You are on page 1of 13

SEMANTIQUE & LEXICOLOGIE

PAR MICHEL WIEDEMANN

DEFINITION DU SIGNE CHEZ FERDINAND DE SAUSSURE (1857-1913)


SIGNE n.m.
Le signe est un fait perceptible A, sonore, visuel, tactile, olfactif…qui permet de reconnaître un fait qui
n'est pas perçu, B. L'élément A est le représentant ou signifiant, l'élément B est le représenté ou signifié.
Ferdinand de Saussure (Cours de Linguistique générale, 1916) définit le signe linguistique comme la
combinaison d'une image acoustique et d'un concept, c'est-à-dire d'un signifiant et d'un signifié. En dehors
des langues, il y a d'autres systèmes de signes, qui font l'objet de la sémiologie.

SIGNIFIANT n.m.
Face perceptible du signe. Spécialement, face sonore du signe linguistique.

SIGNIFIE n.m.
Ce que le signe manifeste, contenu du signe linguistique. Il est défini par Ferdinand de Saussure comme le
concept qui, dans le signe, est associé à une image acoustique. Le concept est un fait de conscience pour
Saussure.

ARBITRAIRE DU SIGNE
Caractère de la relation entre le signifiant et le signifié. Saussure affirme que pour la majorité de signes
linguistiques (l'exception étant les onomatopées), le lien entre le signifiant et le signifié est arbitraire, c'est-
à-dire qu'il n'est pas naturel, ni motivé, il résulte d'une convention qui a cours entre les locuteurs d'une
langue donnée. La preuve en est fournie par la diversité des langues: la même bête se nomme Ochs ou
bœuf, sans qu'on puisse le justifier. On peut étendre cette opposition aux autres systèmes de signes: le code
de la route comporte des signaux motivés (virage à droite, cycliste, vache) et des signaux arbitraires ou
immotivés (sens interdit, interdiction de stationner, stop).

SEMIOLOGIE / SEMIOTIQUE n. f.
Science des signes en général, tels que signaux du code de la route, pavillons de la navigation maritime,
sémaphore, insignes militaires, sonneries de veneurs, de cloches, de sirènes, messages tambourinés,
signaux de fumée, feux de circulation, langue des signes chez les sourds, costume, gestes, mimiques, rites
de politesse …

SEMANTIQUE n. f.
Science des significations des signes linguistiques, de la phrase au monème ou morphème.
Analyse du signe

ARTICULATION n.f. :
1. en phonétique, prononciation d'un son.
2. dans la linguistique fonctionnaliste de Martinet, la "double articulation du langage" est sa division en
deux niveaux séparés. La première articulation le divise en unités successives et significatives, les
monèmes, qui ont une forme et un sens. La deuxième articulation divise les unités de la première
articulation en unités successives et distinctives, les phonèmes. Les faits qui échappent à ce découpage
sont dits supra-segmentaux ou prosodiques.

MORPHEME A SIGNIFIANT DISCONTINU


Morphème formé de l'association d'un sens et d'un signifiant constitué de plusieurs segments solidaires,
mais séparés par d'autres signifiants:
Ex : nous l'avons chanté. Nous et ons concourent à signifier un seul signifié: "première personne du
pluriel".

AMALGAME n. m.
Dans la linguistique fonctionnaliste de Martinet, fusion en un segment de signifiant indécomposable de
plusieurs monèmes qui conservent leur signifié.
Ex: au roi et à la reine. Au est prononcé comme une seule voyelle, qui ne peut être segmentée en
fragments successifs et qui signifie néanmoins la succession de deux unités significatives: "à"+ "le". Ces
deux unités significatives sont supportées par des morphes successifs et distincts dans à la.

MARQUE ZERO / MONEME A SIGNIFIANT ZERO


Monème dont le signifiant consiste en l'absence d'une marque présente dans toutes les autres formes d'un
paradigme. Ex: je mange, je mangeais, je mangeai, je mangerai, je mangerais. Le présent a une désinence
muette, alors que celle des autres temps est audible. Le signifié " présent" a donc un signifiant nul.

ALLOMORPHE n.m.
Variante combinatoire du signifiant d'un signe linguistique en fonction du contexte où il apparaît. On ne
doit pas le confondre avec l'allophone, variante d'un phonème. Ex: appel- et appell- sont les allomorphes
du radical du verbe appel-er. On n'a pas le libre choix entre ces deux signifiants, il dépend de la nature de
la désinence qui suit.

