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HYDRAULIQUE À SURFACE LIBRE

Ecoulement gravitaire en canal prismatique

Roland O. YONABA
Ing. M.Sc. Eau & Environnement
Assistant d’Enseignement et de Recherche en Hydraulique
Département Hydraulique et Assainissement/LEAH ‐ 2iE
Email: ousmane.yonaba@2ie‐edu.org v1.6.0
OBJECTIFS DE COURS
■ Connaître et maîtriser les lois fondamentales de conservation en hydraulique
■ Conservation de masse (équation de continuité), de quantité de mouvement et
d’énergie

■ Etre capable de résoudre les problèmes typiques en HSL au régime permanent


et uniforme
■ Calcul de section, débit, vitesse, pente, rugosité, tirant d’eau,…

■ Maitriser les concepts régissant l’énergie des écoulements


■ Energie hydraulique et spécifique

■ Connaître le régime permanent non uniforme


■ Caractérisation des écoulements variés, notion de section de contrôle

■ Connaître l’influence de quelques singularités sur l’écoulement


■ Changement de pente, de radier, de section, écoulement en courbe

17.04.16 2
SOMMAIRE

1. Hydrodynamique des écoulements à surface libre

2. Ecoulement uniforme

3. Dimensionnement des canaux à surface libre

4. Ecoulements graduellement variés

5. Ecoulements brusquement variés

6. La section de contrôle

7. Etude de quelques singularités

17.04.16 3
REFERENCES
■ Biaou, Chabi Angelbert. 2009. Cours d'Hydraulique à Surface Libre. Ouagadougou : 2iE, 2009.
■ Carlier, Michel. 1972. Hydraulique Générale et Appliquée. Paris : Eyrolles, 1972.
■ Class, Holger et Walter, Lena. 2011. Environmental Fluid Mechanics ‐ Part I : 
Hydromechanics. Stuttgart : Universität Stuttgart, 2011.
■ Dufresne, Matthieu et Vazquez, José. 2013. Hydraulique pour le technicien et l'Ingénieur. 
Strasbourg : ENGEES, 2013.
■ Graf, Walter et Mustafa, Altinakar. 1998. Hydraulique Fluviale. Lausanne : Presses 
Polytechniques Romandes, 1998.
■ Idel'Cik. 1969. Memento de pertes de charges. Paris : Eyrolles, 1969.
■ Lencastre, A. 1996. Hydraulique Générale. Paris : Eyrolles, 1996.
■ Mar, Amadou Lamine. 2004. Cours d'Hydraulique ‐ T2: Ecoulements à Surface Libre. s.l. : 
Groupe des Ecoles EIER‐ETSHER, 2004. Vol. 1.
■ Mounirou, Adjadi Lawani. 2014. Essentiel d'Hydraulique Générale. Ouagadougou : 2iE, 2014.
■ Te Chow, Ven. 1959. Open Channel Hydraulics. s.l. : McGraw‐Hill, 1959.
17.04.16 4
Chapitre I

HYDRODYNAMIQUE DES 
ECOULEMENTS À SURFACE LIBRE
01. GENERALITES
Domaines d’application

17.04.16 6
01. GENERALITES
Définition des écoulements à surface libre
■ Ecoulements semblables aux
écoulements en charge (lois de
conservations identiques)

■ Particularité : existence d’une surface


libre : surface de contact entre
l’écoulement et l’air libre, à pression
atmosphérique :
■ Débit d’écoulement défini par la
pente
■ Mais pas par le gradient de
pression (comme dans le cas des
écoulements en charge)

17.04.16 7
01. GENERALITES
Classification des écoulements à surface libre (1/2)

■ Paramètres : débit et hauteur d’eau


■ Hypothèses : Ecoulement 1D (uni-dimensionnel) et conservatif
■ Variables : temps et position

■ Classification des écoulements suivant le temps


■ Permanent (Q constant dans le temps à une section de référence)
■ Non permanent (Q variant dans le temps à une section de référence)

■ Classification des écoulements suivant la position


■ Uniforme (et conservatif) : et y
■ Varié : et y f x
■ Ecoulements Graduellement Variés (EGV)
■ Ecoulements Brutalement Variés (EBV)
17.04.16 8
01. GENERALITES
Classification des écoulements à surface libre (2/2)

Ecoulement permanent Ecoulement non permanent

Ecoulements uniformes et variés (régime permanent et conservatif)

17.04.16 9
01. GENERALITES
Forme géométrique

rectangle Trapèze

Parabole

Triangle Cercle

17.04.16 10
01. GENERALITES
Paramètres géométriques et hydrauliques

■ Largeur au radier :
■ Fruit de berges :
■ Tirant d’eau :
■ Largeur en miroir (en gueule) :
■ Section mouillée :
■ Périmètre mouillé :
■ Rayon hydraulique : /
■ Diamètre hydraulique : 4
■ Profondeur hydraulique : /
■ Profondeur du centre de gravité :
■ Pente de fond : tan
17.04.16 11
01. GENERALITES
Eléments géométriques de formes paramétrées (tiré de Mar, 2004)

17.04.16 12
02. EQUATION DE CONTINUITE
Principe de conservation de masse (1/2)

■ Equation de continuité : équation fondamentale de la mécanique des


fluides
« la variation de la masse fluide contenue dans un volume
donné pendant un certain temps est égal à la somme des masses
fluides qui y entrent, diminuée de celles qui en sortent »

17.04.16 13
02. EQUATION DE CONTINUITE
Principe de conservation de masse (2/2)

■ La variation de volume pendant le temps :

■ Entraîne la variation de la surface libre dans la même durée :

■ En égalisant les expressions, et en faisant l’hypothèse d’un régime permanent :

0⇒ 0⇒

17.04.16 14
03. VITESSE D’ECOULEMENT
Dimensionnalité et directionnalité de l’écoulement

Ecoulement 
tridirectionnel
, , Ecoulement 
bidirectionnel
,

Les calculs en hydraulique supposent le 
plus souvent un écoulement  Ecoulement 
unidirectionnel et unidimensionnel! unidirectionnel

17.04.16 15
03. VITESSE D’ECOULEMENT
Répartition de vitesse dans la section d’écoulement

La vitesse n’est pas constante dans la 


section et est maximale à 
approximativement 25% en dessous de la 
surface libre.
Ven Te Chow
(1914‐1981)

Influence de la 
rugosité des 
parois du 
canal sur le 
profil vertical 
de vitesse
(Chow, 1959)

17.04.16 16
03. VITESSE D’ECOULEMENT
Vitesse moyenne en section de canal

■ La vitesse moyenne en canal :

■ Cependant, la distribution de vitesse n’est pas


uniforme dans la section.

