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Les pathologies :

D’un point de vue étymologiquement, le terme pathologie est décortiqué en deux parties
“pathos” qui signifie « maladie » et “logos” qui veut dire « étude ». D’un point de vue
architectural et selon Juan Monjo-Carrió7, ce terme est définit comme une « science qui
étudie les problèmes constructifs qui apparaissent aux bâtiments après leur exécution ». Ce
terme désigne donc l’ensemble des lésions d’un bâtiment. Selon leurs origines, les pathologies
peuvent être divisées en deux secteurs : pathologies humides et pathologies structurelles
(tableau I. 1).
Pour identifier ces différentes pathologies, il est indispensable d’effectuer un bon diagnostic
(tableaux I. 2 et I. 3). Pour cela, il s’agira dans un premier temps pour le diagnostiqueur,
d’avoir une connaissance parfaite du bâtiment d’un point de vue architectural, historique et
esthétique. Dans un second temps, il y a lieu d’inspecter le bâtiment lui-même afin d’étudier
les différentes altérations et leur typologie et voir ainsi leur évolution à travers le temps.

Famille Lésions Types

HUMIDES humidité Capillaire, condensation, accidentelle, de


travaux
(PHYSIQUE+CHIMIQUE) saleté Par dépôt, par nettoyage différentiel
Erosion Météorologique
Efflorescence Formation de sel avec cristallisation
oxydation Oxydation superficielle
corrosion Oxydation préalable/Immersion/Aération
différentielle/Paire galvanique

organismes Présence et attaques


d’animaux/Présence de végétaux
érosion Pollution

Structurelles Déformation Tassement/Effondrement/Flambement/


Gauchissement/Flèche
(Mécanique)
Fissure Par charges, par dilatation-contraction
Fissure Par support, par finition
superficiels
érosion Coups et frottements
détachement Finitions continue/Finition par éléments
Tableau I.01 : les différents types de pathologie qui infecte le bâtiment (Source : J. Monjo-Carrio)
Objectif Données
Identification Type de lésion
Date d’apparition
Périodicité

Donnée constructives Document techniques


Eléments constructifs affectés
Matériaux affectés
Cartes et détails graphiques + photos
Echantillons pour tests

Données Localisation de la lésion


environnementales Orientation (façades)
Niveau de pollution environnementale

Données historiques Type de bâtiment, chronologie..


Données historiques
Interventions réalisée
Tableau I.02 : exposé général de la saisie de données (Source : J. Monjo-Carrió 2011)

Système Lésions Etudes Causes


constructif
Humides structurelles In situ Laboratoire Directes Indirecte

Structure
(Différentes
orientations)
Façade
(Différentes
orientations)
Toitures
(Différents
types)
Cloison
(Différents
types)
Installation
(Différents
types)
Tableau I. 3. Etude pathologique pour diagnostic constructif. (Source : J. Monjo-Carrió, 2011)
I. LES PATHOLOGIES HUMIDES DANS LES
BATIMENTS :

L’humidité dans ses aspects les plus divers est responsable de l’apparition de la majorité des
pathologies dans le bâtiment dont la cause est générée essentiellement par la circulation de
L’eau dans la construction ou à l’extérieur de celle-ci. En effet, l’eau est un agent catalyseur
qui peut produire des altérations chimiques autant que physiques et ce, grâce à son aspect
fluide qui lui permet de se dissoudre, se déplacer et de véhiculer des sels minéraux9.
La stagnation et l’empressement de l’eau dans le corps de l’ouvrage à une incidence sur la
qualité des ambiances intérieures et le confort thermique des occupants et pour résoudre ce
problème il faut bien connaitre les causes de l’humidité, donc, remonté à la source du
problème.

Les sources d’humidité dans les bâtiments :

 Remontées capillaires « humidité ascensionnelle »


 Infiltrations de l’eau de pluie
 Humidité de condensation

Figure I. 1 : Origines de l’humidité : repérage schématique sur des murs vues en coupe
Formes Zones concernées Périodes Signes
d’humidité du préférentielles particuliers des
bâtiment des manifestations
manifestations

Humidité Soubassement des murs sur Toute l’année Manifestation de hauteur


l’ensemble du périmètre du uniforme sur tout le
ascensionnelle bâtiment périmètre du bâtiment,
légèrement plus
important le long des
façades à l’ombre et des
murs les plus épais

Infiltrations Tout niveau du bâtiment Manifestation liées Ponctuelles ou


(façade exposée à la pluie) dans le temps aux généralisées selon la
des eaux de précipitations nature du défaut exposé à
pluie atmosphériques la pluie (défaut ponctuel
ou défaut généralisé)

