatique) et le sol sous-
jacent, la variation de vitesse est expliquée par le changement de nature du fluide, l’air étant
remplacé par l’eau.

Coefficients de réflexion et de transmission

Les ondes sismiques se réfléchissent et se transmettent aux interfaces entre deux formations
géologiques. Le but de la sismique étant d'enregistrer et d'interpréter les ondes réfléchies, il
est fondamental d'étudier les coefficients de ces réflexions.
Nous nous limiterons au cas d'une incidence normale à la discontinuité. Il n'y a alors aucune
conversion d'onde, les ondes longitudinales restent longitudinales après réflexion ou
transmission. Dans le cas général d'une incidence oblique, il y a conversion. Les calculs ne
sont pas vraiment plus difficiles, mais nettement plus fastidieux. Le cas de l'incidence
normale est applicable lorsque l'incidence est faible, inférieure à une dizaine de degrés. Il
correspond donc au cas habituel de la sismique réflexion.
Au passage entre deux structures géologiques, il y a continuités pour les ondes :
du mouvement de part et d'autre de la discontinuité,
de la tension.

En sismique terrestre, les géophones enregistrent la vitesse de déplacement du sol ; il faut


donc représenter l'onde par son déplacement ou sa vitesse de déplacement, ce qui revient au
même pour les coefficients de réflexion. Par contre, en marine, les enregistrements sont
effectués par des hydrophones qui mesurent la pression sonore de l'onde. Il faut alors
représenter l'onde par sa pression ou sa tension. Nous distinguerons donc deux cas.

Coefficients de réflexion et de transmission en déplacement

Soit une onde sinusoïdale de pulsation, se propageant suivant la direction des x. La


discontinuité, perpendiculaire à cette direction de propagation se trouve en x=0. Le milieu 1
du coté de l'onde incidente, le cote 2 du coté de l'onde transmise.
Soit I l'amplitude de l'onde incidente, R celle de l'onde réfléchie et T celle de l'onde transmise.
Les ondes s'écrivent, en tenant compte des sens de propagation des ondes :

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⎛ x⎞
iω ⎜ t − ⎟
⎝ v1 ⎠
Ie
⎛ x⎞
iω ⎜ t + ⎟
⎝ v1 ⎠
Re
⎛ x⎞
iω ⎜ t − ⎟
⎝ v2 ⎠
Te

La continuité du déplacement en x=0, valable pour toutes les valeurs du temps t, s'écrit :

I+R = T

Les tensions se calculent par :

Nx = ( λ + 2μ )δx

soit

NI = −iI
(λ 1 + 2μ1 ) iω ⎜⎝ t − v1 ⎟⎠
ωe
⎛ x⎞

v1

NR = iR
(λ 1 + 2μ1 ) iω ⎜⎝ t+ v1 ⎟⎠
ωe
⎛ x⎞

v1

NT = −iT
(λ 2 + 2μ2 ) iω ⎜⎝ t− v2 ⎟⎠
ωe
⎛ x⎞

v2

En écrivant la continuité des tensions en x=0, et en remplaçant (λ+2μ) par ρv2, on obtient :

ρ1v1I − ρ1v1R = ρ2 v 2 T

Nous pouvons donc calculer R et T à l'aide des relations précédentes. Comme R et T sont
proportionnels à I, nous pouvons poser R=cI et T = tI. Les coefficients de réflexion c et de
transmission t valent :

ρ1v1 − ρ2 v 2
c=
ρ1v1 + ρ2 v 2
2ρ1v 1
t=
ρ1v1 + ρ2 v 2

Comme ces coefficients ne dépendent pas de la pulsation, ils sont valables quelle que soit la
forme de l'onde, même si celle-ci n'est pas sinusoïdale.

Coefficients de réflexion et transmission en tension

Lorsque l'onde est représentée par sa tension ou sa pression, les conditions aux limites sont
identiques à celles utilisées dans le paragraphe précèdent, mais il faut calculer le déplacement
en fonction de la tension et non le contraire.

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La continuité des tensions s'écrit :

I+R = T

Le déplacement de l'onde incidente vaut

⎛ x⎞
iω ⎜ t − ⎟
⎝ v1 ⎠
− 1 Ie
uI =
iω ( λ1 + 2μ1 )

les déplacements des ondes réfléchies et transmises se calculent de la même manière. La


continuité des déplacements fournie donc la relation :

1 1 1
I− R= T
ρ1v1 ρ1v1 ρ2 v 2

Les coefficients de réflexion et de transmission s'en déduisent facilement :

ρ2 v 2 − ρ1v 1
c=
ρ2 v 2 + ρ1v1
2ρ2 v 2
t=
ρ2 v 2 + ρ1v 1

Les formules ressemblent aux précédentes, mais il y a un changement de signe du coefficient


de réflexion. Attention donc dans les applications, il ne faut pas confondre le cas de la
sismique terrestre et celui de la marine.

Ordre de grandeur des coefficients de réflexion

Les coefficients de réflexion sur le vide (ρ2v2 = 0) ou sur un milieu infiniment résistant (ρ
2v2 = ∞) valent toujours 1 en valeur absolue, mais il faut faire attention au signe. Sur le vide
(donc pratiquement au contact sol ou mer avec l'atmosphère) la somme des pressions de
l'onde incidente et de la réfléchie doit être nulle par continuité puisque la pression est
forcement nulle dans le vide, le coefficient de réflexion correspondant est donc de -1 pour la
pression et de +1 pour le déplacement. Un raisonnement analogue pour la réflexion sur un
milieu infiniment résistant (si le milieu est infiniment résistant le déplacement transmis est
forcement nul) indique que le coefficient de réflexion en déplacement est de -1 et celui en
pression de +1.
Au contact de deux roches, les masses volumiques sont toujours voisines, le coefficient de
réflexion vaut approximativement :

v 2 − v1
c=
v 2 + v1

Un calcul numérique donne des valeurs de l'ordre de 0.01.

12
Au contact eau roche, au fond de la mer, il faut tenir compte des masses volumiques (densité
de 1 pour l'eau, de 2 pour une roche). L'ordre de grandeur est voisin de 0.1.

Autre présentation des coefficients de réflexion transmission

On peut présenter la détermination des coefficients de réflexion transmission d'une façon


différente qui se généralise à toutes sortes d'ondes.
On admet que l'onde est représentée par une amplitude vérifiant les deux conditions suivantes
:
1) L'amplitude totale est continue au passage entre deux terrains.
2) Le flux d'énergie de l'onde est proportionnel au carré de l'amplitude : W=YA2 Par analogie
avec l'électricité, Y porte le nom d'impédance.
Le flux d'énergie correspond à la quantité d'énergie traversant une surface unité
perpendiculaire à la direction de l'onde et, ce, pendant l'unité de temps.
Ecrivons que les ondes réfléchie et transmise ont des amplitudes proportionnelles à
l'amplitude de l'onde incidente (R=cI, T=tI), :

1+ c = t

Ecrivons aussi que les flux d'énergie réfléchie et transmise sont dus au flux d'énergie
incidente (conservation de l'énergie)

Y1 = Y1c 2 + Y2 t 2

La résolution de ce système est immédiate :

Y1 − Y2
c=
Y1 + Y2
2Y1
t=
Y1 + Y2

On peut vérifier que ce formalisme correspond bien aux deux cas vus plus haut, mais il peut
se généraliser à tous autres types d'ondes (ondes électromagnétiques, thermiques....)

Importance des multiples

En sismique terrestre, l'amplitude d'un multiple sera l'amplitude de l'onde émise par le tir
multiplie par le carré d'un coefficient de réflexion, donc de l'ordre de 10-4 et donc négligeable
devant l'amplitude de la réflexion primaire. En marine, par contre, le multiple du fond de la
mer aura une amplitude comparable a celle d'une réflexion primaire provenant du sous-sol. Le
multiple du fond de la mer pourra masquer une réflexion primaire. La prospection en mer n'a
pu se développer que lorsqu'on a su utiliser simplement les ordinateurs pour faire les
traitements sismiques et filtrer correctement les multiples, disons après 1970.

Géophone

13
En sismique terrestre, le mouvement du sol est mesuré par un géophone, en marine par un
hydrophone. Ce dernier est l'équivalent d'un microphone pouvant fonctionner dans l'eau.
Nous allons décrire le géophone. La bande passante de l'hydrophone est très similaire à celle
du géophone, nous le décrirons donc pas. Nous nous limiterons de plus au cas du géophone
vertical (celui qui enregistre le déplacement vertical du sol), c'est le cas de 99% des
géophones utilisés en prospection.