1 1
. .
Équation 2D Équation 1D

■ Quelques relations empiriques existent :


■ , (Prony)
■ 0,5 , , (USGS) Gaspard de Prony
■ , (cf. Graf, 1996) (1755‐1839)

17.04.16 17
03. VITESSE D’ECOULEMENT
Vitesses limites

■ La conception des canaux à ciel ouvert est parfois régie par des
contraintes de vitesse

■ La vitesse d’écoulement doit assurer des fonctions particulières :


■ Auto-curage (ou auto-entretien)
■ Préservation de la stabilité structurale (érosion) du canal

■ En conséquence, la vitesse moyenne d’écoulement ne doit être


ni trop faible, ni trop élevée

17.04.16 18
03. VITESSE D’ECOULEMENT
Vitesse minimale

■ Afin d’éviter les dépôts des matériaux en suspension, on choisit


une vitesse moyenne supérieure à une vitesse minimale donnée par
la formule de Kennedy (1963) :

■ Alternativement, on peut adopter une forme de canal pour les


faibles débits

17.04.16 19
03. VITESSE D’ECOULEMENT
Vitesse maximale

■ Elle est définie pour préserver la stabilité du canal contre


l’érosion par affouillements. Elle est définie sur la base de deux
approches :
■ Sur la base du matériau formant le lit du chenal
■ L’approche par la contrainte tractrice

■ Soit la contrainte tractrice . On définit alors:


■ au fond
■ sur les parois

On adoptera des conditions d’écoulement telles que


les contraintes maximales et  soient inférieures
à une contrainte critique  de destructuration du 
matériau du canal

17.04.16 20
03. VITESSE D’ECOULEMENT
Valeurs indicatives

■ Vitesses minimales : on admet , / pour les limons fins et


, / pour les sables

■ Vitesses maximales définies suivant la nature des parois

Nature des parois Vitesses maximales admissibles


(m/s)

Terre détrempée 0,10 0,15 0,08


Argiles 0,25 0,30 0,15
Sables 0,50 0,60 0,30
Graviers 0,95 1,25 0,70
Roches stratifiées 2,25 2,75 1,80
Roches compactes 3,70 4,25 3,15
17.04.16 21
03. VITESSE D’ECOULEMENT
Diagramme de Hjulström (1935)

Si le matériau en place forme le canal a une granulométrie connue, 
Diagramme définissant  et  peuvent être choisis sur la base du diagramme de Hjulström
l’état d’un grain, en 
fonction de sa taille et 
de la vitesse de 
l’écoulement.

Henning Filip Hjulström
(1902‐1982)

17.04.16 22
04. REGIMES D’ECOULEMENT
Effet des forces de viscosité

■ Elle est exprimée à travers le nombre de Reynolds, en utilisant


comme longueur caractéristique le diamètre hydraulique

/ 4
, 4 ,
/

■ Permet de classifier l’écoulement en trois régimes:


■ Laminaire : 500
Osborne Reynolds
■ Transitoire : 500 1000 (1842 – 1912)
■ Turbulent : 1000

■ Cette classification a peu d’importance en HSL, les écoulements


étant rarement laminaires

17.04.16 23
04. REGIMES D’ECOULEMENT
Effet des forces de gravité

■ Nombre adimensionnel
exprimant le rapport entre la
vitesse moyenne et la
vitesse de propagation des
petites ondes gravitaires
(1861)

■ Permet de distinguer trois


régimes d’écoulement :
■ Fluvial : 1 William Froude
(1810 – 1879)
■ Critique : 1
■ Torrentiel : 1
17.04.16 24
05. PRESSION
Répartition de pression

■ En un point M dans un écoulement,


la pression effective est :

cos

■ En admettant que la pente de fond


est faible ( 10%, cos 1), il
advient que , d’ou :

cos

17.04.16 25
05. PRESSION
Répartition de pression : cas des courants courbes

■ Dans le cas d’un écoulement se produisant sur un fond courbe, une


accélération centrifuge de masse / est introduite, induisant une force
d’inertie supplémentaire : la distribution de pression n’est plus
hydrostatique

■ L’accélération / est positive sur fond concave (+) et négative sur


fond convexe (-). L’expression de la pression sur le fond est :

Sur fond concave, la pression sur le fond est 
abaissée et peut devenir inférieure à  , 
entrainement un décollement du fond.

Sur fond convexe, la pression sur le fond 
est augmentée. Cela accentue l’érosion du 
fond de la convexité

17.04.16 26
06. ENERGIE HYDRAULIQUE
Charge hydraulique

■ La charge hydraulique en un point M : ⁄ ⁄2

■ La charge moyenne dans la section devient alors :

1
2

■ est le coefficient de Coriolis, de valeur comprise entre 1,03 et


1,36 suivant la rugosité des parois (Chow, 1959). On retient
généralement la valeur de 1.

17.04.16 27
07. REVÊTEMENT
Définition et propriétés

■ Les fonctions assurées par le


revêtement :
■ Réduction des pertes en eau par
infiltration
■ Maximisation du débit, par réduction
de la rugosité des parois
■ Minimisation de l’effet de l’érosion

■ Quelques exemples de matériaux de


couverture :
■ Béton, asphalte, ciment,
■ Bois,
■ Matériau pulvérulent, graviers,
rochers, etc…

17.04.16 28
Chapitre II

ECOULEMENT UNIFORME
01. ECOULEMENT UNIFORME
Définition et hypothèses

■ Un écoulement est dit uniforme lorsque les filets de courants sont


rectilignes et parallèles, avec un profil de vitesse constant
suivant le profil en long,
■ Le débit , la vitesse et le tirant d’eau sont constants

■ Propriétés de l’EU :
■ Canal prismatique (section constante)
■ Vitesse moyenne constante d’une section à l’autre
■ Distribution de pression hydrostatique
■ Surface libre parallèle à la pente de fond

17.04.16 30
01. ECOULEMENT UNIFORME
Mise en équation

■ Application de la 2nde loi de Newton : ∑

0 (canal prismatique)
sin

1 (écoulement uniforme)

2
→ 0 ⇒ sin

datum

17.04.16 31
01. ECOULEMENT UNIFORME
Equation de Chézy (1768)

■ Postulat de Chézy :

■ Il vient alors que :

Antoine de Chézy
(1718 – 1798)
■ C [m1/2.s-1] est la constante de Chézy et dépend :
■ De la forme de la section
■ De la rugosité
■ Des conditions d’écoulement
17.04.16 32
01. ECOULEMENT UNIFORME
Formulations empiriques de la constante de Chézy

■ Kutter (1869)
100

■ Bazin (1897)
87

■ Powell (1950), logarithmique et implicite en C

2 log
4
17.04.16 33
01. ECOULEMENT UNIFORME
Formulation de Bazin de la constante de Chézy

Nature de la paroi

0,06 Parois très unies (ciment lissé)
0,16 Parois unies (planches, briques, pierres de taille)
0,46 Parois en maçonnerie
0,85 Parois en terre bien régulières
1,30 Parois en terre ordinaires
1,75 Parois en terre et fond de galets ou herbes
Valeurs du coefficient  dans la formulation de 
Bazin du coefficient de Chézy (1897)

Henri Bazin
(1829 – 1927) 87

17.04.16 34
01. ECOULEMENT UNIFORME
Formulation de Gauckler-Manning-Strickler de la constante de Chézy

■ Gauckler (1867) relie le coefficient de Chézy à

■ Puis, Manning (1889) et Strickler (1891) proposent


une approche similaire :

/ / Albert Strickler
(1887‐1963)

■ D’où la formule très usitée de Manning-Strickler :

/ /

Robert Manning
(1816‐1897)
17.04.16 35
01. ECOULEMENT UNIFORME
Estimation du coefficient de rugosité de Manning-Strickler (1/2)

■ Le matériau de couverture est connu : la valeur de ou est


prise dans les tables qui les définit suivant la nature du matériau

■ Le débit , la pente et le rayon hydraulique sont connus : la


rugosité est approchée expérimentalement par jaugeage

■ Le revêtement est constitué de matériau non-cohérents : ou


est approché de manière empirique :


1 / 1 /
26 0,041 0,038

17.04.16 36
01. ECOULEMENT UNIFORME
Estimation du coefficient de rugosité de Manning-Strickler (2/2)

