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SECHAGE DE LA SPIRULINE

&
UTILISATION DE CAPTEURS SOLAIRES

Formation : Production spiruline à vocation humanitaire - Session 2010


www.spirulinadobrasil.com

Thierry Conroi - François Chavanes


SOMMAIRE
A) DEGRADATIONS DES ALIMENTS APRES RECOLTE Page 4
1) Les bactéries Page 4
2) Les enzymes Page 4
3) Oxydation des lipides Page 5

B) TECHNIQUES DE CONSERVATION ET SECHAGE Page 6


1) Les différents procédés de séchage Page 6
2) Les phases du séchage Page 8
3) Teneur en eau à l’équilibre Page 9
4) Facteurs influençant la qualité de séchage Page 10
a) Influence de la température de l’air
b) Influence de l’humidité de l’air
c) Modélisation du comportement de la spiruline
5) Facteurs influençant la capacité et la qualité de séchage Page 12
a) La vitesse de l’air
b) Débit d’air et quantité de produit mis à sécher
c) Caractéristiques du produit à sécher

C) ETUDE DES CAPTEURS SOLAIRES Page 15


1) Le capteur plan à air Page 15
2) Les données météorologiques et le dimensionnement des capteurs Page 17

D) EVOLUTION NUTRITIONNELLE DES ALIMENTS AU COURS DU SECHAGE Page 19


1) La dénaturation des protéines Page19
2) La dégradation des protéines Page 19
3) la perte d’aromes et de couleur Page 20
4) Comment conduire son séchage ? Page 20
a) Mesure de l’indice de solubilité des protéines dans l’eau
b) Mesure de la solubilité en milieu acide
c) Mesure des protéines totales et des sucres totaux
d) Test modifié de fixation du rouge de crésol
e) Test du contenu en phycocyanine avant et après séchage
f) Mesure de l’activité de la super oxyde dismutase (enzyme anti oxydante)
g) Méthode FAST (Fluorescence of Advanced Maillard Products and Soluble Tryptophan)

E) UTILISATION D’UN DESHUMIDIFICATEUR D'AIR NATUREL POUR TERMINER LE SECHAGE DE LA


SPIRULINE SANS CHAUFFAGE Page 25

F) PROTOCOLE D’ETUDES Page 29


1) Etude du comportement de l’ensemble capteur-séchoir Page 29
2) Protocole d’étude de la zéolithe Page 31
3) Test d’un séchage en deux temps Page 31
4) Utilisation d’un produit diminuant l’activité de l’eau Page 32

G) PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS Page 32


1) Séchoir Page 32
2) Zéolithe Page 33

-2-
Introduction :

Le thème porte sur l’étude du séchoir solaire et en particulier pour le séchage de la spiruline.
Un séchage de qualité est indispensable pour une bonne conservation de la spiruline. En effet, cette
cyanobactérie ne possède pas de mécanisme de protection une fois sortie de son milieu de culture.
Nous rencontrons également des phénomènes d’insolubilité et de dégradations liés aux traitements
thermiques agressifs.

Parmi les modes de conservation imaginables, nous évoquerons la congélation, la stérilisation en conserve,
la saumure, l’enfumage, les rayonnements et enfin le séchage.

Le séchage, en particulier solaire, est le mode de conservation le plus accessible aux populations des zones
de croissance naturelle de la spiruline.

L’intérêt du séchage est multiple, en particulier pour le solaire :


- Economie logistique (transport, conditionnement)
- Economie d’énergie et respect de l’environnement (non usage des énergies fossiles)
- Respect de l’aliment par un séchage contrôlé.
- Il assainit, stérilise la spiruline des virus et autres micro-organismes (avec des températures
supérieures à : 60°C)

Les contraintes principales sont :


- La dépendance vis-à-vis du soleil lui-même en quantité suffisante.
- L’absence de régulation de la température pour les systèmes les plus simples.
- La nécessité d’obtenir la température et l’humidité relative suffisante pour diminuer la teneur en eau
à 7%.

Les interrogations auxquelles nous souhaitons répondre sont :


- Quels sont les risques de dégradations après récolte ?
- Quels sont les mécanismes du séchage ?
- Quels sont les paramètres physiques du séchage ?
- Quels sont les critères de qualité envisageables ?
- Peut-on améliorer la qualité du séchage avec des techniques alternatives ?

-3-
A- Dégradations des aliments après récolte

La spiruline après la récolte est un aliment très vulnérable, et elle se dégrade très rapidement du fait
de :
- la détérioration microbiologique, par les bactéries
- la détérioration auto lytique, par les enzymes
- l’oxydation de la graisse

1 - Les bactéries

Les bactéries sont des micro-organismes unicellulaires invisibles à l’œil nu qui décomposent les
déchets et les corps des organismes morts. Certaines provoquent de graves maladies. Dans des conditions
microbiologiques favorables, la détérioration démarre vite dans les produits frais et non acides ou basiques,
d’autant plus vite que beaucoup de cellules ont été dégradées avant le séchage. Elles se multiplient par
10 000 en 7 heures à 35°C
Elles se développent mieux à un pH entre 4,5 et 8,5-9. La température idéale est entre 7 et 55°C . Les
températures limites de croissance sont -10 et 70C. Le chauffage prolongé les détruit sauf pour les spores.
La contamination provient de matériel mal lavé, de poussière, de personne… Le temps écoulé entre la
contamination d’un produit et son traitement joue un rôle très important.

