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Domenico Scarlatti (1685-1757)


14 Sonates,
Thibault Cauvin, Guitare

1 Sonate en ré mineur K1 Al l eg ro 2.57

2 Sonate en sol majeur K1 4 Pres to 4.11

3 Sonate en ré mineur K3 4 Larg hetto 2.41

4 Sonate en la mineur K1 4 9 Al l eg ro 2.56

5 Sonate en si mineur K3 7 7 Al l eg ri s s i mo 3.42

6 Sonate en la majeur K2 0 8 Adag i o e Cantabi l e 4.15

7 Sonate en ré majeur K1 7 8 Vi v o 2.18

8 Sonate en mi mineur K11 Al l eg ro 3.12

9 Sonate en ré majeur K3 3 5 Al l eg ro 4.04

10 Sonate en si mineur K2 7 Al l eg ro 3.49

11 Sonate en mi mineur K4 6 6 Andante mo derato 10.11

12 Sonate en sol mineur K6 4 Gav o tta Al l eg ro 2.03

13 Sonate en la majeur K3 2 2 Al l eg ro 3.16

14 Sonate en ré mineur K2 1 3 Andante 8.15

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Chers amis,

C'est en Espagne, sur les terres d'adoption de Domenico Scarlatti, que j'ai eu le bonheur
de préparer ces notes. Scarlatti me suit depuis bien des années et je me suis toujours senti
proche de ses Sonates, brillantes, dynamiques et pleines de malice. Elles se marient si
bien à la guitare, est-ce le résultat de son amour pour le flamenco, du fait qu'il fut l'une
des personnalités de l'évolution musicale espagnole, ou tout simplement d'un heureux
hasard...

J'espère que, comme moi, vous "danserez avec Scarlatti" embarqué par ses œuvres
composées au XVIIIe siècle, mais toujours si actuelles.

Amitiés,
Thibault

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Scarlatti :
14 Sonates

L’art de la fantaisie : les sonates de Scarlatti


Jean-Jacques Velly

Contemporain de Bach, de Haendel, de Rameau et de Vivaldi, Domenico Scarlatti est un


compositeur à part dans l’histoire de la musique, auteur d’une œuvre immense qui semble
s’être figée sur un genre unique. Alors que les compositeurs de son temps s’essayaient à
tous les genres nouveaux qui s’étaient développés depuis le début du XVIIe siècle (opéra,
cantate, sinfonia, concerto…), lui s’est fixé, hormis quelques œuvres de jeunesse en
grande partie perdues, sur un modèle uniforme – celui de la sonate pour clavecin – qu’il a
cultivé tout au long de sa carrière, laissant à la postérité un ensemble exceptionnel de 555
sonates qui, curieusement, malgré la diversité qui y règne, repose toujours sur une même
structure en deux parties avec reprise.

Né à Naples en 1685 dans une famille de musiciens, Domenico Scarlatti était le fils
d’Alessandro Scarlatti, l’un des principaux compositeurs d’opéra napolitain de son temps.
Bien qu’il ait commencé ses activités comme maître de chapelle et compositeur d’opéra
dans différents hauts lieux de la vie musicale italienne du début du XVIIIe siècle (Naples,
Florence, Rome), composant alors une quinzaine d’opéras, des cantates et de la musique
religieuse, c’est plutôt son talent de claveciniste virtuose qui s’imposa et qui fit sa
renommée. C’est ainsi qu’il remporta une célèbre joute musicale où, affrontant Haendel,
il fut reconnu meilleur claveciniste tandis que son collègue saxon remportait pour sa part
la palme du meilleur organiste. Après avoir été au service de l’ambassadeur du Portugal
au Vatican, il se rendit au début des années 1720 à Lisbonne comme maître de chapelle du
roi Jean V, ce qui allait occasionner dans sa vie une réorientation majeure qui eut des
répercussions importantes sur sa production musicale. En effet, chargé de la formation
musicale de l’infante Maria Barbara, la fille du roi, il commença à écrire à son intention

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des sonates pour clavecin qui allaient devenir la partie la plus importante de son œuvre.
Hormis trois séjours relativement brefs passés en Italie entre 1724 et 1728, Scarlatti
s’installa définitivement dans la péninsule ibérique, suivant dès 1729 à la cour de Madrid
la princesse Maria Barbara qui venait d’épouser le futur roi Ferdinand VI d’Espagne. Il y
résida vingt-huit ans jusqu’à sa disparition en 1757, continuant à composer des centaines
de sonates pour clavecin dont aucune n’est parvenue jusqu’à nous à l’état de manuscrit !