MORPHEME n. m.
1. Dans la linguistique anglo-saxonne et ses traductions françaises, signe linguistique minimal, associant
un signifiant et un signifié, qu'il soit grammatical ou lexical. Ex: re-compos-er est formé de trois
morphèmes.
Les variantes du signifiant d'un morphème sont appelées allomorphes. Ex: all-, i-, v- du verbe aller.
2. Dans la linguistique fonctionnaliste d'André Martinet, l'unité significative minimale d'une langue
donnée est appelée monème. Les monèmes sont soit des monèmes lexicaux, des lexèmes, dont la liste est
ouverte, soit des monèmes grammaticaux, dont la liste est close et la signification abstraite, et que
Martinet appelle des morphèmes. Dans son école dite fonctionnaliste, le morphème est un monème à
signification grammaticale, faisant partie d'un paradigme fini.

MORPHE n.m.
Segment de signifiant qui a la forme observable d'une suite de phonèmes et qui manifeste un morphème
(au sens 1).

MORPHEME ZERO / MARQUE ZERO


Morphème qui ne se manifeste pas par un morphe. Ex: souris a un pluriel souris qui comporte le même
radical, mais qui ne se traduit par l'adjonction d'un s de pluriel. Pour sauver la validité de la règle qui
forme le pluriel des noms, on peut dire que le pluriel est ici un morphème zéro.

MORPHEME LIBRE
Morphème susceptible d'apparaître indépendamment des autres, de former un énoncé minimal, comme la
réponse à une question.
Ex: Oui, zut. Lui. Pour. Deuxième.

MORPHEME LIE
Morphème incapable d'apparaître indépendamment, de former à lui seul un énoncé. Il est toujours lié à un
autre morphème. Ex: -ai-, désinence d'imparfait, est nécessairement lié à un radical verbal comme chant-,
appel- et à une désinence personnelle comme -s, -t, -ent

VARIANTE LIBRE
Variante de phonème ou de morphème indépendante des éléments du contexte.
Ex: Asseyez-vous/ assoyez-vous sont des variantes libres de l'impératif du verbe asseoir.

VARIANTE COMBINATOIRE
Variante de phonème ou de morphème dépendant d'un élément du contexte.
Ex: le morphème de première personne du pluriel du passé simple est -âmes avec les verbes du premier
groupe, -mes avec les verbes du second et du troisième groupe. Les variantes combinatoires sont des
allophones (du phonème ) ou des allomorphes (du morphème).

Analyse du mot

MOT n.m.
Unité traditionnelle de la grammaire, de la typographie et de la statistique reposant sur plusieurs critères
intuitifs, dont on ne peut fournir une définition cohérente.

MOT SIMPLE
Mot dont le singulier est formé d'un seul morphème. Bloomfield les appelle mots-racines. Ex: sol, table,
cheval,

MOT CONSTRUIT
Mot dont le singulier est formé de plusieurs unités significatives minimales, nommées morphèmes (ou
monèmes dans la linguistique fonctionnaliste ). Ex: désertification.

RADICAL n.m.
En linguistique synchronique, partie du mot qui demeure lorsqu'on en a ôté tous les affixes. Certains
grammairiens parlent de radi_al lorsque l'élément obtenu est un mot de la langue (tour dans entourer) et
de racine lorsque l'élément obtenu n'existe pas en tant que mot (aim- dans aimable).
THEME n.m.
1. Dans l'analyse informationnelle, support de l'information, mot qui s'oppose à rhème, information qui est
communiquée à propos de ce support. Ex: Un triangle équilatéral est un triangle à trois côtés égaux. Le
thème est un triangle équilatéral.
2. En morphologie des langues classiques, le thème est défini comme le mot complet amputé de sa
désinence. Le thème est un conglomérat de radical + morphèmes liés.

BASE n.f.
1. Le mot dont dérive un autre mot. Ex: la base d'imbuvable est buvable, formé d'un radical buv- et d'un
suffixe -able. La base n'est pas une unité indécomposable.
2. Synonyme de radical: morphème lexical que l'on obtient après la suppression de tous les affixes
dérivationnels et flexionnels. Ex: cour- dans cour-eur-s.

RACINE n.f.
En linguistique synchronique, partie centrale invariable du mot, qui demeure quand on a enlevé tous les
affixes et qui n'existe pas en tant que mot. Ex: aim- dans aimeras; connaît- dans re-connaît-r-as. Voir
Radical.

AFFIXE n.m.
Morphème lié qui peut se placer avant, après ou à l'intérieur d'un radical, et qui prend alors le nom de
préfixe, de suffixe ou d'infixe respectivement.