Observez les règles d’hygiène pratiquées dans l’agro-alimentaire. Lavez-vous soigneusement les
mains à l’eau chaude et au savon après avoir fait un travail sale et avant de toucher les aliments. Changez
souvent les torchons et lavez régulièrement vos vêtements. Posez le produit sur des surfaces lisses
facilement lavables (par exemple acier inoxydable, carreaux, pierre). Tenez propres les endroits de
stockage en les lavant régulièrement avec une solution de carbonate de sodium (soude ménagère). Lavez
régulièrement les instruments utilisés. Couvrez bien les aliments. Ne gardez jamais de restes à la
température ambiante. Utilisez de l’eau propre. Au besoin, faites-la bouillir

2 - Les enzymes

Les enzymes sont des protéines qui contribuent à des réactions biologiques, notamment la conversion
de certaines substances organiques en d’autres. Après la mort des cyanobactéries, les enzymes qu’elles
contiennent sont toujours vivants et ils se mettent à décomposer ses composants en unités plus petites, ce qui
altère l’odeur, le goût et la texture. Un traitement thermique
(P.ex. la pasteurisation) permet l’inactivation des enzymes.

-4-
3 - Oxydation des lipides

Des réactions peuvent avoir lieu entre la graisse et l’oxygène de l’air. Une longue exposition à l’air,
par exemple lors du séchage et du fumage, donne aux produits gras une odeur et un goût rances.
Une expérience ayant été réalisé sur la spiruline pour mesurer le degré d’oxydation des lipides de la spiruline
lors du séchage a montré que ce phénomène d’oxydation est très faible. (Duarte J. indice de TBA e avaliaçao
da cor da Spirulina desidratada em camada delgada)

Il faut utiliser une ou plusieurs techniques de conservation pour pouvoir stocker la spiruline récoltée
et lui garder ses qualités.

La diminution de l’activité de l’eau est la technique habituellement utilisée pour la spiruline. Quand
on abaisse la teneur en eau, il ne reste dans la spiruline que de l’eau qui est fortement liée au niveau
moléculaire et plus rien n’est accessible pour les bactéries, les levures, les moisissures ou même les réactions
enzymatiques.
Cependant à ces niveaux de déshydratation, l’eau peut être de nouveau fixée à partir de l’air en
fonction de son niveau d’humidité relative (équilibre avec l’air).

-5-
Cette relation entre l’humidité d’équilibre d’un produit
et l’humidité de l’air, est mesurée et reportée sur des courbes
appelées courbes de sorption, qui sont fonction de la
température.

Courbe de sorption de la spiruline lors de son séchage à


50°C et 60°C (Oliveira E., secagem da Spirulina platensis,
analise das tecnicas de secagem de leito de jorro e camada
delgada, 2006 thèse de licence). On peut noter qu’à 50°C, on
arrive difficilement à une humidité d’équilibre de 10%, (quelque soit le temps de séchage).

B- Techniques de conservation et séchage

Parmi les techniques usuelles de conservation des aliments nous pourrions envisager la congélation,
la stérilisation en conserve, la saumure ou le séchage. Traditionnellement la spiruline est séchée au Tchad et
elle est salée sous forme de fromage au Mexique.
Pour les artisans, les techniques les plus accessibles sont le séchage, la conservation chimique et le
traitement thermique (pasteurisation).

Nous allons décrire les procédés de séchage facilement accessible dans le but :
- de comprendre les points importants à vérifier pour obtenir un séchage de qualité
- de savoir comment dimensionner un séchoir solaire en fonction de la taille de la culture
- de savoir quelles sont les possibilités d’amélioration du séchoir

Ensuite nous verrons comment évaluer la qualité de l’aliment traité, car tous les traitements de
conservation vont détériorer plus ou moins l’aliment. L’absence de traitement permet de conserver
l’ensemble des enzymes du totum spiruline, mais les aliments réfrigérés ou glacés sont réserver à quelques
magasins ou clients situés à proximité de l’exploitation.

1) Les différents procédés de séchage

a) Le salage et la déshydratation par immersion-imbibition (DII)

L’addition de sel ou de sucre permet d’arrêter le développement des microorganismes (p.ex. le salage
de la viande et du poisson). L’eau sort de la cellule vers le milieu pour équilibrer la pression osmotique,
diminuant l’activité de l’eau. Les dégradations enzymatiques et autres deviennent plus difficiles.

-6-
On peut utiliser des sels ou des
sucres. Le sucre reste dans l’espace
extracellulaire alors que les sels peuvent
pénétrer dans les cellules (faible poids
moléculaire), réduisant le gradient de la
pression osmotique et augmente le gain en
sels.
Pour connaitre la pression osmotique optimale pour la spiruline, il faudrait observer à quelle dose de soluté,
les cellules commencent à éclater.