Nature du cours d’eau
Petits torrents de montagne à fond très irrégulier 23 à 26
Cours d’eau de montagne de 30 à 50m de large, pente supérieure à  27 à 29
0.002, fond de graviers atteignant 10 à 20 cm.
Cours d’eau de montagne de 50m et plus de large, pente comprise entre  30 à 33
0.0008 et 0.002, fond de graviers ne dépassant que rarement 10 cm.
Rivières à fond de graviers de 4 à 8 cm et de pente 0.0006 à 0.0008 34 à 37
Rivières à fond de graviers inférieurs à 4 cm et de pente 0.0006 à 0.0008 38 à 40
Rivières à fond de sable ou petits graviers et de pente 0.0006 à 0.00025 41 à 42
Cours d’eau peu turbulents, pente faible de 0.00012 à 0.00025, fond de  43 à 45
sable et de vase
Très grands fleuves à très faible pente inférieure à 0.00012 et à fond très  46 à 50
lisse

Valeurs estimatives de  pour les cours d’eau naturels 
(CEMAGREF)
17.04.16 37
01. ECOULEMENT UNIFORME
Rugosité des sections composites

■ Les vitesses dans les sous-sections sont


différentes

, ,

■ La vitesse dans les sous-sections sont proches


de la vitesse moyenne U. D’où l’expression de
rugosité équivalente (Einstein,1934)

é
∑ /
Hans Albert Einstein
(1904‐1973)

17.04.16 38
01. ECOULEMENT UNIFORME
Problème typique : Calcul d’un débit

■ Pour un canal, le tirant , la pente , les dimensions , , et la


rugosité sont connus. Nous souhaitons estimer le débit

■ On utilise la formule de Manning-Strickler

Ou l’écriture équivalente :

17.04.16 39
01. ECOULEMENT UNIFORME
Problème typique : calcul d’une profondeur normale

■ Pour un canal, supposons , , les dimensions caractéristiques ( ,


, ) et rugosité sont connus. Il s’agit d’estimer le tirant d’eau

■ L’écoulement est uniforme : est alors appelé profondeur normale


(noté ) et est déduit de l’équation de Manning-Strickler par la
méthode de la débitance.

■ Alternativement, il est possible d’employer la méthode de l’abaque ou


des méthodes de convergence (point fixe, Newton-Raphson,…)

17.04.16 40
01. ECOULEMENT UNIFORME
Calcul explicite de en canal rectangulaire

■ Achour et Bédjaoui (2006) proposent une formulation explicite pour


le calcul de la profondeur normale en section rectangulaire

4 4 16 4 896

5 5 5 5 5

Bachir Achour

17.04.16 41
01. ECOULEMENT UNIFORME
Calcul explicite de en canal trapézoïdal

■ Vatankhah (2013) propose une formule explicite pour le calcul de


en section trapézoïdale (avec une erreur maximale 0,25%)

1
4 ∗ 1
1

,
0,885 ∗ 0,98 1 ,
∗ 1,05

,
1 1 ,
1 ∗ 1
2 2
Ali R. Vatankhah

17.04.16 42
01. ECOULEMENT UNIFORME
Calcul explicite de en canal circulaire

⁄ ⁄
■ On définit le débit adimensionnel

■ Hager (1985) propose une approximation :


3 7
Valable : 1
4 12
• si 0,2 ⁄ 0,95 ( 5%)
• Ou si 0,4 ⁄ 0,95 3% ⁄

, ,

■ Achour (2013) propose une meilleure approximation :

, Valable si ⁄ 0,75
, et  0,2842

17.04.16 43
01. ECOULEMENT UNIFORME
Abaque de calcul de (tiré de Mar, 2004)

17.04.16 44
01. ECOULEMENT UNIFORME
Variation de l’énergie le long d’un courant

■ Dans un écoulement en charge, la singularité provoque une


diminution du débit.
■ Dans un écoulement en surface libre, malgré la présence d’une
singularité, le débit reste constant, mais l’écoulement devient
localement non uniforme
■ Exemple d’un seuil : économie d’énergie en amont du seuil,
puis déperdition en aval du seuil

17.04.16 45
Chapitre III

DIMENSIONNEMENT 
DES CANAUX À SURFACE LIBRE
01. CRITERES D’IMPLANTATION
Choix de forme

■ La section semi-circulaire est la plus


économe, mais demande une plus
grande profondeur. Elle est surtout
employée pour les aqueducs en demi-
buse (non enterrés) en irrigation.

■ La section rectangulaire doit être


excavée dans un sol stable, car elle
présente le risque éboulement des
parois si la profondeur est grande.

■ La section trapézoïdale est la plus


utilisée. Les cavaliers sont
confectionnés avec les déblais et les
banquettes sont aménagées lorsque la
profondeur est grande.

17.04.16 47
01. CRITERES D’IMPLANTATION
Fruit des berges

■ Le fruit de berges doit être inférieur à l’angle de talus naturel


lorsque le canal est confectionné avec le matériau en place.

■ On notera que plus le matériau est lâche, plus le fruit de berges


est élevé.

Nature du terrain
Roche ferme, maçonnerie ordinaire 0 à 0,25
Rocher fissuré, pierre sèche 0,5 Quelques valeurs 
pratiques du fruit de 
Argile 0,74 berges pour les chenaux 
Alluvions compacts 1 naturels
Terre ordinaire, sable grossier 2
Terre remuée, sable fin 2,5 à 3

17.04.16 48
02. DIMENSIONNEMENT SIMPLE
Algorithme de calcul simplifié

■ Objectif : écouler un débit à travers une section dont les


dimensions et le tirant d’eau sont à définir.

■ Hypothèse : écoulement uniforme.

■ Algorithme simplifié :
■ Choisir d’une forme de canal (trapézoïdal, circulaire,…)
■ Choisir d’un revêtement pour la définition de la rugosité
■ Soit fixer (trapézoïdal) ou (circulaire) et déterminer par
itération,
■ Ou, fixer et déterminer par itération

■ Infinité de solutions possibles.


17.04.16 49
03. SECTION « ECONOMIQUE »
Section Hydrauliquement Favorable (SHF)

■ SHF : section minimisant et , de sorte à maximiser sur une pente


donnée ou section minimisant pour un débit donné.

■ Elle est dite « économique », mais ne constitue pas toujours la


meilleure solution lorsqu’il existe des contraintes:
■ De type terrain horizontal
■ De type profondeur limite
■ De type vitesse limite d’écoulement

■ La section circulaire (cas I) est déjà économique par essence. Mais la


section trapézoïdale (cas II) nécessite des relations particulières entre
ses dimensions pour être « hydrauliquement favorable ».

■ La SHF ne tient pas compte de la revanche


17.04.16 50
03. SECTION « ECONOMIQUE »
Cas I : section circulaire

■ Pour la section circulaire et


■ Conséquence : et

■ La fonction S est croissante avec points


d’inflexion, tandis que la fonction P est
croissante et linéaire.

■ De ce fait, et ne sont pas atteints


à la même profondeur

■ Il apparait donc deux situations optimales


pour la section circulaire hydrauliquement sin
favorable 8
■ SHF pour la vitesse
■ SHF pour le débit
2
17.04.16 51
03. SECTION « ECONOMIQUE »
SHF circulaire – vitesse maximale

■ En utilisant l’équation de Manning Strickler :

■ La vitesse est maximale pour :

Condition de vitesse maximale :
4,493 257, 453 °

17.04.16 52
03. SECTION « ECONOMIQUE »
SHF circulaire – débit maximum

■ En utilisant l’équation de Manning et Strickler :

■ Le débit est maximal pour :

Condition de débit maximal :
5,278 302,413 °

17.04.16 53
03. SECTION « ECONOMIQUE »
SHF circulaire : abaque

17.04.16 54
03. SECTION « ECONOMIQUE »
Valeur pratique pour le dimensionnement des sections circulaires

Qmax. H
2r = D
1.88 r
En général on évite
Umax. Rh(H)
de réaliser les SHF
1.63 r
en section circulaire Niveau 1.5 r
car avec les taux de pratique
remplissage atteints 15 %
Q(H)
( 94% à et r = D/2
81,5% à ), la
conduite peut se V(H)
mettre en charge.  = 302° 0.5 r
 = 258°

 = 240°
0

On retiendra plutôt un taux de remplissage de 75% ( 340 ° ).