Un géophone est constitué d'une masse suspendue à un ressort. Lorsque le sol se déplace, le
ressort transmet le mouvement du sol à la masse. Celle-ci porte une bobine qui peut se
déplacer dans le champ d'un aimant. Le déplacement produit un courant induit que l'on va
mesurer.

Prenons pour axe des Z, l'axe vertical correspondant à la terre au repos. Le déplacement du
sol est xs, celui de la bobine xb. L'allongement du ressort vaut xs-xb et donc la force de rappel
du ressort vaut k(xb-xs) (k raideur du ressort). La relation fondamentale de la mécanique
donne
d2 xb
m 2 = k( xs − xb )
dt
Le déplacement de la bobine par rapport à l'aimant est donc de xb-xs (l'aimant se déplace avec
le sol). C'est ce déplacement relatif qui produit le courant d'induction que l'on mesure,
appelons le x. L'équation précédente devient
d2 x d2 x
m 2 + kx = −m 2s
dt dt
Dans cette relation, nous avons négligé les frottements, dont nous allons voir qu'ils jouent un
rôle important. En les supposant proportionnels à la dérivé de x, l'équation devient
d2 x dx d2 xs
m 2 +f + kx = −m 2
dt dt dt
Si le déplacement du sol est sinusoïdal, il en est de même de celui de la bobine dans l'aimant,
ω étant la pulsation de ces mouvements, il vient
xs = X s eiωt x = Xeiωt
( −mω 2 + ifω + k )X = mω 2 X s
La réponse fréquentielle du géophone sera donc :
2 m2ω 4
R(ω ) =
( − mω 2 + ifω + k )( − mω 2 − ifω + k )
soit
2 m2ω 4
R(ω ) =
( − mω 2 + k )2 + f 2ω 2
Considérons d'abord le cas particulier où f=0
2 m2ω 4
R(ω ) =
( − mω 2 + k ) 2
Lorsque ω=0, R(ω)=0. Lorsque ω→∞, R(ω)→1. Mais pour ω2=k/m, la réponse passe par la
résonance et R(ω)→∞.
Si f est différent de 0, les limites pour ω=0 et ω→∞ sont les mêmes, mais, à la résonance, R(ω
) reste fini, sa valeur est d'autant plus petite que f est important.

14
La théorie du traitement du signal monte que le meilleur choix de la constante d'atténuation f
est obtenu lorsque
2 m2ω 4
R(ω ) = 2 4
m ω + k2
ce qui impose d'avoir
f = 2mk

4.5

3.5

2.5

1.5

0.5

0
0 1 2 3 4 5

Dans la figure précédente, la courbe allant le plus haut correspond à un amortissement nul.
Pour les 3 autres courbes, celle du haut n’est pas assez amortie, celle du bas trop amortie,
celle du milieu correspond à l’amortissement optimal.
Le réglage de cette atténuation n'est pas difficile. La bobine qui se déplace dans le champ
magnétique de l'aimant produit un courant induit. Il suffit de mettre une résistance en série
dans le circuit de la bobine pour absorber de l'énergie par effet Joule. Cette atténuation est
proportionnelle au courant donc à la dérivé première du déplacement, c'est bien ce que nous
désirions avoir.

Il faut aussi noter que le signal enregistré est le courant, proportionnel à la vitesse de
déplacement du sol (à la réponse fréquentielle près). Le géophone est un capteur de vitesse.

Ne sont bien enregistrés que les signaux de fréquences supérieures à la résonance du


géophone. On pourrait penser que le plus judicieux est de fabriquer le géophone dont la
résonance soit la plus petite possible. Malheureusement le prix de l'appareil augmente
fortement si la fréquence de résonance est faible ( de même que sa taille). On choisira donc le
géophone ayant la fréquence de résonance la plus élevée possible compatible avec les
fréquences que l'on désire enregistrer. En sismique réflexion, les fréquences utiles sont
comprises entre 20 et 80 Hz, la fréquence classique des géophones de réflexion est de 11.5
Hz. En sismique réfraction, les fréquences sont plus basses (de 10 à 40 Hz), les géophones
auront donc une résonance à 4.5 Hz. En sismologie de tremblements de terre, les fréquences
de résonance sont soit de 1 Hz soit de 1/10 à 1/30 Hz (mais le prix de ces équipements est de
10 à 100 fois plus élevé que celui des géophones de prospection).

15
En marine, il n’est pas possible d’utiliser de capteurs de déplacement. L’enregistrement se fait
à l’aide d’hydrophones, équivalent à des microphones mais fonctionnant dans l’eau. Nous ne
décrirons pas le fonctionnement précis de ces appareils. Disons simplement que leur réponse
est voisine de celle des géophones.

Dispositif terrain.

On n’utilise pratiquement jamais un géophone seul. On dispose sur le terrain une grappe de
géophones placés en parallèle.
Le but de ce dispositif est double. Enregistrant la somme des signaux de chacun des
géophones, on améliore le rapport signal à bruit. Le mauvais fonctionnement éventuel de l’un
d’eux est compensé par les autres. Mais, de plus cela permet de faire un filtrage spatial des
signaux.
Considérons des signaux sinusoïdaux arrivant, sous l’angle θ, sur une série de récepteurs
distants les uns des autres de d.

S -1 d S0 S1

D’un géophone l’autre, l’onde doit parcourir la distance h = d sin( θ) en plus. Le géophone du
centre recevant eiωt , les géophones de part et d’autre recevront e iω( t − h / v) et eiω( t + h / v)
S’il y a n géophones de part et d’autre du géophone central, la somme de tous les signaux
reçus sera de

2n + 1 h 2n + 1 d sin(θ)
n h
iω( t + k ) sin( ω ) sin( ω )
ω ω
∑ e v =e i t 2
1 h
v =e i t 2 v
1 d sin(θ)
k = −n sin( ω ) sin( ω )
2 v 2 v

Si l’angle d’incidence θ de l’onde est nul, on vérifie facilement que la somme précédente vaut
2n+1, nombre de géophones. Par contre, si l’incidence n’est pas nulle, la somme précédente
est plus petite.
Pratiquement, les ondes se propageant au voisinage de la verticale (celles qui intéressent le
sismicien) s’additionne bien, les ondes se propageant au voisinage de l’horizontale (qui sont
gênantes) peuvent être détruites si la distance entre géophones est choisie de façon
convenable.
Le nombre de géophones étant fixé ainsi que leur espacement, cette formule dépend de 2
paramètres, l’angle d’arrivé et la fréquence. On prend la fréquence moyenne des ondes qui
nous interessent (de l’ordre de 40 Hz en sismique pétrolière) la courbe en polaire (fonction de

16
l’angle) porte le nom de diagramme d’antenne du dispositif. De tel diagramme sont classique
en télécommunication. Par exemple, une antenne de réception de télévision est souvent une
série de tiges d’antenne portées par une barre centrale dans la direction de l’émetteur, en
terme technique un yaggi.

La figure montre un exemple de diagramme d’antenne, la courbe qui s’annule pour une
propagation horizonrale a été calculée pour 40 Hz, celle qui ne s’annule pas pour 30 Hz, les
autres paramètres restant inchangés.

Sources sismiques

La source d’énergie en sismique porte le nom de « tir ». Ceci remonte à une époque où tous
les tirs étaient effectivement réalisés par l’explosion d’une charge d’explosif. Actuellement
ceci ne se fait plus qu’en sismique terrestre et encore pas dans tous les cas..
Commençons cependant par indiquer des rudiments sur l’utilisation des explosifs.

Une charge enterrée, en explosant, va produire, si l’enfouissement est faible, un cratère. Si


l’enfouissement est plus important, il n’y aura pas de cratère, mais une cavité restant
souterraine, un camouflet. Pour 1 kg d’explosif, la limite entre le cratère et le camouflet est
d’environ 1.5 mètre. Pour d’autres valeurs de la charge, cette profondeur varie comme la
racine cubique de la charge.
L’effet sismique enregistré dépend de la profondeur et est décrit approximativement par la
courbe ci-dessous
L’axe horizontal représente l’effet sismique, en unités arbitraires et en logarithme.
L’axe vertical représente la profondeur (ou l’altitude pour un tir dans l’air). Les tirs aériens
sont rares en sismique (parfois, sur du permafrost, pour ne pas détruire la couche gelée) l’effet
est à peu près constant quel que soit l’altitude.