Les aliments uniquement traités par des bains ne sont pas encore assez stables pour se conserver et il
faut quand même les sécher (poissons, dattes, viandes). Cette technique contribue néanmoins à diminuer le
temps nécessaire pour obtenir l’arrêt des dégradations.

b) Le séchage

C’est la méthode la plus accessible aux populations, surtout lorsque l’on utilise le soleil comme
source d’énergie. Elle permet en outre :
- des économies importantes de logistique lors de la diffusion ou commercialisation de la spiruline (volume
à emballer et masse à transporter),
- l’amélioration de la qualité sanitaire des récoltes douteuses par une pasteurisation partielle si la
température monte assez haut (63°C -30mn).

c) Séchage par ébullition

La vaporisation d’un liquide se produit lorsque sa température est telle que la pression de vapeur P de
l’eau de ce liquide est égale à la pression totale ambiante P t : P=Pt
Plus faible sera la pression ambiante (vide), plus basse sera la température d’ébullition de l’eau.
L’eau boue normalement autour de 100°C, alors que sous un vide poussée elle pourra bouillir en dessous de
20°C. (Processus utilisé dans la lyophilisation)

d) Séchage par entraînement

Lorsqu’un corps humide est placé dans un courant d’air suffisamment chaud et sec, il s’établit
spontanément entre ce corps et l’air:
- un transfert de chaleur de l’air vers le produit, sous l’effet de l’écart de température.
- un transfert d’eau du produit vers l’air, du fait de l’écart de pression de vapeur.

-7-
L’air sert donc à la fois de fluide chauffant et de vecteur pour l’eau enlevée :
Il entre sec et chaud dans le séchoir, il en
ressort humide et moins chaud. Air entrant
T=80°C
Pression de vapeur d’eau
On remarque que la température de
= 4000 PA
surface du produit est très inférieure à Air sortant
T=60°C
100°C, ce type de séchage est plus Pression de vapeur d’eau
= 6000 PA
efficace que le séchage par ébullition. Air au contact de la spiruline
T=29°C
Pression de vapeur d’eau = 9000 PA
Le cout énergétique du séchage peut
encore être diminué par récupération de la Spiruline
chaleur de l’air de sortie du séchoir. x

On peut définir facilement la fin du séchage, quand la température de l’air sortant du séchoir devient presque
égale à la température de l’air entrant dans le
séchoir

2) Phases du séchage

Le phénomène de séchage comprend


normalement 3 phases
1 - le chauffage du produit
2 - l’évaporation de son eau libre (vitesse
constante), absente pour la spiruline pressée.
3 - le séchage (vitesse décroissante)

Au fur et à mesure du séchage, l’eau


est de plus en plus difficile à évaporer soit du
fait de liaisons moléculaires, soit parce qu’il
faut la déplacer du centre du spaghetti vers sa surface
et éventuellement traverser la croute sèche qui à pu
se former si le début du séchage a été trop rapide.
On observe dans la courbe de séchage de la spiruline
(ordonnée = écart par rapport à la teneur en eau à
l’équilibre) :

-8-
- phase de séchage rapide de 60mn, où la température de surface de la spiruline monte lentement
- phase de séchage lent de 60 à 160mn ou la température du produit tend vers la température de l’air de
séchage. (Oliveira thèse 2006, 60°C-4kg/m²)

3) Teneur en eau à l’équilibre

La teneur en eau de la spiruline


va diminuer dans le séchoir jusqu’à une
valeur limite (équilibre avec l’air) qui
ne sera pas dépassé.
Cette teneur dépend que de la
température et de l’humidité relative de
l’air de séchage (H.R.). Elle ne dépend
pas de la vitesse ou du débit de l’air.

Si à la fin du séchage (T°C à l’entrée =


T°C à la sortie), l’ H.R. n’est pas suffisamment basse ou la température suffisamment haute, la teneur en eau
de la spiruline sera trop élevée pour assurer sa conservation.

De même si le produit est stocké quelques heures dans un air humide sans emballage (ou emballage
non imperméable à la vapeur d’eau), il se ré-humidifiera rapidement.

On peut noter sur la courbe ci contre qu’à 50°C, la teneur à l’équilibre ne passe pas en dessous de
10%, quelque soit l’humidité relative de l’air du séchoir, alors qu’à 60°C on obtient des taux inférieurs à
10% dès une HR de 40%.

Il nous semble important de différencier le temps passé dans le séchoir avec la qualité du séchage. Si
le couple température/humidité relative est insuffisant en fin de séchage, la spiruline n’arrivera pas à une
teneur en humidité de 7%, quelque soit le temps passer dans le séchoir.

-9-
4) Facteurs influençant la qualité de séchage

a) Influence de la température de l’air


Plus l’air sera chaud, plus il pourra transférer de chaleur au produit plus celui-ci pourra échanger son
humidité avec l’air. Donc le séchage est d’autant plus rapide et efficace que la température de l’air est
élevée. Celle-ci doit cependant être limitée,
- en début du séchage pour éviter de faire des croutes (c’est la situation normale d’un séchoir solaire,
qui monte en température au cours de la journée)
- en fin de séchage, au moment où l’évaporation devient faible, car la température du produit
s’approche alors de la température de l’air de séchage, ce qui pourrait dégrader les qualités
nutritionnelles de la spiruline.

Influence de la température et de la charge sur le


séchage de la spiruline (50°C et 60°C et 4kg/m²
ou 6kg/m²)
Une augmentation de la température de 10°C
entraine une diminution de la durée de séchage
de 190mn à 150mn, soit 20%.
(Thèse de Oliveira 2006).