Le relatif isolement géographique de Scarlatti ne l’empêcha pas, cependant, d’acquérir


une vaste réputation dans le milieu musical européen où ses sonates (intitulées plus sobre-
ment « Essercizi per gravicembalo ») circulèrent abondamment sous forme de copies
et rivalisèrent avec les productions similaires de Rameau, Couperin, Bach, Haendel et de
nombreux autres compositeurs contemporains. De l’immense corpus de ses sonates pour
clavecin, Scarlatti ne supervisa, semble-t-il, qu’une seule édition véritable de 30 pièces qui
parut en 1738 à Londres à l’initiative de résidents italiens conscients de la passion du
public londonien pour la musique pour clavier. Des éditions « piratées » se multiplièrent
immédiatement, et notamment celle parue en 1739 à Londres sous le titre français de
« XLII Suites de pièces pour clavecin », due à Thomas Roseingrave, un musicien anglais
ami de Scarlatti, qu’il avait rencontré lors de ses activités à Rome. Le célèbre castrat
Farinelli, qui fut lui aussi musicien à la cour d’Espagne à partir de 1737, contribua
indirectement au développement de la réputation de Scarlatti en rapportant avec lui, lors
de son retour en Italie, de nombreuses copies de ses sonates.

Contrairement aux autres musiciens qui avaient tendance à regrouper leurs pièces pour
clavecin afin d’en former un ensemble plus large et cohérent (sous forme de « suites » ou
d’« inventions » chez Bach, d’« ordres » pour Couperin), faisant alterner des successions
de mouvements inspirés de danses anciennes, Scarlatti s’en tient à une forme unique où
chaque pièce est indépendante et constituée de deux parties régulières. Le mot « sonate »
ne correspond pas chez lui à celui qu’il a pris par la suite, à savoir une structure musicale
permettant le développement de thèmes, mais il s’apparente plutôt au sens premier du

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terme italien, qui sous-entend l’idée de jouer librement de la musique. Et les sonates de
Scarlatti donnent précisément cette impression de liberté totale dans leur déroulement, loin
de toutes les contraintes en usage dans la musique baroque. Ici, pas de danses stylisées ou
de formes convenues, mais des visions totalement libérées de ce que le potentiel du clavier
pouvait offrir à l’époque. Tout en restant systématiquement dans le cadre d’une forme
binaire, chacune des sonates propose l’exploration d’une difficulté, d’un geste particulier,
d’un travail sur un motif ou d’une recherche de couleur. Virtuose de l’instrument, Scarlatti
adapte au clavier des techniques de jeu qui révèlent sa maîtrise du clavier - croisement des
mains, larges arpèges rapides ou encore multiples notes répétées -, donnant à l’ensemble
une allure et un brillant exceptionnels. Certains des effets utilisés dans ses sonates
semblent particulièrement adaptés aux possibilités que lui offraient les instruments variés
de la cour d’Espagne, qui possédait dans ses diverses résidences, outre des clavecins
espagnols construits d’après des modèles italiens, des pianofortes à la mécanique
rudimentaire mais qui permettaient un jeu différent et plus martelé que celui des clavecins.

Au-delà de la nouveauté technique du jeu de Scarlatti, le traitement harmonique de son


langage semble avoir également été très personnel. En partie inspiré par le style propre de
la guitare (Scarlatti avait étudié le flamenco au début de son séjour en Espagne), son
langage harmonique systématise un certain nombre d’effets qui donnent une véritable
unité à l’ensemble de son œuvre. Ainsi, il arrive souvent qu’il emploie des acciacaturas,
petites notes d’agrément générant des frottements harmoniques avant leurs résolutions
quasi immédiates. Certaines d’entre elles peuvent cependant connaître des résolutions
tardives, créant au passage une certaine confusion tonale. Par ailleurs, toujours sous
l’influence de la musique espagnole, Scarlatti donne souvent, notamment dans les
secondes parties des pièces binaires, la sensation d’une écriture improvisée où la mélodie
semble tourner sur elle-même tandis que la progression harmonique glisse
chromatiquement. Les jeux chromatiques sont nombreux et génèrent de surprenantes
modulations qui peuvent être des effets en soi. Quant à la structure uniforme en deux
parties, il ne faudrait pas se laisser abuser par sa récurrence, qui pourrait faire penser à