PREFIXE n. m.
Morphème lié placé devant le radical ou un autre préfixe. Les préfixes sont des affixes: ils ne sont pas
autonomes, mais s'emploient exclusivement dans des mots construits. Les préfixes se divisent en deux
catégories: ceux qui ne sont pas susceptibles d'un emploi autonome (dé-, re-, in- ), ceux qui s'emploient
égélement, avec un sens analogue comme prépositions et comme adverbes : contre est un préfixe dans
contredire, une préposition dans : je n'ai rien contre ce projet, un adverbe dans : je l'ai posé tout contre.
Ex : in-sur-pass-able.

INFIXE n. m.
Morphème lié placé à l'intérieur d'un radical. Ex: en latin, le présent du verbe nanciscor, a un infixe n
après la première voyelle, alors qu'il manque au parfait dans nactus sum. De même tango et tactum,
représentés en français par tangent et tact; delinquo et delictum, dont héritent en français délinquant et
délit.

SUFFIXE n. m.
Morphème lié qui suit le radical ou un autre suffixe et qui précède la désinence.
Ex : somm-ation-s.

TERMINAISON / DESINENCE
Morphème lié ou groupe de morphèmes liés qui suit le suffixe ou le radical et indique une ou des
catégories morphologiques flexionnelles telles que le genre, le nombre, le temps, la personne, le
mode…Ex: ils sublimeraient comporte une racine sublim-, et une désinence -eraient, qui comporte un
morphème -(e)r- de futur, un morphème -ai- d'imparfait, un morphème -ent de 3ème personne du pluriel.

INTERFIXE n. m.
Lexème lié qui est emprunté au grec ou au latin et sert à former dans les langues modernes des mots dits
recomposés. Ex: morphologie est formé de deux racines: morph+ o de liaison, log+suffixe -ie. On retrouve
ces éléments, en d'autres positions, dans log+o -centr+ique, dans poly -morph-isme, poly-morphe. Les
interfixes ne font pas partie des affixes.
ABREVIATION n. f.
Forme phonétique ou graphique abrégée d'un mot, laquelle en conserve le sens. Ex: moto a le sens de
motocyclette

SIGLE n. m.
Suite des lettres initiales des éléments d'une unité sémantique complexe qui se lit comme l'enchaînement
du nom des lettres qui la constituent. Ex: EDF ☯

ACRONYME n.m.
Suite des lettres initiales des éléments d'une unité sémantique complexe qui se lit comme une suite de
phonèmes. Ex : le SMIC, l'IDEN, l'ENA, l'OPEP.

  

DERIVE n. m.
Mot construit formé d'un seul radical et d'un nombre variable d'affixes. Ex: aggravation, qui est un dérivé
nominal suffixé en -ation du verbe aggraver, lequel est un dérivé préfixé de l'adjectif grave; variable,
adjectif dérivé du verbe varier.

PARASYNTHETIQUE adj.
Se dit d'un mot dérivé formé par application simultanée de plusieurs affixes sur un seul radical.
Ex: ap-pont-ement. Ni *appont, ni *pontement n'existent, donc on a formé sur un radical pont le
parasynthétique appontement en appliquant simultanément les deux affixes sur le radical. On a compté
parmi les parasynthétiques des verbes comme embarquer, parce qu'il n'existe pas *une em-barque, ni un
verbe barqu-er. Mais la GMF fait observer que -er est une désinence flexionnelle parmi d'autres et non un
suffixe, et appelle les mots de cette sorte de faux parasynthétiques. Exemples : é-têt-er, em-bastill-er, dé-
capit-er, dé-courag-er, ap-pauvr-ir. Le préfixe recatégorise la forme dérivée en un verbe sans l'aide
d'aucun suffixe.

COMPOSE n. m.
Mot construit formé de deux radicaux autonomes au moins.
Ex: tue-mouches, coq de bruyère, arc -en -ciel.

RECOMPOSE n. m.
Mot construit formé de deux radicaux ou plus dont l'un au moins est lié. Ex: franco-allemand est formé de
franco-, radical lié, et d'allemand, radical libre. Ontologie est formé de ont-o- et de log-ie qui sont tous
deux des radicaux liés.

DERIVATION IMPROPRE OU CONVERSION n.f.