Hors la durée du séchage, c’est aussi la durée où la spiruline sera soumise aux dégradations des enzymes,
des bactéries,…

b) Influence de l’humidité de l’air

Qu’est ce que l’humidité relative de l’air ?


Air ambiant = Air sec + vapeur d’eau (en poids)
Suivant la température, l’air ne peut contenir qu’un certain poids de vapeur d’eau. Quand cette limite est
atteinte l’air est saturé d’eau et tout apport supplémentaire se condensera en gouttelettes. L’humidité relative,
c’est le rapport :
(Poids de vapeur d’eau à saturation – poids de vapeur d’eau de l’air) / Poids de vapeur à saturation
Donc c’est la quantité de vapeur d’eau que l’air peut encore supporter avant de se saturer.
Plus l’H.R. est basse (à température égale) plus la vitesse de séchage augmente, et cela sans affecter la
qualité nutritionnelle des produits séchés (contrairement à la température).

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Pouvoir évaporatoire de l’air en fonction de sa température et de son humidité :

Humidité Température de l'air en °C


relative
20 30 40 50 60 70 80 90
en %

10 4,5 7,0 9,0 10,5 12,5 14,5 16,0 19,0

20 4,0 5,5 8,0 9,0 10,5 11,5 12,0 16,0

40 3,5 4,5 5,0 5,5 8,0 8,5

60 2,5 3,0 3,0 3,5 5,0

80 1,0 1,5 2,0 2,0 2,5

La teneur en eau à l’équilibre de la spiruline est fonction de l’humidité relative de l’air de séchage.

Il est assez difficile de modifier uniquement


l’humidité relative de l’air sans :
- l’utilisation de poudre de
dessiccation ou de matériaux à
grande variation de teneur en
humidité (argile, zéolithe)
- l’utilisation de système de
condensation sur plaque froide (avec
ou sans compression de l’air) : puits
canadien, froid industriel.
Nous envisagerons ces deux systèmes dans notre dispositif complémentaire de déshydratation.

Hadrich 2008, étude de séchage des feuilles de Bigaradier

c) Modélisation du comportement de la spiruline

Les études de Oliveira (2006) ont permis de vérifier la correspondance entre la courbe de désorption
de la spiruline et le modèle mathématique GAB de Van den Berg (1984), entre 10% et 90% d’humidité
relative.
On a une équation pour chaque température de l’air :
Xeq= ( Xm* Cg * k * HR ) / ( 1-k*HR)(1-k*HR + Cg*k*HR)
(Xeq : Teneur en eau à l’équilibre HR : Humidité relative de l’air)
- 11 -
Pour 50°C : Xeq= 11,54 HR / (1-0.87HR)x(105,08HR)

5) Facteurs influençant la capacité et la qualité de séchage

a) La vitesse de l’air

La vitesse de l’air influence positivement en début de séchage, quand l’eau libre est encore
importante. Cependant un séchage trop rapide peut engendrer la formation d’une croute sèche autour du
produit, qui va au final ralentir le séchage du cœur du produit.
Les vitesses relevées dans différentes expérimentations sont :
1,5 m/s (Elizangela oliveira, 2006, séchage de la spiruline)
0,15 m/s (Demorieux, 2004 séchage de la spiruline)
1 m/s (Touati, 2005, séchage de feuille de menthe)
2m/s (A.K. Aboubakar Dandjouma 2005 séchage de la tomate)
2,5m/s (Kuitche, 2005 séchage de oignons 45°C et 52°C)

b) Débit d’air et quantité de produit mis à sécher

Il faut doser la quantité des produits à sécher en fonction des capacités de séchage du flux d’air qui
traverse le séchoir.

On peut différencier les systèmes d’alimentation en air naturels et les systèmes mécaniques.

 Débit d’air naturel :

Le débit d’air provient de la différence de pression d’air entre l’air chaud généré dans le séchoir et l’air
ambiant. Le débit obtenu est assez faible et la régulation de la température de l’air se fait en ouvrant plus ou
moins les entrées d’air.

- 12 -
En l’absence de soleil, les capteurs refroidissent et le débit d’air et la capacité de séchage deviennent
nuls.
Un moyen de pallier aux variations
rapides consiste à stocker en partie
l’énergie captée dans des matériaux
denses (eau, pierre,…). La quantité de
matériaux à utiliser dépendra de
l’importance des épisodes nuageux. Il
faudra aussi sur-dimensionner les
capteurs pour prendre en compte les
besoins de stockage.

 Débit d’air mécanique :

Si l’on dispose d’énergie électrique, les ventilateurs assurent :


-des débits d’air élevés et stables,
-une régulation fine des températures de séchage,
-une bonne répartition des courants d’air dans le séchoir.
Les ventilateurs sont de deux types axiaux pour assurer de forts débits sous de faibles pressions.
Ci-joint la courbe de séchage de feuilles de menthe avec des débits d’air différents dans le même séchoir.
Le doublement du débit d’air entraine une diminution de 30% du temps de séchage.