1 17
5

0.5
Il est inutile, au point de vue de l’effet sismique, de tirer à une profondeur supérieure à qq.
mètres, l’effet n’augmente plus.
En sismique réfraction, la charge tirée est de l’ordre du kilo d’explosif, mais elle est
normalement répartie en une dizaine de charges élémentaires d’une centaine de grammes.
L’intérêt de cette division est double.
♦ Une profondeur de tir petite (et donc moins chère à forer) suffit pour avoir un effet
sismique optimal.
♦ Les charges sont allumées en même temps, leurs effets vont s’additionner mais avec le
même type de filtrage spatial que celui produit par une grappe de géophones. Le dispositif
de tir permet de renforcer les ondes partant vers le bas, au détriment des ondes partant à
l’horizontal (malheureusement, il en reste).
Au passage signalons une différence importante avec les tirs de carrière. En sismique les
charges explosent de façon simultanée et leurs effets s’additionnent. En carrière, les charges
explosent à des temps différents (de l’ordre de 20 ms entre tir) les effets ne s’additionnent
plus et restent celui de chaques charges unitaires, le signal durant plus longtemps. Ceci a
l’avantage de diminuer l’impact des tirs sur le voisinage.

Lorsque l’explosion se fait dans l’eau, en marine, un autre effet se produit. Juste après
l’explosion, l’explosif est transformé en une bulle de gaz sous très haute pression. Il va y
avoir expansion de cette bulle. Lorsque la pression dans la bulle devient égale à la pression
hydrostatique, le gaz a une vitesse encore importante, la bulle va continuer à grandir et la
pression devient inférieure à la pression extérieure. Au bout d’un certain temps, la pression
interne devient trop faible et la pression hydrostatique va recomprimer la bulle. Ce
phénomène d’expansion suivi de contraction se produit plusieurs fois de suite, c’est k’effet
bulle, à chaque fois une bouffée d’énergie est envoyée. La source est donc multiple, ce qui est
très gênant pour l’utilisation en sismique et doit être corrigé.

L’explosion n’est pas instantanée. On distingue


♦ les explosifs déflagrants (la poudre noire) qui brûlent relativement lentement, ils doivent
être contenus dans une cavité fermée pour que la pression ait le temps de monter et
d’agir(la culasse d’un fusil, par exemple)
♦ les explosifs détonants dont la combustion est suffisamment rapide pour qu’il ne soit pas
nécessaire de les confiner.

18
La vitesse de détonation varie de 10000 m/s pour les explosifs militaires (TNT, dynamite
gomme) à environ 4000 m/s pour les explosifs agricoles. La vitesse de détonation est de
l’ordre de 5 à 6000 m/s pour les explosifs utilisés en sismique. Cette vitesse est suffisamment
voisine de la vitesse de propagation des ondes dans le sol pour qu’il soit nécessaire d’en tenir
compte si l’on désire optimiser l’efficacité du tir.
Ne désirant pas faire de cours de sabotage, je m’arrêterais sur ces indications.

Sources terrestres non explosives

A l’exception du vibroseist qui sera vu plus loin, les sources terrestres non explosives sont
toutes du type chute de poids.
Dans sa forme la plus simple, une masse de 2 à 3 tonnes tombe sur le sol d’une hauteur de 2 à
3 mètres. L’énergie dégagée est voisine de 60kJ, 1 kilo de TNT dégage lui une énergie de
l’ordre de 4 MJ. La chute de poids correspond donc à environ 15 grammes d’explosif, ce qui
paraît peu comparé au kilo que l’on utilise pour un tir conventionnel. Mais ce calcul est trop
simpliste. L’explosion se fait en un temps voisin du dixième de milliseconde, la majorité de
l’énergie sera à des fréquences de l’ordre du kiloHz, fréquences trop élevées pour être
utilisées en sismique et donc une partie de l’énergie est perdue, seule la partie basse fréquence
est utilisée. Finalement l’énergie utilisable d’une chute de poids est du même ordre de
grandeur que celle de la charge élémentaire d’un tir conventionnel. Il suffit alors de procéder
à plusieurs chutes de poids pour retrouver l’énergie totale nécessaire. Il faut tenir compte d’un
nouveau phénomène : Les chutes de poids n’étant pas simultanées, les signaux s’additionnent
bien, mais le bruit toujours présent s’additionne plus mal. Finalement, après n chutes de
poids, le rapport signal à bruit est augmenté d’environ n .
Il est possible d’améliorer le système précédent en poussant le poids sur le sol. On obtient
alors des sources plus puissantes (Dynoseist, par exemple) ou plus petites pour une même
puissance (Soursil, par exemple).
Le vibroseist est une source d’un type très différent. Au lieu d’utiliser une source dégageant
son énergie en un temps bref, on pose sur le sol un vibreur qui va envoyer dans le sol un train
de vibrations d’une durée voisine de 15 secondes et dont la fréquence va varier entre 20 et 60
Hz. Par corrélation entre le signal émis (plus exactement le signal de commande du
vibroseist) et l’enregistrement, il est possible de reconstituer l’effet d’une source du type
explosif. Ce type de source permet de faire des prospections même dans des villes, sans gêner
la population.

Sources marines

On n’utilise plus de simples explosions en marine, indépendamment des effets bulle, les
pécheurs détestent les explosions qui tuent un peu trop les poissons (ce que font peut être
aussi les autres sources mais de façon plus discrète).
Une première amélioration, le Flexotir, a permis de supprimer l’effet bulle. Le tir (une
cinquantaine de gramme d’explosif) est fait au centre d’une sorte de passoire en acier dont la
taille est telle que la bulle initiale est cassée en une série de petites bullettes en passant dans
les trous de la passoire.
Le système le plus utilisé actuellement est l’AirGun, le canon à air. Le signal de l’explosion
est produit par la bulle de gaz. Dans le canon à air, la bulle est directement donnée par un
compresseur qui comprime de l’air dans une boite. L’ouverture brutale de la porte de la boite
permet le dégagement de la bulle.

19
Une source de meilleure qualité est le WaterGun, le canon à eau. L’expulsion brutale d’eau
par le canon produit des cavitations. Derrière le front d’expulsion de l’eau, la pression
diminue suffisamment pour que l’eau se vaporise, produisant une bulle de vapeur dont la
compression produit de l’énergie, il n’y a pas d’air donc pas de bulle.

Un navire de sismique est une véritable usine. Juste derrière lui se trouve une batterie de
canon. Il traîne aussi plusieurs flûtes d’hydrophones. Chaque flûte flotte entre deux eaux à
une profondeur de quelques mètres, contient les hydrophones suivant un dispositif
comparable aux dispositifs utilisés en terrestre et pouvant avoir des longueurs de plusieurs
kilomètres. Heureusement, les bateaux de sismique ont une priorité absolue pour la
navigation, ils sont peu manœuvrables et un autre bateau passant derrière risque fort de
couper la flûte.

20
Analyse de vitesse - vitesse de stack- vitesse de tranche

La sélection des enregistrements correspondants à un même point milieu fournit des signaux
qui, pour un même réflecteur, vont s'aligner sur une courbe d'allure hyperbolique. Si la
structure du sous sol ne comprend qu'un seul terrain surmontant le substratum, la courbe
temps d'arrivée en fonction de la distance entre tir et géophone, est vraiment une hyperbole :
x2
t2 = τ 2 + 2
v
2h
τ=
v
τ est l'épaisseur en temps (temps double) du premier terrain.
Lorsqu'il y a plusieurs terrains au-dessus du réflecteur, la relation entre le temps et la distance
n'est plus aussi simple. Prenons l'exemple de 2 terrains de vitesse v1 et v2 et d'épaisseur h1 et
h2, surmontant le réflecteur. Une onde partant en x=0 et faisant l'angle i1 avec la verticale
reviendra, après réflexion, à la distance x et au temps t donnés par les relations :
x = 2h1tg(i1) + 2h2 tg(i2 )
2h1 2h2
t= +
v1 cos(i1 ) v 2 cos(i2 )
les angle i1 et i2 sont reliés par la relation de Descartes
sin(i1 ) sin(i2 )
=
v1 v2
Il est donc possible de calculer, de façon paramétrique, la relation entre x et t, mais il n'est pas
possible de trouver directement t en fonction de x. Le calcul se généralise sans difficulté, à
plus de 2 terrains. Par contre, il est toujours possible de faire une approximation des relations
précédentes si la distance x est petite :
Nous avons
i1 i2
=
v1 v 2
i
x = 2h1i1 + 2h2 i2 = (τ 1 v12 + τ 2 v 22 )( 1 )
v1
i
x 2 = (τ 1 v12 + τ 2 v 22 ) 2 ( 1 ) 2
v1
2
τ1 τ2 i2 i2 (τ v 2 + τ 2 v 22 ) ⎛ i1 ⎞
t= + = τ 1 (1 + 1 ) + τ 2 (1 + 2 ) = (τ 1 + τ 2 ) + 1 1 ⎜⎜ ⎟⎟
cos(i1 ) v 2 cos(i2 ) 2 2 2 ⎝ v1 ⎠
2
⎛i ⎞
t = (τ 1 + τ 2 ) + (τ 1 + τ 2 )(τ v + τ 2 v )⎜⎜ 1 ⎟⎟
2 2 2
1 1
2
2
⎝ v1 ⎠
x2
t 2 = (τ 1 + τ 2 ) 2 + (τ 1 + τ 2 )
(τ 1 v12 + τ 2 v 22 )
et donc
x2
t2 = τ 2 +
v2