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un manque de variété. Il n’en est rien dans les sonates de Scarlatti. Si les deux parties sont
le plus souvent conformes aux habitudes en ce qui concerne l’organisation tonale, elles
connaissent cependant, à l’intérieur des parcours de tonalités, des instabilités qui rompent
avec les habitudes, de multiples cadences qui créent de la variété dans le déroulement logique
du mouvement des contrastes rythmiques et dynamiques qui traduisent l’inventivité du
compositeur. Sur l’ensemble des 555 sonates de Scarlatti, un nombre infime d’entre elles
portent une indication évoquant une danse avec précision (gavotte, menuet) ou un genre
particulier (fugue, aria). Elles portent plus généralement une indication de tempo (allegro,
presto, vivo, andante…), mais leur conception, leur vitalité, leur fantaisie et leur invention
mélodique et rythmique en font souvent des pièces virtuoses aux qualités dansantes qui ont
fasciné et influencé l’Europe musicale et qui se prêtent aisément à la transcription. Sous
cet angle, l’influence de la musique espagnole et de ses pratiques permet à la musique
de Scarlatti d’être naturellement réinterprétée par le jeu de la guitare.

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Thibault Cauvin est assurément l'un des guitaristes les plus talentueux, charismatiques et
demandés du moment. Il parcourt le monde, guitare en main, tout au long de l'année, invité
dans les plus prestigieux festivals et théâtres. Entre New York et Hong Kong, Sao Paolo
et Istanbul, Londres et Melbourne ou encore Singapour et Tel-Aviv, il nous fait partager sa
musique. Thibault a déjà donné plus de mille concerts sur tous les continents, chaleureusement
salués par la critique. Il a également participé à de nombreuses émissions de télé, radio
et collaboré avec de célèbres musiciens, compositeurs et orchestres symphoniques.
Considéré comme un interprète novateur et inventif, Thibault est régulièrement reçu par les
plus prestigieux conservatoires, universités et festivals à travers le monde, où il donne des
master-classes, conférences et juge des concours.

Issu d'une famille de musiciens, Thibault entreprend l'étude de la guitare avec son père dès
l'âge de 6 ans. Après de brillantes études au conservatoire de Bordeaux et au conservatoire
national supérieur de musique de Paris, il se plonge dans l'incontournable circuit des
concours internationaux. A l'âge de 20 ans, il est le seul guitariste au monde à avoir
remporté 13 premiers prix internationaux. Thibault est élu « Ambassadeur de Bordeaux
Métropole », il se voit confier par la communauté urbaine de Bordeaux, la prestigieuse
mission de représenter sa ville natale dans le monde.

Aujourd'hui, pour ce sixième album, Thibault a fait le choix de se consacrer en intégralité


à Domenico Scarlatti, compositeur qui lui est cher.

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1er Prix : Young Guitarist of the Year, Bath, Angleterre 2002


1er Prix : Fontainebleau, France 2003
1er Prix : Simone Salmoso, Viareggio, Italie 2003
1er Prix : Stotsenberg, Los Angeles, USA 2003
1er Prix : Alexandre Lagoya, Fort de France, Martinique 2003
1er Prix : Torrent, Valencia, Espagne 2004
1er Prix : Mottola, Italie 2004
1er Prix : José Tomas, Alicante Petrer, Espagne 2004
1er Prix : Velez-Malaga, Espagne 2004
1er Prix : Forum Gitarre Wien, Vienne, Autriche 2004
1er Prix : Sernancelhe, Portugal 2004
1er Prix : San Francisco, USA 2004
1er Prix : Andrès Segovia, Linares, Espagne 2004

www.facebook.com/ThibaultCauvinOFFICIAL - www.ThibaultCauvin.com - www.YouTube.com/ThibaultCauvin

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Dear Friends,

It was in Spain, Domenico Scarlatti’s land of adoption, that I had the pleasure of preparing
these notes. Scarlatti has been accompanying me for quite a few years and I have always
felt close to his Sonatas, brilliant, dynamic and mischievous. They are so perfectly suited
to the guitar: is this the result of his love for flamenco, of the fact that he was one of the
prime movers in Spain’s musical development, or merely of felicitous happenstance?…

I hope that, like me, you will "dance with Scarlatti,” swept along by his works composed
in the 18th century but still so very contemporary.