Condensation Tout niveau des bâtiments Par intermittence Quelque fois généralisées
locaux : (liées au sur une ou deux
 soumis à une refroidissement de parois(les plus froide du
production l’air et à son local) mais généralement
abondante de vapeur confinement) ponctuelles
 non chauffés
 dont l’air est confiné

Tableau I. 4 : tableau récapitulatifs des types d’humidités les plus courants (Source :R Collombet)

Les conséquences de l’humidité dans les bâtiments :


On peut observer les dégâts provoqués par l’humidité à des endroits très divers
dans le bâtiment et il se trouve que les zones les plus exposées à ce phénomène
sont celles où il y a un contact direct entre les différents éléments de la
construction dont les matériaux sont de nature différentes.
1. Conséquence de l’humidité sur le sol :
La déstabilisation du sol porteur :
Cette déstabilisation est liée directement au changement de cheminement de l’eau contenue
dans le sol support du bâtiment26, cela peut se produire d’une manière voulue (modification
de la voirie, construction nouvelles …) ou d’une manière accidentelle (une fuite de
canalisations enterrées…).
Détérioration des revêtements du sol :
Dans le cas d’un sol carrelé situé à l’étage, le revêtement peut être abimé ou desquamer à
cause des frottements régulier et des produits utilisés lors de l’entretien constant du bâtiment.
Ces produits contiennent de la soude qui vise principalement le dessus et les coins des
carreaux ainsi que les joints27.

2. Conséquence de l’humidité sur le mur :


Le mur est l’élément qui définit l’intérieur et l’extérieur, protégeant ainsi les occupants des
aléas climatiques et leur offrant ainsi une bonne isolation thermique et acoustique. Mais au fil
du temps, cette résistance diminue et la stabilité de l’ouvrage est mise en péril. Pour
comprendre ces désordres il faut d’abord comprendre l’influence de l’humidité sur chacun des
éléments composant le mur.

L’enduit :
Un enduit en bon état, reflète la stabilité et la pérennité d’un édifice. Mais face aux
intempéries extérieures et plus précisément l’eau (infiltrations directes et remontées
capillaires), il peut présenter des signes d’altérations tels que : le décollement, l'effritement ou
pulvérulence, les efflorescences et les colonisations biologiques28.

Sur la partie portante du mur :


L’eau agit négativement sur la paroi d’un mur notamment sur les matériaux qui la composent
notamment la pierre, la brique et les mortiers. Les deux premiers éléments subissent l’action
mécanique et chimique des intempéries (action directe de la pluie, remontées capillaires).
Ces derniers engendrent des désordres souvent apparents, et influent directement sur l’aspect
extérieur de ces deux matériaux. Nous citerons les désordres les plus courants : la
désagrégation de la brique causées par les remontées capillaires, la desquamation, le
décollement et l’efflorescence de la pierre, fréquent dans les zones humides.

3. La couverture :
La dégradation des solins :
Le solin est un revêtement qui est fait en chaux ou en plâtre et il est mis en place pour remplir
ou calfeutrer les rives pour mieux conserver la couverture du toit. Vu son exposition directe
face aux aléas climatiques et la nature des matériaux qui le composent, le solin absorbe l’eau
et devient gélif, ainsi sous l’effet de du gel et du gel son mortier éclate. Cette exposition direct
face aux intempéries rend le solin vulnérable au fil du temps ce qui provoque son
vieillissement est fini par se dissocier des éléments dont il assure le contacte
La colonisation de la couverture par les végétaux
Le toit d’un bâtiment peut être recouvert de fines particules de poussières, celles-ci associées
à l’humidité peut être le support de plusieurs types de végétaux favorisant leur
développement, notamment des mousses et des lichens ; tout ceux-ci constitue matelas
humide ;
Ces végétaux ont une incidence négative sur le toit, ils peuvent, avec leur micro-racine, causer
des fissures ainsi que des cassures sur la tuile.
II. LES PATHOLOGIES STRUCTURELLE DES
BATIMENTS
Le comportement et la durabilité des éléments qui structurent un bâtiment ancien sont liés aux
matériaux utilisés, à la forme de construction mais aussi aux modifications qu’a subit le
bâtiment au cours de sa vie42. Ces variantes sont des facteurs qui influent sur la pérennité de
l’édifice et qui induisent l’apparition de multiples désordres sur l’ensemble de la structure du
bâtiment et parmi ces pathologies :