Création d'une nouvelle unité lexicale sans emploi d'un affixe, par simple changement de classe
grammaticale. On peut dériver de l'adjectif bleu un nom suffixé en-ité: bleuité, exemple de dérivation. On
peut aussi faire passer l'adjectif dans la classe des noms : le bleu du ciel, exemple de dérivation impropre
ou conversion. La dérivation impropre peut aboutir à toutes les classes grammaticales, sauf à un verbe.
Nominalisations
Adjectif →Nom: la capitale, une circulaire, le vrai, le beau.
Pronom → Nom: le moi, le ça, un nous de majesté.
Verbe → Nom: le boire, le manger, les vivres, un passant, un dérivé.
Adverbe → Nom: le bien et le mal
Préposition → Nom : le pour et le contre
Conjonction → des mais, des si et des que.
Interjection→ un hurrah enthousiaste, un allo perplexe.
Adjectivisations
Nom→adjectif: une robe marron, un air très collet monté.
Nom propre → adjectif: elle prit son ton le plus Guermantes.
Participe → adjectif verbal: une critique très piquante.
Adverbe→ adjectif: une femme très bien.
Interjection → adjectif: une revue très ollé, ollé
Conversion en déterminant
Nom→ déterminant : une foule de…, un tas de…, une quantité de …
Adverbe→ déterminant: beaucoup de …, pas mal de …
Conversion en pronom
Adverbe → pronom: j'en ai vu beaucoup, j'en ai tant / trop dit. Peu se taisent.
Conversion en adverbe
Nom→ adverbe: rouler voiture, penser conserves.
Nom propre → adverbe: roulez Peugeot, lavez Bonux
Adjectif → adverbe: parler haut, voter utile.
Préposition→ adverbe: on fait avec, on est pour, ça va sans.
Conversion en préposition
Nom → préposition: question argent, rapport au boulot,
Adjectif → préposition: sauf les femmes, excepté les vieillards, vu la situation.
Adverbe→ dessous la table, aussitôt mon arrivée.
Conversion en interjection
Nom propre → interjection: Jésus! Marie! Joseph!
Nom → interjection: Attention! Peste!
Adjectif → interjection: bon!
Pronom → interjection : Ca!
Verbe → interjection: allons ! voyons ! allez !
La dérivation impropre prend le nom d' antonomase quand elle porte sur le nom propre, dans un sens ou
dans l'autre:
Nom propre → substantif: M. Poubelle, préfet de police — > une poubelle; don Juan, archiduc de
Habsbourg, libertin → un don juan.
Substantif — > nom propre: le Sauveur, le Seigneur (ces noms désignent Jésus de Nazareth dans un
milieu chrétien ), l'Empereur, le Roi ( employés en France en 1815, ces derniers noms communs
désignent Napoléon Ier et Louis XVIII, et nomment, comme le nom propre, un être unique, le souverain
régnant du moment, dans le pays où se trouvent les locuteurs.)

EMPRUNT n.m
Procédé par lequel une langue incorpore un élément d'une autre langue en l'adaptant du point de vue
phonétique et du point de vue morphologique. Exemple: il mange des spaghettis, il jouait au piano des
lieds de Schubert. Le pluriel italien est spaghetti, le pluriel allemand lieder, le français a intégré le mot
spaghetti du point de vue morphologique en lui ajoutant une marque française du pluriel, le s, qui s'ajoute
à la marque italienne du pluriel i. Il est aussi adapté phonétiquement : les Français le prononcent avec un
accent sur la dernière syllabe. Pour lied, on a modifié la prononciation allemande: - ie- se prononce [i:],
mais les Français ignorent la longueur de la voyelle et l'abrègent en [i]. Ils lui ont mis la marque française
de pluriel -s, mais éliminé la marque allemande de pluriel, -er. L'emprunt se distingue du xénisme qui est
l'emploi d'un mot étranger en tant que tel. Ex: un Français a du mal à prononcer Hochachtung,
Höchsttemperatur en allemand ou összehúzódás en hongrois.

DISTRIBUTION

DISTRIBUTION
Ensemble des contextes où peut apparaître un élément. On appelle contexte gauche ce qui précède
l'élément en question, contexte droit ce qui le suit. Il y a aussi des contextes bilatéraux qui combinent un
contexte gauche et un contexte droit. L'un ou l'autre peut être nul.

DISTRIBUTION COMPLEMENTAIRE
Situation où la distribution de l'élément A est à l'intérieur d'un même ensemble un sous-ensemble
complémentaire du sous-ensemble représentant la distribution de B.
Ex: Les formes du pluriel de l'article défini sont [le] devant un sous-ensemble des sons, les consonnes,
[lez] devant le sous-ensemble complémentaire des voyelles et semi-voyelles à l'intérieur de l'ensemble des
sons du français.