Best wishes,
Thibault

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Scarlatti :
14 Sonatas

The art of fantasy: Scarlatti’s sonatas


Jean-Jacques Velly

A contemporary of Bach, Händel, Rameau and Vivaldi, Domenico Scarlatti is a composer


in a category of his own within music history, the creator of a vast corpus of works confined
as it were to a sole genre. While composers of his time were trying out all the new genres
that had developed since the beginning of the 17th century (opera, cantata, sinfonia,
concerto…), and aside from a few youthful works for the most part lost, he focused on a
uniform model – that of the sonata for harpsichord – which he nurtured throughout his
career, bequeathing to posterity an exceptional ensemble of 555 sonatas which, curiously
and despite the variety they evince as a set, consistently rest upon the same structure in
two parts with repeat.

Born in 1685 into a family of musicians in Naples, Domenico Scarlatti was the son of
Alessandro Scarlatti, one of the leading composers of Neapolitan opera in his day.
Although he began his activities as a choirmaster and opera composer in various
prestigious venues within early 18th-century Italian musical life (Naples, Florence,
Rome), composing some fifteen operas as well as cantatas and church music, it was his
skill as a virtuoso harpsichordist that came to the fore and established his renown. He thus
prevailed in a famous musical contest pitting him against Händel: he was deemed the
better harpsichordist, while his Saxon colleague swept the honors as the better organist.
After having been in the service of the Portuguese ambassador to the Vatican, he moved
to Lisbon in the early 1720s as choirmaster to King John V, which was to entail a major
reorientation of his life with significant impact on his musical output. Entrusted with the
musical education of the infant Maria Barbara, the king’s daughter, and with her in mind he
began to write sonatas for harpsichord which would eventually become the most sizeable

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portion of his output. Aside from three relatively brief stays in Italy between 1724 and
1728, Scarlatti located for good in the Iberian Peninsula, following Princess Maria Barbara
who had just married the future King Ferdinand VI of Spain. He resided there twenty-eight
years until his death in 1757, continuing to compose hundreds of sonatas for harpsichord,
none of which has come down to us in manuscript form!

Scarlatti’s relative geographic isolation, however, did not prevent him from acquiring a
vast reputation throughout the European musical milieu, and his sonatas (unassumingly
titled “Essercizi per gravicembalo”) circulated extensively in the form of copies, rivaling
comparable productions by Rameau, Couperin, Bach, Händel and numerous other
contemporary composers. Among the huge corpus of his harpsichord sonatas, it would
seem that Scarlatti himself supervised a single genuine edition of 30 pieces that came out
in 1738 in London at the instigation of Italian residents aware of the London public’s
infatuation with keyboard music. “Pirated” editions immediately proliferated, particularly
one that appeared in 1739 in London with the French title “XLII Suites de pièces pour
clavecin” undertaken by Thomas Roseingrave, an English musician who became a friend
of Scarlatti after meeting him during his activities in Rome. The celebrated castrato
Farinelli, who was also a musician at the court of Spain from 1737, contributed indirectly
to the development of Scarlatti’s reputation by bringing back many copies of the sonatas
upon his return to Italy.

As opposed to other musicians who tended to gather together their harpsichord pieces to
make up a broader and more coherent ensemble (in the form of “suites” or “inventions”
with Bach, or “orders” with Couperin), alternating sequences of movements inspired of
early dances, Scarlatti works within a sole form whereby each piece is independent,
comprising two regular parts. With him, the term “sonata” does not fit the meaning it
subsequently took on, namely a musical structure favoring thematic development, but is
rather akin to the primary meaning of the Italian word which presupposes the idea of
playing music freely. Scarlatti’s sonatas yield precisely this impression of total liberty in

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their layout, far removed from the constraints prevalent in Baroque music. No stylized dances
here, nor standard forms, but visions completely set free by the potential that the keyboard
had to offer at the time. While remaining within the framework of a binary form, each of the
sonatas proposes exploration of a difficulty, a particular gesture, treatment of a motif or the
quest for a certain coloration. A virtuoso on his instrument, Scarlatti adapts playing techniques
to the keyboard that reveal his mastery of the latter – crossing of the hands, sweeping, rapid
arpeggios or frequent repeated-note figures – lending exceptional exuberance and brilliance
to the whole. Certain effects used in his sonatas appear especially well-adapted to the variety
of instruments he had available at the court of Spain, which in its various residences – besides
the Spanish harpsichords built after Italian models – possessed pianofortes whose action,
while rudimentary, allowed a distinctive, more percussive playing mode than that of
harpsichords.