La perte de débit sera de 15% par rapport à .
17.04.16 55
03. SECTION « ECONOMIQUE »
Cas II : section trapézoïdale

■ La section et le périmètre dependent des variables et . Minimiser et


implique 0 et 0

, 0⇒ 2 0

, 2 1 0⇒ 2 1 0

■ La solution non triviale (0,0) existe si le déterminant est nul. D’où la solution :

2 ⁄2 2 1

/ /

/
⇒ /

2 2

/ /

17.04.16 56
03. SECTION « ECONOMIQUE »
Cas II : section trapézoïdale – propriétés géométriques

■ Une section trapézoïdale et hydrauliquement favorable a ses


trois côtés tangents à un demi-cercle inscrit de centre et de
rayon
On montre que, pour la SHF :
1
sin
1
1 et 2
2 2
sin

2
⇒ sin
1

17.04.16 57
03. SECTION « ECONOMIQUE »
Cas II : section trapézoïdale – fruit de berges optimal

■ Le fruit de berges optimal pour une SHF trapézoïdale est celle qui
fait de la section un semi-hexagone, soit °

■ Il est obtenu en retenant la solution non triviale ( 0) qui annule la


dérivée du périmètre , pour variant :

2
2 2 1 0
1

⇒ °

■ Attention! Le fruit de berges optimal n’est pas toujours la meilleure


option
17.04.16 58
04. CALCUL DE SECTION AVEC CONTRAINTES
Section trapézoïdale avec vitesse limite

■ Contrainte : Il existe une vitesse maximale

■ Le couple solution , doit vérifier l’équation : /

■ On définit le discriminant ∆ 4 .
■ ∆ 0 : pas de solution. Diminuer et reprendre.
■ ∆ 0 : solution unique : la SHF: /2
■ ∆ 0 : retenir une solution pratique entre les deux suivantes:




17.04.16 59
04. CALCUL DE SECTION AVEC CONTRAINTES
Calcul d’une pente limite pour section trapézoïdale avec vitesse maximale

■ La pente d’écoulement optimale est à définir, ainsi que la section, mais pour
une vitesse maximale déjà fixée.

■ Si est optimale, la section est alors hydrauliquement favorable pour écouler


le débit de manière efficace. D’où l’écriture :
2 1

■ De l’équation de Manning-Strickler, il vient que :

⁄ ⁄ ⁄

17.04.16 60
04. CALCUL DE SECTION AVEC CONTRAINTES
Calcul d’une pente limite pour section trapézoïdale avec ou fixé

■ La pente d’écoulement optimale est à définir, mais l’une des dimensions ou


est fixée, ainsi que la vitesse . Il vient alors que :

0
■ La solution est de la forme :

■ De l’équation de Manning-Strickler, nous déduisons :

17.04.16 61
05. SYNTHESE DU CALCUL DE SECTION
1.10 – Principes de calcul

■ L’esprit du dimensionnement de section est de remplir les conditions


suivantes :
1. Minimiser l’emprise de l’ouvrage
2. Minimiser la profondeur de fouille
3. Minimiser la section de l’ouvrage
4. Réaliser une vitesse d’écoulement ni trop faible, ni trop élevée

■ En général, on essaiera le plus souvent de :


■ Satisfaire les conditions 3 et 4 en premier,
■ Revoir les dimensions afin de satisfaire les conditions 1 et 2 (si
besoin est)
■ Jouer la pente pour satisfaire la condition 5 (si besoin est).

17.04.16 62
Chapitre IV

ECOULEMENTS GRADUELLEMENT 
VARIES
01. ECOULEMENTS VARIES
Définition

■ Les écoulements variés se rencontrent dans les rivières au profil irrégulier, près des
singularités en canal et en zone de transition entre deux écoulements uniformes.

■ Ils sont caractérisés par une variation de la hauteur d’eau entre deux sections.
■ Les écoulements graduellement variés (EGV)
■ Les écoulements brusquement variés (EBV)

17.04.16 64
02. CARACTERISATION DES EGV
Hypothèses et propriétés

■ Les EGV se caractérisent par une variation « lente » et « continue » de la ligne


d’eau, soit en exhaussement ou en rabaissement.

■ Dans l’étude des EGV, on admet les hypothèses suivantes :


■ La courbure des lignes de courant est suffisamment faible pour être négligée
■ La distribution de pression reste hydrostatique
■ Le coefficient de Coriolis reste constant

■ La loi de débit par Manning-Strickler s’écrit désormais :

17.04.16 65
03. ENERGIE DES ECOULEMENTS
Charge moyenne et charge spécifique
■ Soit l’énergie totale H :

/ ∆

■ La charge diminue toujours dans y1


le sens de l’écoulement
y2
■ est décroissante

■ La charge spécifique est la


charge moyenne ramenée au fond du
canal x

17.04.16 66
04. ENERGIE SPECIFIQUE
Variation de suivant

■ Etudions la variation de suivant le profil en long du canal :

■ En écoulement uniforme, : est constante.

■ En écoulement non uniforme, :


■ If , augmente, diminue.
■ If , diminue, augmente.

17.04.16 67
04. ENERGIE SPECIFIQUE
Variation de suivant pour un débit Q donné (1/2)

■ Pour un débit fixé :


■ Si → 0, S → 0 donc →∞
■ Si → ∞, → ∞ donc → →∞
■ Aussi, si → ∞, ⁄ → 1, donc → (asymptote)

■ On établit l’expression :

1 1

■ est minimale pour 1 : c’est le régime critique.

17.04.16 68
04. ENERGIE SPECIFIQUE
Variation de suivant pour un débit Q donné (2/2)

17.04.16 69
04. ENERGIE SPECIFIQUE
Propriétés de la charge spécifique

■ Pour qu’il y ait écoulement d’un débit , une charge spécifique


minimale est nécessaire. C’est la charge spécifique au régime
critique.

■ Pour une charge spécifique , le débit est écoulé sous


deux régimes possibles :
■ 1 : fluvial (potentiel élevé, cinétique faible)
■ 1 : torrentiel (potentiel faible, cinétique élevée)

■ Le régime critique 1 est un régime de transition,


instable, qui apparaît généralement aux sections de contrôle.

17.04.16 70
04. ENERGIE SPECIFIQUE
Charge spécifique critique (1/2)

■ À la profondeur critique :

1
1

■ On en déduit donc :

17.04.16 71
04. ENERGIE SPECIFIQUE
Charge spécifique critique (2/2)

sin 2
8 sin
2

17.04.16 72
04. ENERGIE SPECIFIQUE
Variation de pour une énergie spécifique fixée (1/2)

■ Pour une charge spécifique fixée , étudions la variation du débit


avec la hauteur d’eau

■ On en déduit le comportement suivant aux limites :


■ → 0, → 0, →0
■ → , →0

■ Le graphe est parabolique et admet un maximum pour

0⇒ 1⇒

17.04.16 73
04. ENERGIE SPECIFIQUE
Variation de pour une énergie spécifique fixée (2/2)

Ainsi, pour une énergie
spécifique fixée, le débit est
maximal lorsque le régime 
est critique. La hauteur d’eau
correspondante est appellée
“tirant d’eau critique” 

17.04.16 74
05. REGIME CRITIQUE
Propriétés

■ L’écoulement critique
présente les propriétés
suivantes :

■ Il transporte un débit
avec une charge
spécifique minimale

■ Pour une énergie


spécifique fixée, il
transporte le débit
maximal

17.04.16 75
05. REGIME CRITIQUE
Calcul de la profondeur critique

■ La profondeur critique est obtenue par résolution de la condition


critique 1. Cette équation est en
général résolue par la 
1⇒ 1⇒ méthode des itérations
successives dans le cas des 
sections trapézoïdales
et circulaires
■ Canaux rectangulaires :