21
en posant
2h1 2h2
τ = τ1 + τ2 = +
v1 v2
τ v + τ 2 v2
2 2

v = 1 1
2

(τ 1 + τ 2 )
Le temps τ correspond à l'épaisseur en temps double des deux terrains surmontant le
réflecteur et v à la vitesse quadratique moyenne de ces deux terrains.
La généralisation à n terrains se fait sans difficulté. La formule est toujours la même, τ étant
toujours l'épaisseur en temps double et v la vitesse quadratique moyenne de tous les terrains
situés au-dessus du réflecteur.
Dans cette approximation, les relations entre temps et distances sont toujours hyperboliques.
Il est possible de pousser le développement à un ordre supérieur, cas des grands offsets. On
obtient alors

x2
t2 = τ 2 + + Ax 4
v2
avec

A=
(v 4
− w4 )
4τ 2 v 8
où nous avons poser

τ 1V14 + τ 2V24
w = 4

τ1 +τ 2

démonstration :
en développant
sin(i1 ) sin(i2 )
=
v1 v2
au 3éme ordre, il vient
3
i2 i1 v 22 − v12 ⎛ i1 ⎞
= + ⎜⎜ ⎟⎟
v 2 v1 6 ⎝ v1 ⎠
2 2 4
⎛ i2 ⎞ ⎛ i1 ⎞ v 22 − v12 ⎛ i1 ⎞
⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜ ⎟⎟ + ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ v 2 ⎠ ⎝ v1 ⎠ 3 ⎝ v1 ⎠
de même en partant de
x = τ 1v1tg (i1 ) + τ 2 v 2 tg (i2 )
i13 i23
x = τ 1v1 (i1 + ) + τ 2 v 2 (i2 + )
3 3
3
2 i1 1 τ 2 v 22 (v 22 − v12 ) ⎛ i1 ⎞
x = (τ 1v1 + τ 2 v 2 ) + (τ 1v1 + τ 2 v 2 +
2 4 4
)⎜⎜ ⎟⎟
v1 3 2 ⎝ v1 ⎠

22
i1 x 1 τ 2 v 22 (v 22 − v12 ) x3
= − (τ 1v1 + τ 2 v 2 +
4 4
)
v1 τ 1v12 + τ 2 v 22 3 2 (τ 1v12 + τ 2 v22 )4
2 2
⎛ i1 ⎞ ⎛ x ⎞ 2 τ 2 v 22 ( v 22 − v12 ) x4
⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜ 2 ⎟ − (τ 1v1 + τ 2 v 2 +
2 ⎟
4 4
)
⎝ v1 ⎠ ⎝ τ 1v1 + τ 2 v 2 ⎠ 3 2 (τ 1v12 + τ 2 v22 )5
et, en partant de
τ1 τ2
t= +
cos(i1 ) cos(i2 )
i12 5i14 i 2 5i 4
t = τ 1 (1 + + ) + τ 2 (1 + 2 + 2 )
2 24 2 24
4
τ 1v12 + τ 2 v 22 i1 2 5 τ 2 v 22 (v 22 − v12 ) ⎛ i1 ⎞
t = (τ 1 + τ 2 ) + ( ) + ( (τ 1v1 + τ 2 v 2 ) +
4 4
)⎜⎜ ⎟⎟
2 v1 24 6 ⎝ v1 ⎠
i
t 2 = (τ 1 + τ 2 ) 2 + (τ 1 + τ 2 )(τ 1v12 + τ 2 v 22 )( 1 ) 2
v1
4
(τ 1v12 + τ 2 v 22 ) 2 5 τ 2 v 22 ( v 22 − v12 ) ⎛ i1 ⎞
+( + (τ 1 + τ 2 )( (τ 1v1 + τ 2 v 2 ) +
4 4
)⎜⎜ ⎟⎟
4 12 3 ⎝ v1 ⎠
et finalement
x 2 (v 4 − w 4 ) 4
t2 = τ 2 + + x
v2 4τ 2 v 8
le signe de A =
(v 4 − w 4 ) est le même que celui de v 4 − w4 . Posons v 2 = xv1 et p =
τ1
,
4τ 2 v 8 τ1 + τ 2
un petit calcul donne v 4 − w 4 = − p( 1 − p )( 1 − x ) 2 . Le signe de A est toujours négatif. La courbe
représentative de l’approximation au 4ème ordre est au dessus de l’approximation au 2ème ordre
(dans la représentation classique, le temps positif vers le bas). Si les points réels observés sont
sur cette courbe et que l’on ajuste, sur les points expérimentaux, une hyperbole, la vitesse
trouvée sera supérieure à la vitesse réelle. Donc, pour de grand offset, l’approximation
hyperbolique donne une vitesse trop importante.

Approche de de Bazelaire

De Bezelaire, de Elf, a développé une approche très différente des hyperbole de vitesses. Le
point miroir, dans le deuxième milieu, peut être considéré comme un objet vu dans le premier
milieu suivant les lois de l’optique. Son image est décalée (plus profonde si la vitesse
augmente avec la profondeur). L’Hyperbole est à la vitesse du premier milieu et peut s’écrire

2
(t + p )2 = t02 + x2
v1
avec

23
τ1v12 + τ 2 v22
t0 =
v12
⎛ v2 ⎞
p = τ 2 ⎜ 22 − 1⎟
⎜v ⎟
⎝ 1 ⎠
L’analyse de vitesse (cf. infra) se fera en utilisant toujours la vitesse du 1er milieu et la
recherche de la vitesse du 2ème milieu en utilisant p et t0.

Analyse de vitesse

Le but de l'analyse est de trouver les différentes hyperboles correspondant aux réflexions
successives. Cette analyse va toujours se faire de façon empirique : on essaye toutes les
hyperboles possibles ! De tous les temps doubles possibles, on fait partir une série
d'hyperboles. On regarde si l'une d'entre elles est correcte !
Voici une façon de faire cette vérification : On essaie, à partir de toutes les possibilités de
temps doubles la même vitesse. On trace les signaux corrigés par cette vitesse et on regarde le
dessin : Si la vitesse est correcte pour l'une des réflexions, celle-ci paraîtra horizontale sur le
tracé. On refait la même opération pour toutes les vitesses possibles. On trouve donc la vitesse
de correction que l'on doit appliquer aux différents temps doubles (méthode du veloscan).
Voici une seconde possibilité : Pour une hyperbole donnée, on calcule la somme des signaux
le long de cette hyperbole, la somme sera grande si l'hyperbole est correcte, petite dans le cas
contraire. On trace alors cette somme (par une densité de gris, ou un code de couleur) en
fonction du temps double et de la vitesse. La courbe des maxima est alors la loi de vitesse
qu'il faut choisir en fonction de la profondeur.
Dans tous les cas, l'analyse de vitesse va passer par une phase manuelle : le choix de la bonne
vitesse. Cette intervention humaine augmente considérablement le prix de l'analyse de vitesse
par rapport à un système que l'on pourrait automatiser sur ordinateur.
L’intervention humaine est d’autant plus nécessaire que cette loi de vitesse ne doit pas être
limitée aux seules réflexions. Pour les corrections dynamiques qui seront vues plus loin, il
faut interpoler entre les réflexions. Pour chaque valeur du temps d’arrivée de la réfléchie à
offset nul on doit estimer la vitesse de la meilleure hyperbole, même s’il n’y a pas de
réflexion à ce temps précis.