INCLUSION DISTRIBUTIONNELLE
Configuration où la distribution d'un élément A est entièrement incluse dans la distribution de l'élément B.
Ex: la distribution d'encor est incluse dans celle d' encore.

INTERSECTION DISTRIBUTIONNELLE
Situation où la distribution d'un élément A recouvre une partie de la distribution d'un élément B.
Ex: des synonymes partiels comme formidable et redoutable ont des distributions en intersection.

IDENTITE DISTRIBUTIONNELLE
Situation de deux éléments qui ont exactement la même distribution. Ex: des synonymes parfaits, comme
esprit de sel et acide chlorhydrique (HCl) ont théoriquement la même distribution.

DISJONCTION DISTRIBUTIONNELLE
Situation d'éléments qui n'ont pas un seul contexte commun dans un corpus donné ou dans une langue,
considérée comme un corpus infini.
Ex: Les parties du discours sont des classes distributionnellement disjointes: sur et chanterai ont des
distributions disjointes.

Schéma tiré de J. Lyons, Linguistique générale. Paris, Larousse, 1970, p.56.

RELATIONS ENTRE SIGNES

SYNONYMES
Mots ou expressions ayant le même sens ou une signification très voisine. Ex: fatigué, épuisé sont des
synonymes partiels quand il s'agit d'épithètes de noms désignant des êtres animés. Mais on dit épuiser les
crédits de son budget et on ne peut, dans ce contexte, employer fatiguer les crédits.
SYNONYMES PARFAITS
Synonymes ayant exactement le même sens et donc commutables dans tous les contextes possibles. Des
synonymes parfaits seraient un défaut du système linguistique et l'on peut dire qu'il n'en existe pas,
puisque les dictionnaires de synonymes se chargent plus ou moins bien, de les différencier.

HOMONYMES
Mots différents ayant un signifiant identique. Ex: paire, père; manche (n.m.), manche (n.f.); voler (v.tr.),
voler (v.intr.); sain, saint, ceint, sein; C.E.S. (certificat d'études supérieures), C.E.S. (collège
d'enseignement secondaire), C.E.S. (certificat d'études spécialisées); que (relatif), que (conjonction);
passions (n.f.pl.) passions (imparfait) passions (subjonctif présent); sot, saut, sceau, seau; couvent,
couvent; baie, baie, baie. On distingue parmi les homonymes plusieurs sortes de relations : homographes,
homophones, homonymes parfaits.

HOMOGRAPHES
Homonymes qui s'écrivent de la même façon. Ex: les poules du couvent couvent; passions (n.f.pl.)
passions (imparfait); passions (subjonctif présent).

HOMOPHONES
Homonymes qui se prononcent de la même façon. Ex: un sot portait dans un seau le sceau du Saint Père
quand sa mule fit un saut.

HOMONYMES PARFAITS
Homonymes qui se prononcent et s'écrivent de la même façon et qui appartiennent à la même catégorie
grammaticale. Ex: baie = golfe ; baie = porte ou fenêtre ; baie = fruit tendre.

ANTONYMES adj.
Mots de la même partie du discours qui par le sens s'opposent directement l'un à l'autre. Ex: chaud et
froid, ami et ennemi, prendre et laisser, possible et impossible. Les antonymes sont dits absolus quand un
mot monosémique est opposé à un autre mot monosémique: acide ≠ base. L'antonymie est partielle quand
un mot polysémique a un ou plusieurs contraires s'opposant à une partie seulement de ses acceptions:
naturel ≠ affecté dans le comportement, naturel ≠ positif en droit, naturel ≠ artificiel en parlant d'arômes,
de lacs, naturel ≠ culturel en parlant de

CONTRAIRES adj.
Termes du lexique de sens opposé sur un axe sémantique: brûlant, chaud, tiède, tempéré, frais, froid,
glacé.

CONTRADICTOIRES adj.
Relation entre termes du lexique dont l'un implique la négation de l'autre quand le référent ne comprend
que deux sous -ensembles. Ex: mâle et femelle. Il est impossible d'affirmer ensemble deux termes
contradictoires : *Il est vivant et il est mort. L'affirmation de l'un des termes contradictoires entraîne la
négation de l'autre: Il est vivant => il n'est pas encore mort. Il n'est plus vivant => il est mort.

HYPERONYME n.m.
Mot de sens plus général qu'un autre mot dans une classification hiérarchique. Ex : épagneul, pékinois ont
pour hyperonyme chien, qui a pour hyperonyme canidé, qui a pour hyperonyme mammifère qui a pour
hyperonyme vertébré, qui a pour hyperonyme animal.