La profondeur critique reste
2 indépendante de la pente
■ Canaux triangulaires :

■ Canaux circulaires : 1 cos sin 8 sin


2 2 2

17.04.16 76
05. REGIME CRITIQUE
Calcul explicite de en section trapézoïdale

■ Vatankhah (2013) propose la méthode explicite suivante, d’erreur


maximale relative 0,07%, en section trapézoïdale symétrique :

, ,
t 1 1,161 1 0,666

1 1 5 1
2 2 6

Ali R. Vatankhah

17.04.16 77
05. REGIME CRITIQUE
Calcul explicite de en section circulaire

■ En notant l’erreur relative, Hager (1999) propose les


approximations suivantes en canal circulaire :

Valable si 0,3 ⁄ 0,95


Avec une erreur relative   4%

/
Valable si 0,2 ⁄ 0,91
Avec une erreur relative   4%

■ De plus, en posant que le débit réduit ⁄ :

Valable si 0,1 0,75 5 3


4%
Avec une erreur relative   3 2

17.04.16 78
05. REGIME CRITIQUE
Abaque de calcul de (tiré de Mar, 2004)

17.04.16 79
05. REGIME CRITIQUE
Ecoulement à l’approche d’une chute

■ En pratique, il est admis que le tirant d’eau est critique pour un


écoulement à pente faible à l’approche d’une chute.

■ Rouse (1938) et Rajaratnam (1964) ont montré que la hauteur à


l’approche d’une chute est en réalité , à , tandis
que est mesuré à une distance de 3 à 4 en amont de la chute

N. Rajaratnam

17.04.16 80
05. REGIME CRITIQUE
Franchissement d’un déversoir

■ En pratique, il est admis que le tirant d’eau est critique lors du


franchissement de la crête d’un déversoir

Déversoir à seuil épais
L’écoulement au dessus de la crête est 
assimilable à l’écoulement à l’approche 
d’une chute

Déversoir à seuil mince
Le tirant d’eau à la crête est critique

17.04.16 81
05. REGIME CRITIQUE
Pente critique

■ La pente critique est la pente pour laquelle un débit donné s’écoule


en régime uniforme à la profondeur normale critique

■ On ne dimensionne jamais un canal avec une pente critique. Le


comportement de la ligne d’eau y serait imprévisible.

■ La détermination de la pente critique nécessite la résolution simultanée


de la condition critique et de l’équation de Manning-Strickler pour la
section critique.

17.04.16 82
05. REGIME CRITIQUE
Problèmes typiques au régime critique

■ Si l’on cherche la pente critique et que le débit est connu, on


résout la condition critique pour obtenir et l’on déduit de l’équation de
Manning-Strickler la pente

■ Si l’on cherche le tirant critique et que la pente critique est


connue, la résolution itérative de l’équation suivante fournit la solution

17.04.16 83
06. TYPES DE CANAUX
Classification des canaux suivant le type de pente (1/2)

■ Il s’agit d’attribuer une lettre latine à un bief de canal, obtenue en faisant la


comparaison entre et , ou entre et , ou entre et 1

Signe de la  Pente Tirant d’eau Notation Notation Type de canal


pente Française anglaise

F : fluvial M : mild Canal à pente faible

C : critique C : critical Canal à pente critique


T : torrentiel S : steep Canal à pente forte
0 →∞ H : horizontal H : horizontal Canal horizontal
0 ? A : adverse A : adverse Canal à contre pente

17.04.16 84
06. TYPES DE CANAUX
Classification des canaux suivant le type de pente (2/2)

Pente forte (
Canal de type T Pente adverse  0
Canal de type A

Pente nulle  0
Pente faible ( Canal de type H
Canal de type F

Pente critique (
Canal de type C

Attention: ne pas confondre le type de canal à  Pente critique 
l’écoulement qui s’y produit. Il est possible d’avoir un 
EGV fluvial en canal T, ou un EGV torrentiel en canal F

17.04.16 85
07. COURBES DE REMOUS
Définition et problématique

■ C’est le profil en long de la surface libre dans un EGV exprimée


en fonction de l’abscisse de la section considérée

■ En canal prismatique, la pente étant constante, elle se réduit à la


fonction analytique . Son expression n’est pas connue à
priori et reste difficilement approchable. Mais sa dérivée / reste
connue.

■ Pour un EGV, on compare la position du tirant d’eau varié aux


tirants d’eau et . On en déduit les 3 cas suivants :
■ est au dessus de et de : zone 1
■ est compris entre et de : zone 2
■ est en dessous de et de : zone 3

17.04.16 86
07. COURBES DE REMOUS
Nomenclature

■ En associant le type de canal à la position de la ligne d’eau, on


établit l’existence de 13 profils différents de lignes d’eau.

■ Fluvial : ,
■ Critique : ,
■ Torrentiel : ,
■ Horizontal :
■ Adverse :

NB: Le est sujet à controverse!

■ Pas de remous de type (car → ∞) et de type (car ?)

17.04.16 87
07. COURBES DE REMOUS
Courbes en canal de classe F (ou M)

Courbes de remous en canal à pente faible (type F ou M)
17.04.16 88
07. COURBES DE REMOUS
Courbes en canal de classe T (ou S)

Courbes de remous en canal à pente forte (type T ou S)
17.04.16 89
07. COURBES DE REMOUS
Courbes en canal de classe C

Courbes de remous en canal à pente critique (type C)
17.04.16 90
07. COURBES DE REMOUS
Courbes en canal de classe H

Courbes de remous en canal à pente nulle (type H)
17.04.16 91
07. COURBES DE REMOUS
Courbes en canal de classe A

Courbes de remous en canal à pente adverse (type A)
17.04.16 92
07. COURBES DE REMOUS
Comportement de la ligne d’eau aux limites

■ Les limites des zones 1,2 et 3 sont : 0, , ∞

■ Quand → 0, → et la courbe de remous tend asymptotiquement


vers

■ Quand → , la courbe de remous devient normale à et l’on


observe une variation brusque de la ligne d’eau : il s’agit d’un
ressaut ou d’une chute.

■ Quand → ∞, alors → 0 et ⁄ → : la ligne d’eau tend vers


l’horizontal

■ Quand → 0, on obtient une indétermination de type ∞/∞ qui sera


levée par une condition aux limites définissant l’origine du débit

17.04.16 93
07. COURBES DE REMOUS
Equation dynamique de la ligne d’eau

■ On recherche la dérivée de la fonction caractérisant le profil en long de


la ligne d’eau. Il a été établi les relations suivantes :

■ On en déduit alors que :

■ est donné par la formule de Manning-Strickler en écoulement non uniforme :

17.04.16 94
7. COURBES DE REMOUS
Section de contrôle

■ La résolution de l’équation de la ligne d’eau nécessite une condition


à la limite : c’est la section de contrôle, à l’abcisse où l’on connait
le tirant d’eau

■ Cette section est définie à partir des propriétés hydrauliques de la


singularité occasionnant le remous : déversoir, vanne de fond,
changement de pente, de section, exhaussement ou décrochement du
fond

■ Elle est située à l’aval en EGV fluvial pour les courbes


, , , , , et se calcule de l’aval vers l’amont.

■ Elle est située à l’amont en EGV torrentiel pour les courbes


, , , , , et se calcule de l’amont vers l’aval.