- 13 -
c) Caractéristiques du produit à sécher

 Forme du produit :
Le séchage d’un produit comprend le transfert d’eau du centre du produit vers sa surface, puis de la surface
vers l’air. Pour que ces transferts se fassent correctement, il faudra :
-que la surface de contact avec l’air soit la plus
grande possible,
-que la distance entre le cœur du produit et sa
surface soit la plus faible possible (épaisseur
du produit)
Les meilleures formes semblent être les
flocons, puis les spaghettis ou les tagliatelles
(Demorieux, 2004, séchage de la spiruline)

D’autres facteurs liés à la culture ou à la


récolte semble aussi intervenir, au dire des personnes expérientes tels que :
-l’heure de la récolte (avant ou après que la spiruline a commencé la photosynthèse ou est soumise à une
illumination importante)
-le stress subi lors de la récolte (type de pompe, distance entre les bassins et les dispositifs de filtration,
temps écoulé entre la récolte et le séchage, lavage de la biomasse,…)
On peut en effet comprendre que le fait d’avoir des spirales lâches ou des spirales très serrées, le fait d’avoir
une gaine plus ou moins épaisse d’exopolysaccharides vont modifier les caractéristiques du séchage et la
qualité gustative et technologique de la spiruline

 La quantité totale mise à sécher :


Elle influence le temps de séchage, surtout lorsque les claies sont forts chargées et qu’elles se trouvent loin
de l’entrée d’air du séchoir (claie 10 par rapport à la claie 1). (Touati, 2008 Etude théorique et
expérimentales du séchage solaire des feuilles de la Menthe verte)

La conception du séchoir doit obtenir une bonne répartition des flux d’air chaud et sec sur les différentes
claies. La charge maximale des claies doit être testée pour chaque séchoir (voir protocole)

- 14 -
C- Etude des capteurs solaires

1) Le capteur plan à air

Un capteur solaire à air à comme


composant principal une plaque absorbante qui
transforme l’énergie solaire en chaleur et qui la
transmet à l’air.

Le système le plus simple : utiliser la lame d’air


située entre le toit de son séchoir et une plaque
d’isolant placée plus bas.

 Le système habituel :
- une plaque de couverture transparente qui fasse effet de serre. Elle laisse passer le rayonnement visible et
l’infrarouge proche et elle bloque le rayonnement dans l’infrarouge lointain (énergie réémise par
l’absorbeur chaud
- une lame d’air circulante, qui va véhiculer la chaleur,
- une plaque métallique absorbant l’énergie solaire, peinte en noir ou qui a reçu un traitement sélectif de
surface pour piéger les photons (oxyde de nickel, chrome ou titane),
- un isolant pour éviter les déperditions de chaleur par le fond du capteur

Les matériaux à effet de serre sont : le verre


(normal ou de serre = appauvri en fer), le
polycarbonate, certains films plastiques
contenant de l’E.V.A (Ethylène Acétate de
Vinyle) qui se dilatent beaucoup à la
chaleur.la durabilité des matériaux :
- très élevée pour le verre
- moyenne pour le polycarbonate (10
ans)
- faible pour les films plastiques (3ans)

- 15 -
 Le rendement théorique d’un capteur varie entre 20% et 55% suivant la température souhaitée en
sortie du capteur, il dépend de :
- la qualité captation et rétention des rayons du soleil (pertes de 20 à 30%)
- des pertes de chaleurs du capteur. Elles seront d’autant plus importantes que l’on veut travailler à
température élevée.
- de la présence de chicanes qui vont augmenter le trajet et les turbulences entre l’air et l’absorbeur

 Des études sur la forme des surfaces absorbantes ont permis d’améliorer l’efficacité des capteurs à
air:

- l’augmentation des surfaces d’échange par des rebords, un double passage de l’air (au dessous puis
au dessus des absorbeurs)

- 16 -
- l’insertion d’obstacles qui introduisent des turbulences ou l’insertion de chicanes qui allongent le
parcours de l’air sur la surface absorbante (séchage de la figue)

2) Les données météorologiques et le dimensionnement des capteurs

Elles servent à dimensionner la surface de capteurs nécessaire pour le séchoir :


- la radiation solaire journalière, qui peut être utilisée par le capteur au cours d’une journée. En zone
tempérée, elle varie beaucoup entre les différents mois de l’année. En zone équatoriale elle est plus
constante.
- L’humidité relative moyenne de l’air, qui varie beaucoup entre l’été et l’hiver pour certains climats
(voir Anapolis-Brésil)
- La température de l’air ambiant : plus elle sera élevée, meilleur sera le rendement du capteur pour
une température de fonctionnement de 50 ou 60°C. On peut voir que la température et l’humidité
relative varient beaucoup au cours d’une même journée (15/09/09 au Brésil)