Beyond the technical novelty of Scarlatti’s playing, the treatment of harmonic material in his
language comes across as very personal as well. In part inspired by the idiomatic style of the
guitar (Scarlatti had studied flamenco at the beginning of his stay in Spain), his harmonic
language formalized a certain number of effects that lend genuine unity to his work. Thus, he
often uses acciaccaturas, short embellishing notes that generate harmonic friction prior to
their near-immediate resolution. Some among them, however, can undergo more delayed
resolution, resulting shortly in a certain tonal confusion. In addition, once again under the
influence of Spanish music, Scarlatti, particularly in the second part of binary pieces, often
provides the sensation of improvised texture wherein the melody seems to gyrate while the
harmonic progressions veer away chromatically. Chromatic twists are commonplace and
bring about startling modulations that can amount to effects in their own right. As for the
uniform structure in two parts, it should not be wrongly construed because of its recurrent
nature which might be taken for a lack of variety: such is by no means the case with Scarlatti.
While the two parts are most often in keeping with the customary tonal organization, in the
course of their tonal development they nonetheless pass through instabilities that break with
common practice, multiple cadences that create variety in the logical course of the movement

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and rhythmic or dynamic contrasts that point up the composer’s inventiveness. Of the 555
Scarlatti sonatas in all, a tiny number among them carry an indication suggesting a
specific dance (gavotte, minuet) or a particular genre (fugue, aria). They more generally
show a tempo marking (allegro, presto, vivo, andante…), but their conception, vitality,
fantasy and melodic and rhythmic invention often turn them into virtuoso pieces of a
dance-like quality that have fascinated and influenced musical Europe and readily lend
themselves to transcription. Seen from this angle, the influence of Spanish music and its
practices makes it quite natural for the music of Scarlatti to be reinterpreted through the
playing of the guitar.
Translated from the French by Kurt Lueders

Thibault Cauvin is one of the most talented, charismatic and sought-after guitarists in the
world today. He is traveling the globe throughout the year at the invitation of the most
prestigious festivals and concert halls. Between New York and Hong Kong, San Paolo and
Istanbul, London and Melbourne or Singapore and Tel-Aviv, he shares his music with us.
He has already given more than 1000 concerts worldwide, warmly greeted by the critics.
He has also participated in many TV and radio programs and collaborated with famous
musicians, composers and symphony orchestras. Considered as an innovative and creative
performer, Thibault is regularly the guest of honor at festivals, universities and conservatories
throughout the world to give master-classes, lectures or to judge competitions.

From a family of musicians, Thibault began learning the guitar with his father at the age
of 6. After graduating from the Bordeaux and Paris conservatories, Thibault embarked on
the international competitions circuit. At the age of 20, he was the frst and only guitarist
worldwide to win 13 international first prizes. Thibault was named "Ambassador of
Greater Bordeaux". Thus, he was awarded by the urban community of Bordeaux the
prestigious task of representing his hometown throughout the world.

Today, in his sixth album, Thibault has chosen to give entire attention to the composer
Domenico Scarlatti, who means a lot to him.

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1st Prize: Young Guitarist of the Year, Bath, Angleterre 2002


1st Prize : Fontainebleau, France 2003
1st Prize : Simone Salmoso, Viareggio, Italie 2003
1st Prize : Stotsenberg, Los Angeles, USA 2003
1st Prize : Alexandre Lagoya, Fort de France, Martinique 2003
1st Prize : Torrent, Valencia, Espagne 2004
1st Prize : Mottola, Italie 2004
1st Prize : Jose Tomas, Alicante Petrer, Espagne 2004
1st Prize : Velez-Malaga, Espagne 2004
1st Prize : Forum Gitarre Wien, Vienne, Autriche 2004
1st Prize : Sernancelhe, Portugal 2004
1st Prize : San Francisco, USA 2004
1st Prize : Andrès Segovia, Linares, Espagne 2004

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Directeur artiste & répertoire : Olivier Cochet


Producteur exécutif : Samuel Cohen, Gilles Delatronchette
Design visuel : Objectif Lune

Enregistré au Studio "Le Martinet" du 22 au 25 Avril 2013


Directeur artistique : Philippe Cauvin
Ingénieurs : Dany Marcombe, Pat Cazals
Mastering : Glode Audio, Alexis Bardinet
Guitare : Jean-Luc Joie
Photos : Bernard Benant
Make up : Chang Hee Byeon

Remerciements :

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5 2013 Sony Music Entertainment, France : 2013 Sony Music Entertainment, France. 88883725222

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