17.04.16 95
07. COURBES DE REMOUS
Méthodes de calcul

■ L’intégration du problème différentiel suivant permet de définir


le profil de la ligne d’eau

1
1

■ Les méthodes de résolution suivantes sont employées:


■ Méthode d’intégration graphique
■ Méthode d’intégration directe (Bresse, Bakhmeteff, Chow,
Silber, Raytchine et Chatelain, Pavlovski,…)
■ Méthode des différences finies

17.04.16 96
07. COURBES DE REMOUS
Méthode d’intégration graphique

■ Soit la fonction

1
■ Le canal étant supposé prismatique :

■ Le calcul est mené par petits pas ∆ constants dont la finesse définira la
précision du résultat. La méthode reste applicable à toutes formes de
section de canal prismatique

17.04.16 97
07. COURBES DE REMOUS
Méthode d’intégration directe de Bakhmeteff (1/5)

■ Méthode applicable à toutes les formes de sections. Elle emploie la


formule de Manning-Strickler pour l’expression de la perte de charge

■ On définit les quantités et qui sont des débitances dépendant


respectivement de l’écoulement normal et de l’écoulement varié

Jean Antoine Charles Bresse Boris Bakhmeteff
1822‐1883 1880‐1951
17.04.16 98
07. COURBES DE REMOUS
Méthode d’intégration directe de Bakhmeteff (2/5)

1 1 1

1 1 1

■ Soit le débit correspondant à la débitance pour l’écoulement varié sur


la pente critique . Il advient alors :

1 1

■ D’où :
1

17.04.16 99
07. COURBES DE REMOUS
Méthode d’intégration directe de Bakhmeteff (3/5)

■ Bakhmeteff fait l’hypothèse que le carré de la débitance varie


comme une fonction puissance du tirant d’eau.

■ Si l’on pose ⁄ et ⁄ alors :

1
1
1

17.04.16 100
07. COURBES DE REMOUS
Méthode d’intégration directe de Bakhmeteff (4/5)

■ A partir de la section de contrôle , , on développe la relation


suivante

, Φ ,
1

■ La fonction , est lue sur la table de Bakhmeteff ou approchée


par le développement limité suivant :

, ,

, ,

17.04.16 101
07. COURBES DE REMOUS
Méthode d’intégration directe de Bakhmeteff (5/5)

■ Algorithme d’application de la méthode de Bakhmeteff


■ Calculer les profondeurs ,
■ En déduire puis /
■ Calculer / et /
■ Calculer l’exposant hydraulique de section
■ Lire sur la table de Bakhmeteff les valeurs , et , ou
les calculer à partir du développement limité de ,
■ Calculer la longueur de la courbe de remous :

, ,

17.04.16 102
07. COURBES DE REMOUS
Détermination de l’exposant hydraulique (1/2)
■ L’exposant hydraulique s’obtient par représentation de la débitance en
fonction du tirant d’eau sur papier bi logarithmique :

■ L’exposant est la moitié de la pente de la droite obtenue

1
ln ln ln ln
2 2 2

■ Quelques valeurs indicatives pour des formes paramétrées :


■ rectangulaire : 2 ≪ , 2,5 2 , 3 ≫
■ trapézoïdale : 3 4
■ triangulaire : 5,3 5,5
■ parabolique : 4
17.04.16 103
07. COURBES DE REMOUS
Détermination de l’exposant hydraulique (2/2)

■ Chow (1959), partant du postulat et en dérivant l’équation


de Manning-Strickler, établit que :

ln 4
2 2
ln 3

■ La relation peut être généralisée pour une section trapézoïdale


sous la forme suivante :

■ L’analyse de la relation précédente montre que ,

17.04.16 104
07. COURBES DE REMOUS
Méthodes des différences finies

■ Elles sont basées sur une subdivision du canal en biefs courts et


une progression par pas de calcul
■ Méthode de variation de profondeurs ou à pas directs : ∆
fixé, ∆ calculé
■ Méthode des tronçons ou à pas standards: ∆ fixé, ∆ calculé

■ Ces méthodes introduisent une erreur systématique d’ordre 2 (∆


ou ∆ selon les cas) mais elles sont suffisamment précises pour
les applications pratiques. Elles ont des variantes sur la manière
d’évaluer les valeurs moyennes sur le bief ∆

■ Nous exposerons ici la méthode des pas directs (cf. Mar, 2004 pour la
méthode des pas standards).

17.04.16 105
07. COURBES DE REMOUS
Méthodes des pas directs

■ Algorithme d’application : soit connu à la section de contrôle

■ Calculer et
■ Pour ∆ , calculer et
■ Calculer ̅ /2 ou ̅ /
■ Calculer ∆ / ̅
■ Passer à la section suivante en prenant et ∆

17.04.16 106
Chapitre V

ECOULEMENTS BRUSQUEMENT 
VARIES
01. ECOULEMENT BRUSQUEMENT VARIE
Définition

■ Un EBV est un écoulement permanent dont les variables physiques


varient très vite (voire de manière discontinue) dans l’espace.

■ Caractéristiques des EBV :


■ Courbure prononcée des lignes de courant (répartition des pressions
non hydrostatique)
■ Coefficient de Coriolis ≫ 1
■ Effet de frottement contre les parois négligeable (distance courte)
■ Surface libre souvent instable et irrégulière

■ Principe d’étude : l’on choisit deux sections englobant l’EBV


■ Théorème d’Euler pour les EBV divergents (dissipation d’énergie) : cas
du ressaut hydraulique
■ Théorème de Bernoulli pour les EBV convergents (sans dissipation
d’énergie) : cas des écoulements sous vanne (cf. section de contrôle)
17.04.16 108
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Illustration (1/2)

Barrage des Trois Gorges, Yangzi Jiang, Chine
17.04.16 109
01. RESSAUT HYDRAULIQUE
Illustration (2/2)

Ressaut en canal rectangulaire en aval d’un déversoir
17.04.16 110
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Définition

■ Un ressaut est une surélévation brusque de la ligne d’eau au


passage d’un écoulement torrentiel à un écoulement fluvial.

■ Les hauteurs d’eau avant et après le ressaut sont appelées


profondeurs conjuguées.

Ressaut circulaire en évier Ressaut aval d’un déversoir sur le fleuve Mississipi
17.04.16 111
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Classification des ressauts sur la base du Froude d’amont

17.04.16 112
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Valeurs caractéristiques

■ Hauteur du ressaut :
■ Rendement du ressaut :

Jan Smetana
■ Perte de charge au ressaut : (1883‐1962)

■ Longueur du ressaut (formules empiriques)


■ Smetana :
■ Safranez : ,
■ Miami District :
■ Hsing et Posey (trapézoïdal) :

17.04.16 113
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Notion d’impulsion (1/3)

■ Soit la quantité notée et appelée impulsion. On pose :

■ Application du théorème des quantités de mouvement entre les


sections et du ressaut :

■ Il y a conservation de l’impulsion au ressaut


17.04.16 114
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Notion d’impulsion (2/3)

■ L’analyse de la fonction montre que :


■ Si → 0, → 0 et →∞
■ Si → ∞, → ∞ et →∞

■ La fonction étant positive et continue sur 0, ∞ elle admet


nécessairement un minimum.

0⇒ 1 é

■ Au régime critique, l’impulsion est minimale.