Vitesse de stack

L'analyse de vitesse donne la loi de vitesse en fonction de la profondeur. Etant coûteuse, cette
analyse ne sera pas faite en tout CMP du profil. On utilise donc aux autres points une loi
approchée obtenue par interpolation de deux analyses de vitesse en des points choisis du
profil. La vitesse utilisée n'étant pas vraiment la vitesse quadratique moyenne, on l'appellera
vitesse de stack (stack = addition en anglais).

Vitesse de tranche

La connaissance de la vitesse quadratique moyenne (et celle des épaisseurs en temps des
différents réflecteurs) permet de remonter à la vitesse réelle dans la couche qui sépare deux
réflecteurs. On utilise la formule vue ci-dessus

(τ1 + τ2 ) v 2 = τ1v12 + τ 2 v 2 2

24
Cette formule porte le nom de formule de Dix. Partant de (v1, τ1) supposés connus, (v, τ)
permet de calculer (v2, τ2). Les vitesses ainsi obtenues portent le nom de vitesses de tranche.

Corrections dynamiques NMO

Une arrivée réfléchie, enregistrée sur un récepteur à la distance x de la source, a un temps de


propagation plus élevé que la réfléchie que l’on aurait enregistré au point de tir. La loi de
vitesse étant connue, il est possible de calculer cette augmentation du temps de parcours qui
porte le nom de correction dynamique (Normal Move Out, NMO) Le terme normal précise
que nous sommes dans l’hypothèse d’une discontinuité horizontale.

CDP CMP Coupe film

Il est alors possible de reconstituer la trace que l’on aurait enregistrée à offset nul.
Pour cela, il faut d’abord regrouper ensemble toutes les traces sismiques qui se sont réfléchies
au même point miroir, le point commun en profondeur (CDP Common Depth Point). Ne
connaissant pas la structure géologique du sous-sol, c’est impossible. Si nous supposons que
la discontinuité est horizontale, le problème devient évident : le point miroir est à l’aplomb du
point milieu entre le tir et le géophone. Les traces seront donc rassemblées en point milieu
commun (CMP Common Mid Point).
Pour chaque valeur du temps, l’amplitude de trace à offset nul est la somme des amplitudes de
toutes les traces enregistrées se trouvant sur l’hyperbole définie par la loi de vitesse.
Les réflexions provenant d’un même miroir ayant des formes très voisines quel que soit
l’offset vont s’additionner et le rapport signal à bruit sera augmenté.
Les multiples ne sont pas sur l’hyperbole donnée par la loi de vitesse (la vitesse du multiple
est donnée pour une valeur inférieure du temps). Ils s’additionneront donc mal et seront
partiellement détruits. Cette destruction des multiples est usuellement suffisante en terrestre
mais pas en marine.
La représentation en x de la position de la trace, en y de la trace ainsi calculée porte le nom de
coupe film. C’est cette coupe (et les coupes améliorées que nous verrons plus loin) qui est
livré à l’interprétateur. Elle représente la première approximation de la coupe géologique du
sous-sol.

25
Corrections statiques

La surface du sol n’est que rarement horizontale. C’est pourtant l’hypothèse faite pour
l’ensemble des corrections dynamiques conduisant à la couverture multiple. Les corrections
permettant de ramener les enregistrements à ceux que l’on aurait effectués sur une surface
horizontale porte le nom de corrections statiques.
La surface horizontale choisie porte le nom de Data Plane, DP.

D.P.

Le DP étant choisi et l’altitude du récepteur connue, on obtient sans difficulté la distance h


entre le récepteur et le DP.
Supposons d’abord la vitesse v des ondes connue ainsi que l’angle d’arrivée avec la verticale.
La correction τ se calcule sans difficulté
h cos(α )
τ=
v
Ne considérant que des ondes se propageant au voisinage de la verticale, il suffit de prendre
l’approximation (pour un angle de 10° le cosinus vaut 0.98 et 0.95 por 20°)
h
τ=
v
reste à déterminer la vitesse v.
Dans le schéma prcédent, nous avons admis que la première couche était homogène, les ondes
se propagent en ligne droite. Cette hypothèse est trop restrictive, il faut considérer 2 couches
au moins
• La zone altérrée WZ (weathered zone)
• Le terrain sous-jacent.
Pour le terrain sous-jacent, la vitesse (de l’ordre de 2000 m/s) est donnée par une analyse de
vitesse.
La WZ, partiquement entre la surface du sol et le toit de la nappe phréatique a une vitesse très
faible (entre 500 et 1200 m/s). Cette vitesse est très variable d’un point à l’autre. Pour obtenir
une bonne correction, il faut la déterminer en chaque point. V. Ceci se fait par de petit profil
de sismique réfraction au voisinage des points de tir.
En sismique réfraction, les ondes réfractées sont représentées par l’hodochrone

2h cos( λ ) x x
t= + = τ1 + τ 2 +
v1 v2 v2

26
en posant τ1 et τ 2 les retards au tir et au géophone. Ces valeurs sont déterminées les unes
après les autres en utilisant les ondes directes (et réfractées) des tirs de réflexion enregistrées
sur les géophones à faible offset.

27
Correction de pendage DMO

Valeur approximative du pendage

Commençons par une approximation : le traitement classique, en supposant la structure


tabulaire, à permis d’obtenir le signal « stacké » qui représenterait l’enregistrement à offset
nul si la structure était bien tabulaire. Admettons que ce signal représente bien le signal à
offset nul, même s’il y a pendage.
Le signal à offset nul se réfléchie normalement au réflecteur, donc en biais s’il y a pendage.
Par contre, dans la coupe film, il sera représenté verticalement.

α
α

rayon dans le sol en biais verticaux dans la coupe film

les pendages α du sol et β de la coupe film ne sont pas identiques. On peut montrer facilement
que

sin( α ) = tg( β )

en prospection pétrolière, en zone sédimentaire, les pendages sont usuellement petits (la
sismique ne marche bien qu’en structure subhorizontale, les failles, plus verticles, sont
détectées par le fait que la sismique ne marche plus !). Il est donc possible de confondre le
sinus, la tangente et l’angle, donc
α≈β

DMO

Nous avons supposé jusqu’à présent que la discontinuité miroir était horizontale. Le CDP se
trouve en dessous du CMP. Lorsque la discontinuité n’est plus horizontale mais a un pendage
α, cette propriété devient fausse.

CMP

28
L’idéal serait de trouver les couples tir géophones tel que les réflexions se fassent au même
endroit, le CDP.
Il est plus simple de continuer à utiliser le CMP. Calculons la correction que l’on doit faire
pour additionner correctement les réflexions
x
S G

R
α

Un calcul simple montre que le temps de parcours de l’onde réfléchie vaut

cos(α)
t= x 2 + 4h 2
V

formule très voisine de celle du cas de la discontinuité horizontale. Il suffit de changer la


V
valeur de la vitesse V − >
cos(α)

Si le miroir est plat, mais non horizontal, sur une certaine longueur. Une analyse de vitesse ne
permettra pas de mettre ce pendage en évidence. L’interprétation, fausse, sera de dire que la
vitesse est plus grande, mais que la profondeur, sous le point milieu est augmentée du même
facteur de telle sorte que le temps double à offset nul reste à la même valeur.

29
Il est cependant possible, dans la même hypothèse de réflecteur suffisamment plat, de
procéder par approximations successives. Une première approximation, horizontale, permet
de mettre en évidence le pendage. On utilise celui ci pour corriger la vitesse et la profondeur.

Ces approximations successives ne changent pas le fait que les points miroirs des différentes
réflexions ne soient pas confondus. Une façon d’améliorer les stacks est de se fixer un point
miroir (le point de focalisation, on parlera de CFP, Common Focusing Point). Après une
première approximation (cf. supra) qui permet d’obtenir une structure approximative du sous-
sol, le CFP est fixé en position, mais son pendage est aussi connu. Pour chaque point de tir,
on calcule, dans cette approximation où doit se trouver le point récepteur pour que la
réflexion se fasse sur le CFP, en tenant compte du pendage. Cette position du récepteur se
trouve vraisemblablement entre 2 positions des géophones du dispositif. Une interpolation
permet d’estimer le signal que l’on aurait enregistré au point calculer. Le stack des différents
couples tir récepteur correspond bien à des réflexions s’étant produites sur le même CFP. Une
itération du processus fourni une image correcte du sous-sol.