Données de Toulon, au 15 du mois -

jan fév mars avr mai juin juil août sep oct nov déc année

Déclinaison (°) -21 -12 -2.4 9.6 18.8 23.4 21.2 13.2 1.8 -10 -19 -23 0.0

Insolation (h) 4.87 5.5 6.67 8.59 9.56 10.93 12.32 10.54 8.31 7.18 5.2 5.03 7.73

IGH (kWh/m²) 1.86 2.92 4.08 5.47 6.28 7.44 8.03 6.5 5.11 3.25 2.22 1.64 4.57

T air moy (°C) 9.4 10 11.7 13.3 17.2 20.6 23.9 23.9 21.1 17.2 12.8 10.6 16

T eau moy (°C) 12 12 13 14 16 18 19 19 18 16 14 13 15.3

Humidité rel (%) 75 75 73 73 74 73 70 70 70 75 76 76 73.3

- 17 -
Données de Anapolis –Brésil en aout et décembre
HR HR Temp. Temp.
HR Temp. Med. Radiação Solar
Dia Precip. Prec.Acum. (Min) (Moy) Max. ºC Min. ºC
(Max) % ºC de l’air Diaria MJ/m²
% % Jour Jour

1/8 0.00 0.00 48.0 23.0 33.7 30.5 20.1 24.92 16.2

2/8 0.00 0.00 50.0 30.0 40 29.6 21.8 25.58 11.8

3/8 0.00 0.00 63.0 29.0 42.5 31.0 20.9 25.72 13.1

5/12 23.50 29.00 100.0 75.0 100 26.0 18.5 20.4 10.2

6/12 0.75 29.75 100.0 69.0 92.2 27.0 18.0 20.8 17.3

 De quelle quantité de capteur devons nous disposer ?

Il serait intéressant de savoir évaluer la capacité d’un séchoir, cependant elle dépend à la fois :
- Des caractéristiques de l’air ambiant (température et humidité relative) qui sont variables d’une
heure à l’autre au cours de la journée et d’une saison à l’autre,
- Des caractéristiques du produit à sécher, qui varient au cours du séchage en fonction de la
température et de la teneur en humidité de la spiruline.

En terme d’énergie, pour vaporiser un kilo d’eau libre il faut une énergie de 2250 kJ et pour vaporiser
un kilo d’eau dans un aliment il faut en moyenne 3500 kJ/ kg d’eau.
Prenons le cas de la récolte d’un bassin de 600m² (10g/m²/j), produisant 30 kg de biomasse pressée
dont 23kg d’eau à évaporer. Soit 23kg x 3500kJ = 80500 kJ (23 kWh) à apporter pendant le nombre
d’heures de séchage recherché (4 heures). Hors une journée ensoleillée de mai à Hyères apporte environ
6,33 kWh /m² de capteur, dont 50% (3kWh) sont apportés au moment où nous souhaitons sécher. Si le
rendement de l’installation est correcte (60%), c’est environ 2 kWh/m² qui arrivent au séchoir, ce qui signifie
qu’une surface de capteur de 11,5m² peut être envisageable. Si nous disposons des données d’ensoleillement
et des périodes de production, on peut affiner cette évaluation en prenant les jours critiques.
Lors de la première année de séchage, il faudra vérifier les températures atteintes dans le séchoir et
définir le nombre de ventilateurs nécessaires pour que les températures ne dépassent jamais les 60°C.
Ces données sont théoriques et sont à nuancer en fonction de l’humidité relative de l’air ambiant. En
effet, en condition équatoriale, avec un air qui est saturé en humidité à 30°C, il sera très difficile d’obtenir un
séchage correct.

- 18 -
D- Evolution nutritionnelle des aliments au cours du séchage

Le séchage entraîne des modifications de la composition et des qualités nutritionnelles de la spiruline,


comme tout traitement thermique : dénaturation des protéines et des vitamines, réactions de brunissement,
in solubilisation des protéines.

1) La dénaturation des protéines

C’est un processus complexe qui induit des changements de forme de ces molécules
tridimensionnelles. Les déformations peuvent être réversibles ou irréversibles et ses effets sont
variés comme la perte d’activité biologique, l’augmentation du risque de dégradation chimique (exposition
des liaisons peptidiques moins stables), des modifications de la solubilité ou du pouvoir de rétention d’eau
ou de la viscosité des solutions.

2) La dégradation des protéines

Elle n’affecte pas seulement la forme mais la composition des protéines. Elle aboutit par conséquent
à la formation d’autres produits, parfois indésirables.

Les plus connues se réalisent suite au chauffage:


- la formation de nouvelles protéines dont certaines anormales : des iso peptides (chauffage liant la lysine à
d’autres acides-aminés), des lysinoalanines (chauffage en milieu basique) moins digestibles
- les réactions de Maillard, entre un sucre réducteur et un groupement aminé. Ces réactions sont à la base de
la production des odeurs, des aromes et des pigments caractéristiques des aliments cuits. Elles peuvent aussi
donner naissance à des composés cancérigènes ou réduire la valeur nutritionnelle des aliments en dégradant
les acides aminés essentiels.

Beaucoup d’études ont été menées dans le cas du lait. La sensibilité thermique de chaque constituant
protéique a été précisée (Larson et Rolleri, 1955). De nombreux facteurs physiques et chimiques (pH,
concentration, addition de sels ionisés, de cystéines,…) influencent la stabilité thermiques des protéines
solubles (Nielsen et al, 1973 ; Townend et Gyuriseck 1974). Dans le cas du lait, la dénaturation des
protéines solubles se produit essentiellement entre 65°C et 80°C (Larson et Rolleri, 1955).