17.04.16 115
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Notion d’impulsion (3/3)

■ Un débit donné peut s’écouler


sous deux profondeurs
(torrentiel) et (fluvial) qui sont
des profondeurs conjuguées
au sens du ressaut

■ Ce principe est utilisé pour la


résolution graphique du
calcul d’une profondeur
conjuguée par le ressaut

17.04.16 116
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Réajustement de l’équation d’Euler

■ L’équation de conservation de l’impulsion peut être présentée de la


façon suivante

1 1

■ En posant (avec un coefficient indiquant la position du centre


de gravité de section) on en déduit:

■ Cette forme simplifiée servira à l’écriture de l’équation du ressaut en


canal rectangulaire et triangulaire

17.04.16 117
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Ressaut en canal rectangulaire (1/3)

■ En canal rectangulaire, on définit les relations suivantes :

1

2

■ En posant / , on établit une équation symétrique du 2nd degré :

■ La résolution en ,donne l’expression d’un discriminant toujours positif :

8
∆ 8 1 1 8 0

17.04.16 118
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Ressaut en canal rectangulaire (2/3)

■ La solution physiquement acceptable est l’équation de Bélanger :

■ Ou sa solution duale, obtenue en résolvant le problème en :

Jean‐Baptiste Charles Joseph Bélanger
(1790‐1894)

17.04.16 119
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Ressaut en canal rectangulaire (3/3)

■ Il est alors possible d’écrire des expressions simplifiées du


rendement ressaut et de la perte de charge au ressaut ∆ pour
la section rectangulaire :
■ Rendement du ressaut :

■ Perte de charge au ressaut :

17.04.16 120
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Ressaut en canal triangulaire

■ En canal triangulaire, on définit les relations :

1

3

■ Ce qui permet d’établir la relation suivante :

17.04.16 121
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Ressaut en canal circulaire
■ Soit / le taux de remplissage de section

■ En canal circulaire, Hager (1999) propose une approximation pour le


calcul de la profondeur aval connaissant la profondeur d’amont ,
valable si et seulement si , :
■ on définit les débits réduits et

■ La valeur de est alors donnée par la relation :

17.04.16 122
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Degré de submersion du ressaut

■ Lorsque le tirant d’eau conjugué de l’écoulement torrentiel


amont est inférieur au tirant d’eau normal fluvial d’aval , le
ressaut est dit « submergé ». Le cas échéant, on parlera de ressaut
« libre » .

■ Le facteur de submersion peut être évalué :

Armando Lencastre
(1924 ‐ ?)
■ La longueur du ressaut submergé :
■ Selon Lencastre, 1996 : , ,
■ Selon Rao et Rajaratnam, 1963 : , ,

17.04.16 123
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Position du ressaut (1/4)

■ La position du ressaut est définie suivant la relation entre le point de


contrôle au torrentiel d’amont et le tirant d’eau fluvial normal aval.

■ Soit la hauteur de la veine contractée, son conjugué par le ressaut


et le tirant d’eau normal aval.

■ Cas 1 : on a . Le ressaut se forme au pied de la chute

17.04.16 124
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Position du ressaut (2/4)

■ Cas 2 : on a . Le ressaut se déplace vers l’aval

■ Cas 3 : on a . Le ressaut est noyé.

17.04.16 125
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Position du ressaut (3/4)

■ Dans le cas où le régime uniforme aval arrive à s’établir (bief


aval suffisamment long), on fait l’hypothèse que le ressaut
effectue la connexion avec l’écoulement normal aval.

■ La démarche de résolution est alors la suivante :


■ On évalue par Manning-Strickler la profondeur à l’aval
■ Puisque , conjugué de par le ressaut d’amont, on
déduit par l’équation d’Euler
■ On détermine alors l’abscisse à laquelle la hauteur est
atteinte par la courbe de remous d’amont, en partant de son
point de contrôle amont à la section de contrôle

17.04.16 126
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Position du ressaut (4/4)

■ Si l’écoulement uniforme ne s’établit pas à l’aval, on recherche la


position précise du ressaut à l’intersection entre le conjugué de la
ligne d’eau torrentielle en amont et fluvial en aval

■ Procédure :
■ tracer les lignes d’eau amont et
aval
■ Tracer la conjuguée de la ligne
d’eau amont
■ Définir la droite A’Z’ à
l’intersection à l’amont
■ Calculer la longueur du ressaut

■ Positionner de sorte que


et parallèle au fond
du canal
■ Le ressaut est alors localisé
entre A et Z.
17.04.16 127
02. RESSAUT HYDRAULIQUE
Applications du ressaut hydraulique

■ Le ressaut hydraulique peut être forcé en canal afin de


remplir les objectifs suivants :

■ Dissiper l’énergie à la sortie des évacuateurs de crue et


vannes de fond, afin de limiter l’érosion régressive sur le
talus aval.
■ Augmenter, maintenir, réguler le débit vanné ou
déversé
■ Réaliser une coupure hydraulique dans un
écoulement, de sorte que l’aval n’influence pas l’amont
■ Mixer les produits chimiques dans le traitement de
l’eau
■ Aérer l’eau

17.04.16 128
Chapitre VI

LA SECTION DE CONTRÔLE
01. SECTION DE CONTRÔLE
Définition

■ Il s’agit de toute singularité permettant le passage d’un régime


fluvial au torrentiel.

■ Cela suppose l’existence d’un régime critique localisé au droit de


la section de contrôle où la relation « débit-hauteur » est univoque
■ La section de contrôle est utilisée pour la mesure de débit.
■ La courbe est appelée courbe de tarage

■ Le contrôle d’un écoulement:


■ fluvial se fait à l’aval de cet écoulement
■ torrentiel se fait à l’amont de cet écoulement

■ Nous aborderons le cas des déversoirs et des vannes de fond.

17.04.16 130
02. DEVERSOIRS
Définition (1/2)

■ Considéré comme un orifice incomplet


laissant passer l’eau en nappe par-
dessus.
■ Deux types distincts : frontal, ou latéral

17.04.16 131
02. DEVERSOIRS
Définition (2/2)

■ Le déversoir peut se résumer à une plaque de hauteur appelée


« pelle », obstruant le passage de l’eau.

■ On distingue les déversoirs à seuil mince /2 et les déversoirs à


seuil épais 2 /3 (CETMEF, 2005)

■ Pour un seuil ni mince, ni épais, aucune loi à priori n’étant définie, une
étude spécifique est nécessaire

Déversoir à seuil mince Déversoir à seuil épais
17.04.16 132
02. DEVERSOIRS
Modes de fonctionnement

■ Le déversoir peut fonctionner en écoulement noyé ou dénoyé.


Fonctionnement dénoyé
La hauteur  en amont 
(appelée marnage) est 
entièrement conditionnée 
par le débit  déversé. La 
hauteur aval  n’influence 
pas l’écoulement

Fonctionnement noyé
La côte d’eau à l’aval passe au 
dessus du seuil. La hauteur  en 
amont en alors influencée par le 
débit  et par la hauteur aval  . 
Plus le ratio  / augmente, 
plus l’influence sur le débit est 
grande
17.04.16 133
02. DEVERSOIRS
Formule des déversoirs à seuil mince
■ Pour un déversoir frontal de largeur , le
débit passant au dessus est lié à un
coefficient de contraction :

■ Existence de formules empiriques


spécifiques : Bazin (1898), Rehbock
(1929), Francis, Gourley et Grimp,
Thompson, Cipoletti, Hegly, etc.

■ Le choix de la forme du déversoir se fait


suivant le débit à mesurer :
■ Triangulaire, si 30 /
■ Rectangulaire, si 300 /

17.04.16 134
02. DEVERSOIRS
Formule des déversoirs à seuil épais
■ Pour les seuils épais, il est admis que l’écoulement sur la crête épaisse se fait en
régime critique. Le débit déversé est alors :

■ Cette relation suppose les coefficients (donnés par les tables)


■ , coefficient de débit, représentant les conditions d’amenée
■ , coefficient de vitesse ( 1)

■ Une approche simplifiée ne tenant pas compte des coefficients définis ci-dessus peut
être retenue :

■ Existence d’approches empiriques par Bélanger, Bazin,…

17.04.16 135
03. VANNES
Définition

■ Considéré comme un organe mobile placé de manière frontale (ou


latérale) permettant la régulation de la hauteur d’eau en amont et la
régulation du débit à la sortie d’un réservoir d’eau

17.04.16 136
03. VANNES
Modes de fonctionnement

■ La vanne de fond peut fonctionner en écoulement noyé ou dénoyé.