HYPONYME n.m.
Mot de sens plus spécifique qu'un autre mot dans une classification hiérarchique.
Ex: chien a pour hyponymes épagneul et caniche.
L'hyponymie repose sur la relation d'implication logique: si X est un canari, alors X est un oiseau. Si X
n'est pas un oiseau, alors X ne peut être un canari. N'importe quel canari est un oiseau, mais n'importe quel
oiseau n'est pas nécessairement un canari. L'hyponyme a une extension plus réduite que celle de son
hyperonyme (les canaris sont un sous-ensemble des oiseaux), mais son intension (ou compréhension) est
plus grande, puisqu'elle comporte l'ensemble des propriétés des oiseaux, mais aussi l'ensemble des traits
qui distinguent les canaris des autres oiseaux et qu'on appelle leurs différences spécifiques.

GENRE PROCHAIN ET DIFFERENCE SPECIFIQUE


En logique, le genre est une classe groupant tous les êtres ou objets ayant certains caractères communs. Le
genre a une extension plus grande que l'espèce. Français est genre par rapport à normand et espèce par
rapport à européen. Européen est pour normand un genre éloigné, alors que français en est le genre
prochain. La différence spécifique est un caractère qui distingue une espèce de toute autre espèce du
même genre. Ces notions sont appliquées dans les définitions lexicographiques. Une bonne définition se
fait en indiquant de façon adéquate le genre prochain et la différence spécifique de l'être à définir. Le nom
qui désigne le genre prochain d'un être donné est son hyperonyme. Du fait des lacunes du lexique, il y a
des genres prochains dans la réalité auxquels manque un hyperonyme dans telle ou telle langue.

REFERENT n.m. :
Ce à quoi le signe linguistique renvoie soit dans la réalité extra-linguistique ou univers réel, soit dans un
univers imaginaire. Cet objet réel ou imaginaire est encore appelé référé. La relation qui existe entre les
mots et leurs référés est la référence.

COREFERENT adj.
Se dit de signes linguistiques, identiques ou différents, lorsqu' à plusieurs endroits de la chaîne parlée,
contigus ou éloignés, ils renvoient à un même objet extralinguistique.

ANALYSE SEMIQUE OU COMPONENTIELLE

SEME n.m.
En sémantique structurale ou componentielle (B. Pottier, A. Greimas et ses disciples), unité minimale de
signification, comparable au trait pertinent de l'analyse phonologique dans l'ordre du signifiant. Le sème
n'est pas un élément atomique et autonome, il ne tire son existence que de l'écart différentiel qui l'oppose à
d'autres sèmes. Les sèmes ne correspondent que rarement à des réalisations lexicales en langue naturelle,
ils doivent être dénommés lors de la procédure d'analyse, de manière arbitraire. Verticalité / horizontalité
sont des dénominations de caractère métalinguistique. A l'intérieur d'un sémème, on peut distinguer les
sèmes contextuels (que le sémème possède en commun avec les autres éléments de l'énoncé sémantique)
et les sèmes nucléaires qui caractérisent le sémème dans sa spécificité.[in Greimas & Courtès (1979)]
SEMEME n.m.
1. Chez Bernard Pottier, ensemble des sèmes reconnaissables dans un morphème, ensemble qui se
décompose en trois sous-ensembles: le classème (les sèmes génériques), le sémantème (les sèmes
spécifiques) et le virtuème (les sèmes connotatifs ).
2. Chez A. Greimas et ses disciples, il correspond à ce que le langage courant entend par "acception, "sens
particulier " d'un mot. Le lexème, dans cette théorie, est constitué d'un ensemble de sémèmes (ensemble
qui peut être, à la limite, monosémémique) réunis par un noyau sémique commun. Ex: table comporte, en
plus du sémème désigné par les dictionnaires comme "surface plane supportée par un ou plusieurs pieds"
d'autres sémèmes reconnaissables dans des expressions comme "présider la table", "table d'écoute ",
"tables de la loi", "table de multiplication. " Le sémantisme commun à plusieurs sémèmes recouverts par
un même formant … constitue le noyau du sémème et assure sa spécificité sémantique. Ce noyau ou
figure sémique, constitue ce que le sémème possède en propre, le reste lui venant du contexte. … et
constituant sa base classématique. Autrement dit, le sémème n'est pas une unité de signification délimitée
par les dimensions du signe minimal ; en immanence ou "en langue", comme on dit, il n'est qu'une figure
sémique : ce n'est qu'une figure sémique : ce n'est qu'au moment de sa manifestation dans le discours que
cette figure rejoint sa base classématique (constituée de sèmes contextuels ) et sélectionne ainsi un
parcours sémémique qui la réalise comme sémème, à l'exclusion d'autres parcours possibles, restés
virtuels, mais susceptibles de produire, dans d'autres contextes discursifs, d'autres sémèmes d'un même
lexème. A. Greimas suggère une partition du sémème : sémème = figure sémique + base classématique,[
in Greimas & Courtès, (1979)].