30
Déconvolution

Position du problème

Considérons deux réflexions successives, sur deux miroirs proches l'un de l'autre. Si la source
a une durée trop longue, les deux arrivées vont se mélanger, il ne sera plus possible de les
distinguer. L'idéal serait d'avoir une source ne durant qu'un seul échantillon (un Dirac). La
distance minimum en temps entre les miroirs, pour que l'on puisse les distinguer, serait alors
de ΔT en temps double. Ceci n'est évidement pas possible. Une telle source n'aurait
pratiquement pas d'énergie. La source aura toujours une durée plus longue, la distance entre
les deux miroirs sera plus grande.
Si, physiquement, il n'est pas possible d'avoir une source de durée très brève, on peut espérer
diminuer par un traitement adéquat (la déconvolution) la durée de cette source.

Déconvolution de signature

L'enregistrement est la convolution du film impulsionnel (réponse du terrain à une source en


Dirac) par la source utilisée. En TF, cela donne
E (ω ) = Fi(ω ) S(ω )
Si la source est connue, une division devrait donner le film impulsionnel.
La mesure de la source n'est possible qu'en marine. En terrestre, il n'est pas possible de placer
un récepteur en dessous du tir (le forage nécessaire perturberait complètement le terrain). En
marine, il est possible de placer, sous le bateau un hydrophone de signature. En réalité, cette
mesure de la source ne sera qu'approximative. La propagation s'accompagne toujours d'une
certaine absorption de l'onde que nous avons négligée dans la formule précédente. La source
qu'il faudrait utiliser dans la formule ci-dessus est donc légèrement différente de celle que l'on
peut mesurer sous le bateau. Faute de mieux, nous allons utiliser cette mesure et faire de la
déconvolution de signature.
La division par S(ω) n'est possible que si S n'est pas nul (attention : 0 machine et non 0
mathématique). Nous allons donc faire du "whitening". Pour éviter une division par 0, nous
allons rajouter une petite quantité ε. S pouvant être négatif, cette petite quantité doit être
rajouter à un nombre positif, nous le rajouterons à ⎮S(ω)⎮2. Nous utiliserons donc la relation
E (ω ) S * (ω )
Fi (ω ) =
S(ω ) S * (ω ) + ε
Appliqué à S, ce filtre, au lieu de donner 1 donne
S(ω ) S * (ω )
S(ω ) S * (ω ) + ε
Ceci est un filtre passe bande. A 3dB près, il vaut 1 si ⎮S(ω)⎮2>ε et 0 dans le cas contraire.
En temps, au lieu d'un Dirac, on obtiendra une fonction dont la largeur sera d'autant plus
importante que le filtre ne sera supérieur à 1 que dans une zone petite (relation d'incertitude
de la TF).
Pratiquement, il est difficile d'obtenir une source dont la largeur soit inférieure à 5 ou 6 ΔT, la
séparation minimale de deux miroirs vus distincts sera donc du même ordre.

Spiking decon

31
On recherche, par moindre carré, le filtre optimum dont la sortie soit le plus proche possible
d'un Dirac.
Reprenons la théorie générale (filtre optimum de Wienner). Soit le signal en, on cherche le
filtre fp tel que la sortie de ce filtre soit aussi proche que possible d'une sortie désirée dn
sn = ∑ en − ifi
i

∑ (d − sn ) min imum
2
n
n
En introduisant l'autocorrélation de l'entrée et la corrélation entre l'entrée et la sortie désirée
rk == ∑ e n − k en
n
c k == ∑ en − k d n
n
Si la sortie désirée est un Dirac placé à la position m, la corrélation est simple
ck == em − k
nous obtenons

⎡ r0 r1rp ⎤ ⎧f 0 ⎫ ⎧ e m ⎫
. .
⎢r r0 . . rp −1 ⎥⎥ ⎪⎪ f1 ⎪⎪ ⎪⎪ e m −1 ⎪⎪
⎢1
⎢. . . . . ⎥ ⎪⎨ . ⎪⎬ = ⎪⎨ . ⎪⎬
⎢ ⎥
⎢. . . . . ⎥⎪ . ⎪ ⎪ . ⎪
⎪ ⎪ ⎪ ⎪
⎢rp rp −1 . . r0 ⎥⎦ ⎪⎩f p ⎪⎭ ⎪⎩e m − p ⎪⎭

On prendra donc une arrivée la plus propre possible et le calcul précédent permettra d’obtenir
une déconvolution.
Le résultat ne sera jamais parfait. Il est important de remarquer que l’erreur du filtre
∑ (d n − sn )2 dépend de la position choisie pour le Dirac. Celui ci doit être mis au voisinage
n
du maximum de l’ondelette de départ.

Hypothèse sur le film impulsionnel

Le film impulsionnel représente l’enregistrement qui aurait été fait si la source était un Dirac.
C’est donc la suite des coefficients de réflexion des diverses couches, placés au temps
d’arrivée de la réfléchie. Il est possible d’admettre que cette série de valeurs est aléatoire.
Les valeurs de ces coefficients sont entre des limites précises (-1 et +1, en réalité dans un
intervalle beaucoup plus faible) par contre les temps d’arrivée sont absolument quelconques.
Comme les temps d’arrivée sont quelconques, toutes les fréquences seront présentes, avec la
même probabilité dans la TF du film impulsionnel.
Lorsque la TF d’un signal aléatoire a un module constant, le bruit est blanc. En réalité, même
si les hypothèses géologiques sous-jacentes sont exactes (ce qui ne serait pas le cas pour des
séries sédimentaires très régulières), le film impulsionnel ne peut être qu’une réalisation d’un
processus aléatoire à bruit blanc. Une étude statistique plus fine indiquerait que la TF ne peut
avoir un module constant qu’en probabilité. L’hypothèse que la TF du film impulsionnel soit
à module constant n’est qu’une approximation dont nous allons voir les conséquences.
Reprenons la relation, en TF, entre l’enregistrement, la source et le film impulsionnel
E (ω ) = Fi(ω ) S(ω )
avec l’hypothèse que nous venons de faire, à une constante près, nous avons

32
E(ω) = S(ω)
Nous connaissons donc le module du signal source, pour le déterminer complètement il faut
déterminer aussi sa phase.
Le signal provenant d’une source explosive est forcément causal. Admettons (ce qui peut se
justifier théoriquement) qu’il soit aussi à phase minimum. Nous savons que la phase est une
transformée de Hilbert du logarithme du module. Nous pouvons donc la calculer. Ayant
obtenu ainsi une estimation de la source, il est possible de faire une déconvolution très
similaire à la déconvolution de signature, avec les mêmes précautions pour éviter les divisions
par zéro.

33
Propagation dans un milieu tabulaire

Nous considérons la propagation d'ondes planes se déplaçant verticalement dans un milieu à


stratification horizontale. Les ondes sont enregistrées en numérique, avec un pas
d'échantillonnage ΔT. La stratification la plus fine que l'on puisse mettre en évidence a une
épaisseur (en temps double) de ΔT. Nous pouvons donc supposer qu'il y ait une interface tout
les ΔT, chaque interface étant caractérisée par le coefficient de réflexion des ondes si nous
sommes dans une zone homogène, il suffit de prendre un coefficient de réflexion nul.
Les conventions de numérotation des couches et des coefficients de réflexion et de
transmission sont indiqués dans la figure ci dessous

k-1

tk=1+ck 1 -ck

1 ck t'k=1-ck

Les conventions de numérotations des ondes montantes et descendantes sont les suivantes

k-1

Mk-1 Dk-1

M'k D'k
k
Mk Dk

Nous pouvons établir les lois de passage entre le couple (Mk,Dk) et le couple (Mk+1,Dk+1).
Tout d'abord entre (M'k,D'k) et (Mk+1,Dk+1) : les ondes qui partent de la discontinuité sont Dk+1
et M'k Elles proviennent des ondes incidentes (les 2 autres) par réflexion et transmission. Nous
avons donc
M ' k = t k M k − ck D ' k
Dk +1 = t ' k D ' k + ck M k
En réordonnant les termes, il vient

⎧M k ⎫ 1 ⎡1 ck ⎤ ⎧ M ' k ⎫
⎨ ⎬= ⎢c ⎨ ⎬
⎩ Dk ⎭ tk ⎣ k 1 ⎥⎦ ⎩ D ' k ⎭
Entre (M'k,D'k) et (Mk,Dk), la relation s'obtient en remarquant que Mk(t) vaut M'k(t-ΔT/2) et
que D'k(t) vaut Dk(t-ΔT/2). En appelant Z l'opérateur de décalage de ΔT, celui de ΔT/2 sera
Z et donc

34
⎧ M 'k ⎫ 1 ⎡1 0 ⎤ ⎧ M k −1 ⎫
⎨ ⎬= ⎨ ⎬
⎩ D'k ⎭ Z ⎢⎣0 Z ⎥⎦ ⎩ Dk −1 ⎭
La combinaison de ces deux relation donne

⎧M k ⎫ 1 ⎡1 ck Z ⎤ ⎧ M k −1 ⎫
⎨ ⎬= ⎢c ⎨ ⎬
⎩ Dk ⎭ tk Z ⎣ k Z ⎥⎦ ⎩ Dk −1 ⎭

En appliquant cette relation un certain nombre de fois, il est possible de relier entre eux les
couples d'ondes montante et descendante correspondant à des niveaux éloignés l'un de l'autre.
Nous allons voir un certain nombre d'application de cette relation.