1. L’origine des désordres des fondations :


 Diminution de la résistance des sols (sol hétérogène) : lorsque les sols possèdent une
faible résistance ou sont hétérogène, ils peuvent provoquer un tassement au niveau des
fondations ;
 Modification irrégulière des descentes de charges : Lorsqu’une construction subit des
modifications, notamment une surélévation sur une partie de l’étage, cela entraine une
transmission inégales des charges vers les fondations. Cette inégalité entrainera un
tassement différentiel et donc des fissurations au niveau des murs. (Figure I.10)45
 Influence d’une construction voisine (ouverture d’une tranchée): L’excavation en
tranché à côté d’une construction existante peut provoquer la déstabilisation de celle-ci
telle que nous le montre la figure

Figure II.1 : schéma montrant l’influence d’une excavation sur une

2. Les tassements :
Les causes citées plus haut engendrent toutes des tassements différentiels. Ces derniers créent
un déséquilibre et un désordre au niveau des fondations. Il existe plusieurs types de
tassement :
Tassement à l’extrémité d’une paroi :
Dans ce cas le tassement des fondations est à l’extrémité, il se reconnait par l’appariations
d’une fissure à l’extrémité du mur. Ce type de tassement provoque une rotation du mur.
On distingue trois types48 :

 Tassement court : Il a lieu lorsque le rapport 1/h<1/2. L’inclinaison se fait dans le


sens du tassement et l’ouverture des lèvres est située sur le bord vertical, celle-ci a une
allure ½ parabolique

Figure II.12 : schéma explique le tassement court

 Tassement moyenne : Dans ce cas le rapport L/h>1/2 et l’inclinaison se fait


également dans le sens du tassement. Le démarrage de la fissure est vertical et son
ouverture est à son maximum au niveau de la partie médiane avec une inclinaison à 45

Figure II.13 : schéma illustrant un tassement moyen

 Tassement long : il est enregistré lorsque le rapport L/h>1/2. Dans ce cas,


l’inclinaison est à l’opposé du tassement. Le démarrage est vertical, et l’ouverture
maximale des lèvres se situe vers le haut, il est à signalé que la courbure est inversée
par rapport à la direction du tassement
Figure II.14 : schéma montrant un tassement long

Tassement intermédiaire :
Le niveau de tassement des fondations est dans la zone centrale de la paroi, et les
fissures qui apparaissent sont en forme d’arc comme le montre la figure I.1554. Il
existe deux cas de tassement intermédiaire

Figure II.15 : schémas montrant le tassement intermédiaire

 Tassement intermédiaire court : le principal désordre que l’on perçoit est la


formation d’un petit arc de décharge.

Figure II.16 : schéma illustrant un tassement intermédiaire court

Tassement intermédiaire long : si la zone de tassement est longue, une section de mur
va se créer et se désolidariser sur toute la hauteur
Figure II.17 : schéma explicatif de tassement intermédiaire long

Tassement d’une paroi au niveau des baies :

Les tassements différentiels s’expriment d’un trumeau à l’autre et c’est au niveau de la zone
située entre les linteaux et les allèges qu’apparaissent préférentiellement les désordres

Figure II.18: schéma explicatif de tassement de paroi

3. Les Fissurations :

Les pathologies liées aux fondations sont enregistrées au niveau de la superstructure


spécifiquement sur les murs. Celles-ci se manifestent sous forme de fissures de différentes
tailles et d’épaisseurs. Ces fissurations, qui sont pour la plupart le résultat de déformations
structurelles, développent des contraintes dans les matières (composants). Pour cela il est
indispensable d’avoir des connaissances sur les matériaux de constructions utilisés avant de
procéder au diagnostic. Ces fissures peuvent être :

Superficielle : traversant complètement enduit/ou une partie de mur ;


Traversant : traversent le mur dans toute son épaisseur.
Type de Description Causes possibles
fissure

Micro < 0,2 mm : Infiltration douce de l'eau dans et sous l'enduit


maillage très fin pouvant engendrer des problèmes d'humidité dans
fissure et le temps,
superficiel voire de décollement de l'enduit

Fissure fine Entre 1 et 2 Il faut vérifier la stabilité des fissures dans le temps :
mm  les fissures n'évoluent pas après la pose
de témoin, vous pouvez réparer en
fonction de la nature du mur,
 les fissures évoluent, il faut en chercher
les causes et stabiliser la propagation.
Grosse > 2 mm Les causes sont souvent structurelles, il faut
faire venir un professionnel et envisager des travaux
fissure ou de remise en état.
lézarde

Tableau I.05 : Tableau des différents types de fissure