SEME NUCLEAIRE n.m.


Sème qui appartient en propre au noyau d'un sémème.

CLASSEME n.m.
1. Dans la terminologie de B. Pottier, sous-ensemble de sèmes génériques qui avec le sémantème (sous-
ensemble de sèmes spécifiques ) et le virtuème (sous-ensemble de sèmes connotatifs ) constitue le
sémème, au sens où le définit Pottier.
2. Dans la terminologie d'A. Greimas, les classèmes sont les sèmes contextuels, c'est-à-dire ceux qui sont
récurrents dans le discours et qui en garantissent l'isotopie. Les classèmes sont des sèmes récurrents, donc
très généraux. Parmi eux on devrait trouver des sèmes dits grammaticaux servant à constituer les
catégories ou les classes grammaticales. Il est difficile d'inventorier les classèmes, problème lié à celui des
universaux du langage. On y trouve aussi les sèmes génériques qui servent à la catégorisation du monde
par le langage et constituent des classes d'êtres ou de choses ( Ex: animé/ inanimé; animal /végétal.) dont
les articulations sont variables d'une culture à l'autre.[in Greimas & Courtès 1979]

ISOTOPIE n.f.
Dans la théorie de Greimas, réitération, le long d'une chaîne syntagmatique, de classèmes qui assurent au
discours-énoncé son homogénéité. Le syntagme, réunissant au moins deux figures sémiques, peut être
considéré comme le contexte minimal permettant d'établir une isotopie. Mais elle peut s'étendre à une
phrase, ou à une suite de phrases. Ex: une atmosphère survoltée.
Dans une étape ultérieure de la théorie, l'isotopie a été étendue à la récurrence de catégories sémiques. On
distingue des isotopies figuratives et des isotopies thématiques. Dans le cas de la pluri-isotopie, plusieurs
isotopies figuratives correspondront, par exemple, à autant d'isotopies thématiques: dans Salut de
Mallarmé, les isotopies figuratives (banquet, navigation, écriture)… se rattachent aisément à des isotopies
thématiques correspondantes. (amitié, solitude/évasion, création).[in Greimas & Courtès (1979)]

CONNECTEUR D'ISOTOPIES
On appelle connecteur (ou parfois embrayeur) d'isotopies une unité du niveau discursif, qui introduit une
seule ou plusieurs lectures différentes … Dans le cas de la pluri-isotopie, c'est le caractère polysémémique
de l'unité discursive jouant le rôle de connecteur, qui rend possible la superposition d'isotopies différentes.
On pourra distinguer, entre autres, les connecteurs métaphoriques qui assurent le passage d'une isotopie
abstraite à une isotopie figurative, la relation qui les unit étant orientée (ce qui se dit sur la seconde
isotopie étant interprétable sur la première, et non inversement), les connecteurs antiphrastiques, qui
manifestent sur une seconde isotopie des termes contraires à ceux qui sont attendus sur l'isotopie première.
Selon leur position dans la linéarité du texte, on opposera les connecteurs antécédents, marquant
explicitementqu'une nouvelle lecture commence, aux connecteurs subséquents qui impliquent la nécessité
d'une rétrolecture. (ibidem)

PLURI-ISOTOPIE n.f.
Superposition, dans un même discours, d'isotopies différentes, introduite par des connecteurs d'isotopies.

SEMANTIQUE

ONOMASIOLOGIQUE adj.
Se dit de la démarche allant du concept vers les mots qui l'expriment. Ex: l'idée d'élévation se trouve dans
hauteur, altitude, ascension, grimper, monter, alpinisme, sublime, échelle, escalier, degré, pente.

SEMASIOLOGIQUE adj.
Se dit de la démarche allant d'une forme vers ses significations. Un article de dictionnaire de langue suit
cette démarche, puisqu'il donne les divers sémèmes qui se rattachent à un même signifiant

DOMAINE n.m.
Sous-ensemble du lexique utilisé dans une science, une technique, une discipline sportive ou intellectuelle,
ou une activité humaine. Ex: dans un dictionnaire, héraldique, marine figurent comme indications de
domaines. Bande est une figure géométrique oblique, une pièce honorable dans les armoiries, mais aussi
une inclinaison latérale du bateau en marine.