Forme de la matrice de passage pour un grand nombre de couches

Montrons par récurrence que le passage s'écrit sous la forme


1 ⎡ Fn ( Z ) Z Gn ( Z )⎤ ⎧ M 0 ⎫
−1
⎧M n ⎫
n

⎨ ⎬= n n ⎢ −1 ⎥ ⎨ ⎬
⎩ Dn ⎭ Z 2 ∏ t ⎣Gn ( Z ) Z Fn ( Z ) ⎦ ⎩ D0 ⎭
n

k
1

La relation est vrai pour n=1. En l'admettant pour n, montrons qu'elle est vrai pour n+1

⎧ M n +1 ⎫ 1 ⎡ 1 cn +1 Z ⎤ 1 ⎡ Fn ( Z ) Z n Gn ( Z −1 )⎤ ⎧ M 0 ⎫
⎨ ⎬ = ⎢ ⎢G ( Z ) Z n F ( Z −1 ) ⎥ ⎨ D ⎬
Z ⎥⎦
n
⎩ Dn +1 ⎭ tn +1 Z ⎣cn +1 ⎣ n ⎦⎩ 0 ⎭
n
Z 2
∏t
1
k
n

⎧ M n +1 ⎫ 1 ⎡ Fn ( Z ) + cn +1 ZGn ( Z ) Z n Gn ( Z −1 ) + cn +1 Z n +1 Fn ( Z −1 )⎤ ⎧ M 0 ⎫
⎨ ⎬ = n +1 n +1 ⎢ −1 ⎥ ⎨ ⎬
⎩ Dn +1 ⎭ Z 2 ∏ t ⎣cn +1 Fn ( Z ) + ZGn ( Z ) cn +1 Z Gn ( Z ) + Z Fn ( Z ) ⎦ ⎩ D0 ⎭
n −1 n +1

k
1

On peut donc poser


Fn +1( Z) = Fn ( Z) + c n +1ZG n ( Z)
G n +1( Z) = c n +1Fn ( Z) + ZG n ( Z)
on vérifie facilement que la nouvelle matrice est bien de la même forme. Nous avons aussi la
relation de récurrence entre les F et les G.

Plaçons nous dans le cas de la sismique marine, les ondes sont représentées par l'amplitude de
la pression, le coefficient de réflexion à la surface de l'eau est de -1.

Cas d'un séisme lointain

Une onde sismique provenant d'un séisme lointain arrive verticalement, comment se réfléchie
t elle?
La relation précédente devient, en tenant compte de la réflexion sur la surface

35
⎧M n ⎫ 1 ⎡ Fn ( Z ) Z n Gn ( Z −1 )⎤ ⎧ M 0 ⎫
⎨ ⎬= n n ⎢G ( Z ) Z n F ( Z −1 ) ⎥ ⎨− M ⎬
⎩ Dn ⎭ Z 2 ∏ t ⎣ n n ⎦⎩ 0⎭
k
1

et donc le coefficient de réflexion sous la dernière couche vaut

Gn ( Z ) − Z n Fn ( Z −1 )
Dn = Mn
Fn ( Z ) − Z n Gn ( Z −1 )
Toute l'onde incidente doit, à un moment ou un autre, être réfléchie. Le filtre de passage de
l'onde montante (incidente) à l'onde descendante (réfléchie) est donc un passe tout dont le
module doit valoir 1
(G n ( Z) − Z n Fn ( Z−1))(G n ( Z−1) − Z− n Fn ( Z))
=1
( Fn ( Z) − Z nG n ( Z−1))( Fn ( Z−1) − Z− nG n ( Z))
on vérifie facilement que c'est bien exact.

Cas d'une source en surface

La source est en surface, l'onde descendante sera donc la somme de la source elle même et de
la réflexion des ondes montantes. En prenant une source simple, un dirac, l'équation
fondamentale devient, en tenant compte qu'il n'y a pas d'onde montante

⎧0⎫ 1 ⎡ Fn ( Z ) Z n Gn ( Z −1 )⎤ ⎧ M 0 ⎫
⎨ ⎬= n n ⎢G ( Z ) Z n F ( Z −1 ) ⎥ ⎨1 − M ⎬
⎩ Dn ⎭ Z 2 ∏ t ⎣ n n ⎦⎩ 0⎭
k
1

La première ligne de cette relation donne


− Z n G n ( Z −1 )
M0 =
Fn ( Z ) − Z n Gn ( Z −1 )

la deuxième

1
Dn = n n
((Gn ( Z ) − Z n Fn ( Z −1 )) M 1 + Z n Fn ( Z −1 ))
Z 2
∏t
1
k

en éliminant M1, il vient


1 Z n / 2 ( Fn ( Z −1 ) Fn ( Z ) − Gn ( Z )Gn ( Z −1 ))
Dn =
Fn ( Z ) − Z n Gn ( Z −1 )
n

∏1
t k

étudions par récurrence le dénominateur et le numérateur de l'expression précédente

A n = Fn ( Z) − ZnG n ( Z−1)
en utilisant les relations de récurrence entre les F et les G, il vient
A n +1 = ( Fn ( Z) + c n +1ZG n ( Z)) − Zn +1(c n +1Fn ( Z−1) + Z−1G n ( Z−1))

36
A n +1( Z) = A n ( Z) − Zn +1c n +1A n ( Z−1)
relation qui est exactement celle trouvée dans l'étude des filtres de prédiction !
N n = Fn ( Z−1) Fn ( Z) − G n ( Z)G n ( Z−1)
devient
N n +1 = (1 − c2n +1)( Fn ( Z−1) Fn ( Z) − G n ( Z)G n ( Z−1))
et donc
n n
Nn = ∏ (1 − c2k ) = ∏ t k t'k
1 1
finalement
n
Z n / 2 ∏ t 'k
Dn = 1

An ( Z )

n
Cette onde qui part vers le bas est bien décalée de ΔT par rapport à la source, ce
2
n
qu’indique le terme Z
n/2
, son amplitude vaut ∏ t'
1
k , produit des coeficients de transmission

des ondes descendantes. Ceci indique aussi que le premier terme de An (Z ) vaut 1 et que
cette fonction est à phase minimum (elle est causale, étant un polynome et l’onde descendante
est aussi causale).

37
Sismique 4D

Comme dans d’autres domaines, l’expression 4D signifie que l’on fait intervenir le temps. On
suppose que 2 campagnes de sismique ont été réalisées, avant exploitation d’un gisement pour
la première, après exploitation pour la seconde.
La différence entre les résultats de ces 2 campagnes va permettre de mesurer l’effet de
l’exploitation sur le gisement.

Il est nécessaire de prendre un certain nombre de précautions pour que la comparaison soit
possible.

Les 2 campagnes doivent avoir, c’est évident, été réalisées au même endroit.
Elles doivent être traitées de la même façon. Ceci n’est pas aussi simple que cela peut
paraître. Les sources utilisées ne sont jamais complètement identiques. Il faut corriger les
différences. L’hypothèse classique est de supposer que seul le réservoir a été modifié :
On cale le toit du réservoir et on considère une portion de trace au-dessus de ce toit. Un filtre
de mise en forme permet de rendre les traces, au-dessus du réservoir aussi semblables que
possible entre les deux campagnes (la différence est due à la différence de l’ondelette produite
par la source, mais cela absorbe aussi une différence éventuelle au-dessus du toit du réservoir
entre avant et après l’exploitation). Le filtre ainsi déterminé est appliqué à l’ensemble de la
trace et corrige donc la forme de l’ondelette dans le réservoir.
La différence est faite entre les traces ou, plus souvent, entre des attributs sismiques calculés
de la même façon sur les 2 jeux de traces.