Fonctionnement dénoyé
Après la vanne, on observe 
un raccordement rapide au 
a) torrentiel normal d’aval 
ou b) fluvial normal d’aval 
par un ressaut

Fonctionnement noyé
On observe un tirant d’eau fluvial aval. 
Cela se produit lorsque le conjugué de la 
hauteur de veine contractée  par le 
ressaut est inférieur au tirant d’eau 
normal aval 

17.04.16 137
03. VANNES
Principe d’étude
■ Soit la hauteur de levée de la vanne et le coefficient de
contraction de l’orifice. La hauteur .

■ Le principe d’étude est alors le suivant : on définit deux sections, l’une


à l’amont immédiat de la vanne et l’autre à la naissance de la veine
contractée et l’on applique le théorème de Bernoulli.

2 2

■ Le fond est supposé plat entre les deux sections (dénivelée quasiment
nulle). Il advient alors que

2 2

17.04.16 138
03. VANNES
Cas d’une vanne rectangulaire dénoyée

■ Pour une section rectangulaire de vanne dénoyée, on a :

2 2
■ On en déduit :

■ En admettant que ≪ , on obtient la relation simplifiée :

17.04.16 139
03. VANNES
Cas d’une vanne rectangulaire noyée

■ Pour une section rectangulaire de vanne noyée, on a :

2 2

■ On en déduit :

■ En admettant que ≪ , on obtient la relation simplifiée :

17.04.16 140
Chapitre VII

ETUDE DE QUELQUES SINGULARITES
01. SINGULARITES
Objectifs d’étude

■ En canal prismatique, le régime d’écoulement reste uniforme, mais


perturbé aux abords des singularités.

■ En écoulement en charge, la singularité entraine une chute


brusque de la ligne de charge. En écoulement à surface libre,
elle modifie la ligne d’eau sur un bief plus ou moins long.

■ Etudier les singularités permettra de :


■ Prévoir un dimensionnement local des ouvrages afin de
contenir les perturbations engendrées par les singularités
■ Modifier les dispositions des singularités de sorte à réduire
les irrégularités de l’écoulement

17.04.16 142
01. SINGULARITES
Types de problèmes

■ Deux situations de calcul peuvent se présenter


■ Cas 1 : le débit est connu. Il s’agit alors de déterminer les sections
de contrôle et de définir la ligne d’eau dans la zone d’influence de la
singularité
■ Cas 2 : le débit n’est pas connu. Il s’agit alors de le déterminer à
partir d’une condition de niveau et de tracer alors la ligne d’eau

■ Divers types de singularités :


■ Changement de pente, de radier, de section
■ Pile de ponts, grille, coudes
■ Passage canal-réservoir, réservoir-canal

■ Nous n’aborderons ici que les changements de pente, les écoulements


dans les courbes et les transitions (cf. Mar, 2004 pour le développement des autres cas)

17.04.16 143
01. SINGULARITES
Leçons tirées de l’étude des EGV (1/2)
■ Pour une charge spécifique donnée correspond
deux tirants d’eau : (torrentiel) et (fluvial)

■ L’écoulement d’un débit nécessite une charge spécifique


minimale critique

■ Les courbes , , , sont des courbes qui permettent


d’augmenter l’énergie spécifique : ⁄ 0

■ Le passage du fluvial au torrentiel nécessite de passer par


une section critique (chute)

■ Le passage du torrentiel au fluvial nécessite un ressaut


hydraulique

17.04.16 144
01. SINGULARITES
Leçons tirées de l’étude des EGV (2/2)

■ Il n’existe pas de courbe de remous qui se raccorde à


un tirant d’eau normal torrentiel en amont :
l’écoulement torrentiel, contrôlé par l’amont, arrive
jusqu’à la singularité, ou au ressaut.

■ Il n’existe pas de courbe de remous qui se raccorde à


un tirant d’eau normal fluvial en aval: l’écoulement
fluvial, contrôlé par l’aval, arrive jusqu’à la singularité ou
au ressaut

17.04.16 145
02. CHANGEMENT DE PENTE
Augmentation de la pente de fond

Remous  (ou  )
Remous  (ou  )

Remous  (ou  )

17.04.16 146
02. CHANGEMENT DE PENTE
Diminution de la pente de fond

Remous  (ou  )
Remous  (ou  )

Remous  (ou  ) et ressaut Ressaut et remous  (ou  )


17.04.16 147
03. COURBES
Dévers transversal de la surface libre d’un écoulement dans une courbe

■ Un écoulement en courbe voit naitre des courants secondaires


impulsant un mouvement hélicoïdal aux masses fluides. Il se crée
alors :
■ Des pertes de charges singulières (négligeables si 2 ou
45°)
■ Un dévers latéral et symétrique de la surface libre de valeur
∆ (surélévation du côté extérieur, abaissement du côté intérieur)


2

17.04.16 148
04. TRANSITIONS
Passage d’une transition

■ Une transition est un bref passage d’un écoulement uniforme à


un autre qui se fait par l’intermédiaire d’un court EBV.
■ Le passage par une section critique n’est pas ici obligatoire.

■ Les transitions sont rencontrées dans le cas d’un changement


brusque de section de canal :
■ Décrochement positif ou négatif d’un seuil au fond
■ Elargissement ou rétrécissement brusque de section

■ Nous traiterons du cas des décrochements de seuils (cf. Graf,


1998 pour les autres cas)

17.04.16 149
04. TRANSITIONS
Décrochement de radier

■ Notons ∆ le décrochement de radier :


■ Dans le cas d’une sous-élévation (abaissement), on a ∆
■ Dans le cas d’une surélévation (exhaussement), on a ∆

■ En admettant que la transition est courte, Rouse (1938) propose de


négliger les pertes de charges entre deux sections très proches
encadrant le décrochement de seuil. D’où l’équation du 3ème degré :

∆ Hunter Rouse
(1906‐1996)
17.04.16 150
04. TRANSITIONS
Décrochement de radier : seuil négatif

■ Pour une charge spécifique


donnée, deux tirants d’eau (fluvial et
torrentiel) sont possibles.

■ L’écoulement n’est possible qu’à la


condition que .

■ La charge spécifique
définira alors deux nouveaux tirants
d’eau possibles selon le type
d’écoulement à l’amont :
■ fluvial : (élévation)
■ torrentiel : (abaissement)

17.04.16 151
04. TRANSITIONS
Décrochement de radier : seuil positif

■ Pour une charge spécifique


donnée, deux tirants d’eau (fluvial et
torrentiel) sont possibles. De plus :

■ L’écoulement n’est possible qu’à la


condition que .

■ La charge spécifique définira


alors deux nouveaux tirants d’eau
possibles selon le type d’écoulement à
l’amont :
■ fluvial : (abaissement)
■ torrentiel : (élévation)
17.04.16 152
04. TRANSITIONS
Calcul de à l’aval immédiat d’un seuil

■ Si , le débit passe entièrement et est donné par la


résolution du théorème de Bernoulli (avec en fluvial ou en
torrentiel).

■ Si , le débit passe entièrement, avec .

■ Si , alors deux cas peuvent se produire :

■ Le débit passe entièrement (pas de contrôle au seuil). Un


exhaussement se produit en amont, et en aval. On calcule
, ∆ et on en déduit ′ y

■ Un débit passe (contrôle au seuil) : pour


avec ′ ′.

17.04.16 153
QUELQUES LOGICIELS…
LOGICIELS
Outils de simulation des écoulements à surface libre

17.04.16 155