PND : pourcentage de protéines non dénaturées

- 19 -
3) la perte d’aromes et de couleur

L’étude du noircissement des feuilles de certaines plantes pendant le séchage a révélé que la couleur
verte est maintenue à condition que le séchage s’effectue à une température inférieure ou égale à 55°C (B.-
B ; Odile, 1991 p31 thèse)

4) Comment faut-il conduire son séchage ?

Les possibilités sont :


-à faible température (<40°C) appliquée longtemps. On aura alors une longue période pendant laquelle il y
aura des dégradations enzymatiques de la spiruline
-à température élevée (60°C) appliquée peu de temps. On aura moins de dégradations enzymatiques mais on
aura plus de dégradations dues aux réactions de Maillard.
- en plusieurs phases, à 60°C en début de séchage et à 50°C ou moins par la suite.

- 20 -
Pour choisir, il faudrait être capable de mesurer la dégradation des qualités nutritionnelles, surtout
des protéines. Ces mesures sont nombreuses et difficiles à interpréter au niveau nutritionnel, car il y a de
nombreuses protéines ayant chacune une réaction différente au chauffage qui va faire varier plus ou moins
ses propriétés fonctionnelles.

Toutes les études menées ont montré qu’un traitement thermique doux augmente la digestibilité des
protéines alors qu’un traitement à plus haute température les insolubilise.
Nous allons examiner les différentes études qui ont été réalisées pour déterminer quelles conclusions en tirer
et quel protocole serait le plus intéressant à suivre pour mener des études au CFPPA

a) Mesure de l’indice de solubilité des protéines dans l’eau

Indice = rapport des protéines solubles par rapport aux protéines totales.

La majorité des protéines sont solubles dans l’eau dans la spiruline fraiche.
La solubilité tend à augmenter par chauffage jusqu’à 40°C -50°C puis, au dessus de ces températures, elle
diminue au fur et à mesure de la dénaturation des protéines (Sgarbieri, 1996).
La spiruline fraiche a une solubilité protéique de 25%.
Après le passage dans un séchoir à lit fluidisé à 70°C elle varie de 26% à 37%. (Elisangela Oliveira, 2006).
Dans cette étude, une mesure de la digestibilité in vitro de la spiruline a aussi été faite. La spiruline fraiche
ayant un digestibilité in vitro de 47%, alors que les spirulines séchées ont une digestibilité moitié moindre
(de 19 à 21%).

b) Mesure de la solubilité en milieu acide (Elisangela Oliveira, 2006)

On ajoute 2,5g de spiruline sèche à 50ml de solution d’acide chlorhydrique 0,1N. On agite pendant 15mn
puis on centrifuge à 3500 rpm pendant 15mn. On filtre le contenu des tubes et on détermine la quantité de
protéine du surnageant par la méthode micro Kjeldhal avec un facteur de conversion de 6,25.

Séchage de la spiruline Indice de solubilité


50°C et 4 kg de spiruline humide/ m² 50,2 - 51,4
60°C et 4 kg de spiruline humide/ m² 63,6 - 81,6
50°C et 6 kg de spiruline humide/ m² 38,3 - 42
60°C et 6 kg de spiruline humide/ m² 39 - 53

On note que la solubilité est significativement différente suivant la charge mise à sécher, puis suivant la
température

- 21 -
c) La mesure des protéines totales et des sucres totaux (H. Desmorieux, 2004)

L’extraction des protéines est faite sur de la spiruline lavée et cassée par ultrason. Le contenu est déterminé
par l’utilisation de l’acide bicinchoninique (BCA). Les quantités sont mesurées par comparaison avec la
BSA (serum-albumine bovine) qui sert de standard au spectrophotomètre à 562nm,
Concentration en protéine en fonction de la température de séchage
température Masse fraiche 40°C 60°C 70°C
% de protéine 100% (témoin) 90% 88% 84%
séchage en étuve
% de protéine
séchage par 100% 75% 80%
convection
Les résultats obtenus montrent des pertes de 10% à 20%, avec une faible corrélation entre le taux de perte et
la température (il augmente pour le séchage à l’étuve mais il baisse pour le séchage par convection) et une
corrélation plus importante avec le système de séchage (étuve, convection, radiation infrarouge, spray dryer,
lyophilisation)
La variabilité est importante entre les expériences de séchage pour le même protocole de séchage (variations
de ± 10%).

- 22 -
Mesure des sucres totaux (H. Desmorieux, 2004)

De l’acide sulfurique concentré et du phénol


sont mélangés au produit avant la mesure de
l’absorbance à 480nm, et la comparaison à
l’absorbance d’une solution de glucose de 0 à
100 g/l. (méthode de Herbert)
Les pertes en sucres sont de 30% et varient
peu avec la température.

d) Test modifié de fixation du rouge de crésol (test de cuisson du soja, Zelter, 1971)

Le rouge de crésol a été utilisé comme test empirique pour évaluer la sur-cuisson des tourteaux de soja et
éviter la baisse de digestibilité de leur protéine pour l’alimentation animale. Dans cette étude, la solubilité
des protéines dans l’eau avait aussi été utilisée et son altération était faible jusqu’à un seuil de 100°C à partir
duquel elle baissait fortement.
La solubilité dans l’acide variait de manière plus régulière, de même que le test au rouge de crésol.

e) Test du contenu en phycocyanine avant et après séchage

On met 40mg de spiruline sèche dans 10ml de tampon phosphate à 100mM. On agite jusqu’à dissolution
complète, puis on laisse la solution à 4°C pendant une nuit. On centrifuge à 3500 rpm pendant 5mn après
agitation, avant la lecture de l’absorbance à 615 nm, en utilisant le tampon phosphate comme base.