38
Coefficients de réflexion

On considère 2 milieu séparés par une discontinuité horizontale (z=0)


Dans chaque milieu, le déplacement dérive de 2 potentiels
∂Φ ∂Ψ
u= +
∂x ∂z
∂Φ ∂Ψ
w= −
∂z ∂x
Les potentiels vérifient
1 ∂ 2Φ ∂ 2Φ ∂ 2Φ
= + 2
α 2 ∂t 2 ∂x 2 ∂z ρα 2 = λ + 2μ
avec
1 ∂ 2Ψ ∂ 2Ψ ∂ 2Ψ ρβ 2 = μ
= +
β 2 ∂t 2 ∂x 2 ∂z 2
Les tensions se calculent par
⎛ ∂u ∂w ⎞ ∂w ∂ 2Φ 2⎛∂ Φ ∂ 2Ψ⎞
2
Pzz = λ ⎜ + ⎟ + 2 μ = ρ 2 − 2 ρβ ⎜ 2 + ⎟
⎝ ∂x ∂z ⎠ ∂z ∂t ⎝ ∂x ∂x∂z ⎠
⎛ ∂u ∂w ⎞ ∂ 2Ψ ⎛ ∂ 2Ψ ∂ 2Φ ⎞
Pzx = μ ⎜ + ⎟ = ρ 2 − 2 ρβ 2 ⎜ 2 − ⎟
⎝ ∂z ∂x ⎠ ∂t ⎝ ∂x ∂x∂z ⎠
Pour une onde incidente P, dans le milieu 1 nous avons
x sin( i )+ z cos( i ) x sin( i )− z cos( i )
iω( t − ) iω( t − )
α1 α1
Φ=e + re
en z=0 et en n’écrivant pas le terme de propagation
∂Φ sin( i )
= −iω (1 + r )
∂x α1
∂Φ cos( i )
= −iω (1 − r )
∂z α1
∂ 2Φ sin( i ) 2
= −( ω ) (1 + r )
∂x 2 α1
∂ 2Φ
= −ω2 ( 1 + r )
∂t 2

∂ 2Φ ω 2 ω 2
=( ) sin( i ) cos( i ) − ( ) sin( i ) cos( i )r
∂x ∂z α1 α1

r est le coefficient de réflexion PP, dans le milieu 2, avec t le coefficient de transmission PP


x sin( j )+ z cos( j )
iω( t − )
α2
Φ' = te

∂Φ' sin( i )
= −iωt
∂x α1
∂Φ' cos( j )
= −iωt
∂z α2
∂ 2 Φ' sin( i ) 2
= −( ω ) t
∂x 2 α1

39
∂ 2 Φ'
= − ω2 t
∂t 2
∂ 2 Φ' ω2
= sin( i ) cos( j )t
∂x∂z α1α 2

pour les ondes S qui ne sont que réflechie et transmise (s et u les coefficients de réflexion PS
et de transmission PS)
x sin( k ) − z cos( k )
iω( t − )
β1
Ψ = se

∂Ψ sin( i )
= −iω s
∂x α1
∂Ψ cos( k )
= iω s
∂z β1
∂ 2Ψ sin( i ) 2
= −( ω ) s
∂x 2 α1
∂ 2Ψ sin( i ) cos( k )
= ω2 s
∂x∂z α1 β1
∂2Ψ
= − ω2 s
∂t 2

x sin( l )+ z cos( l )
iω( t − )
β2
Ψ' = ue

∂Ψ' sin( i )
= −iω u
∂x α1
∂Ψ' cos( l )
= −iω u
∂z β2

∂ 2 Ψ' sin( i ) 2
= −( ω ) u
∂x 2 α1
∂ 2 Ψ' sin( i ) cos( l )
= −ω2 u
∂x∂z α1 β2
∂ 2 Ψ'
= − ω2 u
∂t 2

nous avons utilisé la relation entre les angles


sin( i ) sin( j ) sin( k ) sin( l )
= = =
α1 α2 β1 β2
continuité des déplacements (x puis z)
sin( i ) cos(k) sin( i ) cos(k)
− iω ( 1 + r ) + iω s = −iω t − iω u
α1 β1 α1 β2
cos( i ) sin( i ) cos( j ) sin( i )
− iω ( 1 − r ) + iω s = −iω t + iω u
α1 α1 α2 α1
continuité des tensions (Tzz puis Tzx)

40
sin( i ) 2 sin( i ) cos( k ) sin( i ) 2 sin( i ) cos( l )
− ( ω2 + ω2 r )ρ1 − 2ρ1β12.( −( ω ) ( 1 + r ) + ω2 s ) = −( ω2 t )ρ 2 − 2ρ 2β 22.( −( ω ) t + ω2 u)
α1 α1 β1 α1 α1 β2

sin( i ) 2 ω 2 sin( i ) 2 ω2
− ω2 sρ1 − 2ρ1.β12 ( −( ω ) s+( ) sin( i ) cos( i )( 1 − r )) = − ω2 uρ 2 − 2ρ 2.β 22 ( −( ω ) u− sin( i ) cos( j )t )
α1 α1 α1 α1 α 2

soit

sin( i ) cos(k) sin( i ) cos(k)


(1 + r ) − s= t+ u
α1 β1 α1 β2

cos( i ) sin( i ) cos( j ) sin( i )


(1 − r ) − s= t− u
α1 α1 α2 α1
sin( i ) 2 sin( i ) cos( k ) sin( i ) 2 sin( i ) cos( l )
( 1 + r )( ρ1 + 2ρ1β12.( ) ) + 2ρ1β12. s = t( ρ2 + 2ρ2β22.( ) ) + 2ρ2β22. s
α1 α1 β1 α1 α1 β2
1 sin( i ) 2 sin( i ) 2 sin( i ) cos( j )
2ρ1.β12 sin( i ) cos( i )( 1 − r ) + s( ρ1 + 2ρ1.β12 ( ) ) = u( ρ 2 + 2ρ 2.β 22 ( ) ) + 2ρ 2.β 22 t
α12 α1 α1 α1 α 2

on suppose les 2 milieux très voisins


ρ 1 = ρ − dρ
ρ 2 = ρ + dρ
α1 = α − dα
α 2 = α + dα
β 1 = β − dβ
β 2 = β + dβ
mais aussi sur les angles de transmission
j = i + di
l = k + dk
et donc
sin( i ) dα
di = 2
cos( i ) α
sin 2 ( i ) dα
sin( i )di = 2
cos( i ) α
sin 2 ( k ) dβ
sin( k )dk = 2
cos( k ) β
cos( j ) cos( i ) 1 1 + sin 2 ( i ) dα
= −
α2 α α cos( i ) α

cos( l ) cos( k ) 1 1 + sin 2 ( k ) dβ


= −
β2 β β cos( k ) β

au premier ordre, on a t = 1 + τ avec r,s τ et u petit


les équations deviennent

sin( i ) cos(k) sin( i ) cos(k)


r − s= τ+ u
α β α β
cos( i ) sin( i ) cos( i ) sin( i ) 1 2 dα
− r− s= τ− u−
α α α α α cos( i ) α

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sin( i ) 2 sin( i ) cos( k ) sin( i ) 2 sin( i ) cos( k ) sin( i ) 2
r( ρ + 2ρβ 2 ( ) ) + 2ρβ 2 s = τ( ρ + 2ρβ 2 ( ) ) + 2ρβ 2 s + 2dρ + 4( dρβ 2 + 2ρβ dβ )( )
α1 α β α1 α β α1

1 sin( i ) 2 sin( i ) 2 sin( i ) cos( j ) sin( i )


− 2ρ1.β12 2 sin( i ) cos( i )r + s( ρ1 + 2ρ1.β12 ( ) ) = u( ρ2 + 2ρ2.β 22 ( ) ) + 2ρ2.β22 τ + 4dρβ2 sin( i ) cos( i ) + 8ρβdβ sin( i ) cos( i ) + 4ρβ2
α1 α1 α1 α1α2 α

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