NIVEAU / REGISTRE DE LANGUE / DE STYLE


Type d'usage linguistique distinct selon le milieu socioculturel des locuteurs.
Ex: chien, klebs, cabot ne sont pas du même registre/niveau de langue.

POLYSEMIE n.f.
Pour un signe, propriété consistant à avoir plusieurs sens, c'est-à-dire plusieurs sémèmes ayant un noyau
sémique commun. Elle est très répandue dans les langues naturelles, où la monosémie est rare. Il faut aussi
distinguer la polysémie, interne au signe, de l'homonymie, relation entre plusieurs signes. Ex: table, vert,
rouge, faire, le suffixe -euse sont polysémiques.

MONOSEMIE n.f.
Propriété d'un mot qui a un seul sens, un seul sémème. Ex: Equilatéral = qui a des côtés égaux.

SYLLEPSE
Réalisation dans la même phrase de sémèmes distincts du même mot.
Ex: Allez, et que les Grecs, qui vont vous immoler
Reconnaissent mon sang en le voyant couler.(Racine, Iphigénie)
L'homme descend du singe et le singe, de l'arbre.

SENS PROPRE
Se dit du sens d'un élément linguistique quand il n'a pas subi de glissement sous l'effet d'une figure ou d'un
trope. Syn.: littéral.
SENS FIGURE
Sens d'un élément linguistique qui résulte d'un trope ou d'une catachrèse qui le détourne du sens propre.
Ex: la lecture nourrit l'esprit (sens figuré), le pain nourrit le corps (sens propre).

LEXICOGRAPHIE

DICTIONNAIRE n.m.
Ouvrage de consultation qui regroupe des énoncés séparés, lesquels se retrouvent grâce à un ordre codé
des entrées, qui apporte des informations sur le signe linguistique et facultativement sur les choses qu'il
désigne.
On distingue dans l'ensemble des dictionnaires le sous-ensemble des dictionnaires de langue, ouvrages
monolingues qui se proposent d'énumérer l'ensemble des unités d'une langue naturelle, de décrire leurs
signifiants, leurs signifiés, leurs conditions d'emploi.

DEFINITION n.f.
Paraphrase du sens d'un mot au moyen d'une suite d'autres mots de la même langue naturelle conforme à
la syntaxe de cette langue.
Il y a des définitions
— par genre prochain et différence spécifique. Ex: Bouc: mâle de la chèvre. Buse: Oiseau rapace diurne,
aux formes lourdes et aux doigts faibles, très commun en France, et se nourrissant de rongeurs, de
reptiles, de petits oiseaux (longueur 50 à 60 cm ; famille des falconidés)
— par contraire. Ex: taire: ne pas dire
— par équivalence morpho-sémantique. Ex: aventureusement: d'une manière aventureuse.
— en métalangue de signe. Ex: Car: conjonction de coordination qui introduit une explication. Ce dernier
type de définition, à la différence des précédents, n'est pas substituable dans une phrase au terme défini.
L'explication du sens par un synonyme n'est pas une définition.

ENTREE / VEDETTE / LEMME


Forme par laquelle on cite une unité lexicale au début d'un article dans un dictionnaire, une concordance
ou un index. Pour les verbes, le lemme est l'infinitif en français, mais la première personne du présent de
l'indicatif en latin.

EXEMPLE
Énoncé autonyme où le mot du dictionnaire qui sert d'entrée est en usage.
SAC n.m. Pillage d'une ville, massacre de ses habitants: le sac de Rome par les troupes du connétable de
Bourbon. [La définition est en romain, l'exemple est en italiques, in Petit Larousse illustré 1973].

CONCORDANCE
Liste alphabétique des mots employés dans un texte ou un ensemble de textes et cités avec leur contexte et
leur référence.
Ex: concordance des 4 évangiles, concordance des Fleurs du Mal de Baudelaire, concordance de
Britannicus de Racine.

INDEX
Liste alphabétique de mots employés dans un texte cités avec leur référence seulement. On distingue des
index sélectifs et des index exhaustifs, des index bruts et des index lemmatisés. Les index bruts recensent
les occurrences de passions, sans distinguer imparfait du verbe passer, subjonctif du verbe passer, pluriel
du nom passion. Les index lemmatisés ramènent sous l'entrée passer v. les formes de l'imparfait et du
subjonctif et sous une entrée passion n.f. les formes passion (singulier ) et passions (pluriel).