Les méthodes industrielles de séchage (spray dryer et convectifs) entrainent une perte de 50% (SARRADA
et Al, 1999).

Les mesures effectuées par Oliveira sur un séchage « artisanale » montre des pertes plus faibles
Méthode de séchage Solubilité protéique à l’eau Teneur en phycocyanine
frais 25,2 + ou - 3,7 65,1 + ou -0,1
Séchoir convectif à 60°C, 4kg/m² 37,8 + ou - 2,5 54,5 + ou -0,1
Séchoir lit fluidisé 70°C 35,1 + ou - 4,5 60,7 + ou -0,1

- 23 -
Le séchage convectif, même à 60°C, ne conduit pas à une dégradation drastique des composants de la
spiruline. Par contre, elle pourrait entrainer l’apparition d’odeur ou de goût désagréables mais cela n’a été
mesuré dans aucune étude. C’est une constatation rapportée par les exploitants et qui serait fort diminué par
le lavage de la spiruline avant son séchage, qui la rend plus « douce » au goût. Les éléments du milieu de
culture ne sont donc pas du tout neutres.

f) Mesure de l’activité de la super oxyde dismutase (enzyme anti oxydante)

On mesure la capacité de cette enzyme d’inhiber la réduction du nitro tetrazolium par les radicaux libres
super oxydes, générés en milieu de réaction par la photo réduction de la riboflavine. Le dosage est
colorimétrique par absorbance à 560nm.
Ce type de travail n’a pas encore été fait pour la spiruline.

g) Méthode FAST (Fluorescence of Advanced Maillard Products and Soluble Tryptophan)

Méthode simple, rapide et peu couteuse qui mesure la concentration d’un ou des produits de
dégradation de l’acide aminé tryptophane.

200
Fluorescence en cps/g de protéines

Protéines solubles
180
y = 0,0057x 2 + 0,6012x + 9,7962
160 R2 = 0,9973
140
120
100
80
60
y = 0,6699x + 5,6064
40
R2 = 0,9973
20 Protéines totales
0
0 50 100 150
Temps d'incubation à 60°C

- 24 -
Les mesures réalisées permettent de conclure qu’un séchage jusqu’à 60°C est envisageable et que la
meilleure conduite d’un séchoir solaire serait :
- un séchage à 60°C en début de séchage alors que la température de la spiruline reste bien inférieure
du fait de l’évaporation de grande quantité d’eau
- un séchage à moindre température 45-50°C en milieu de séchage, en sachant que ces températures ne
permettront pas toujours d’obtenir un teneur en humidité à l’équilibre assez basse pour la spiruline.
- Une déshydratation complémentaire à « froid ».

Le séchage dans un séchoir solaire ne permet cependant pas de suivre ces règles puisqu’il démarre à basse
température pour arriver vers 14 h à son pic de température, au moment où celle-ci est le plus préjudiciable.
Pour contrer cet effet naturel, il faudrait envisager une régulation de la température au cours de la journée:
- par augmentation du débit d’air
- par modification de la surface des capteurs au cours de la journée, une partie de ceux-ci pouvant être
détourné vers d’autres tâches pour stocker l’énergie (séchage de matériaux adsorbants, chauffage de
réservoir d’eau)

La construction d’un séchoir sans régulations place l’exploitant dans la position de faire un produit
dont il ne contrôle pas la qualité (excès de température ou séchage insuffisant).

L’utilisation d’un moyen de déshydratation complémentaire pour retirer les derniers grammes d’eau,
indépendamment des conditions météo, semble indispensable pour assurer à 100% la qualité du
séchage.

E- Utilisation d’un déshumidificateur d'air naturel pour terminer le séchage de la


spiruline sans chauffage

Pour améliorer la capacité de séchage de l'air, on peut prévoir un dispositif de déshumidification de l'air qui
abaisse son humidité .

Les différents procédés sont :

1) par condensation lors du passage sur une surface à température inférieure au point de rosée de l’air.
Exemples :
• passage d’un flux d’air au travers d’un puit canadien (15°C) lors des chaudes journées d’été (30°C),
• passage d’un flux d’air au travers du serpentin froid d’un déshumidificateur électrique

- 25 -
2) par adsorption sur des solides qui captent l’eau sur leur surface.

Les avantages de ces produits sont:


- d’éviter de chauffer la spiruline avec les pertes de qualité nutritive que cela peut entrainer.
- de « stocker » des capacités de séchage utilisable en l’absence de rayonnement solaire (fin de
journée)
- de pouvoir se régénérer indéfiniment par chauffage

Les difficultés de ce système sont :


- la faible quantité captée par kg d’absorbant (de 10 à 50g d’eau /kg), et le temps important nécessaire
pour capter cette eau,
- les températures parfois élevées nécessaires à la régénération des capacités,
- la capacité variable suivant les produits de capter de l’eau fortement liée ou sous faible humidité
relative (pour le passage d’une teneur en humidité de la spiruline de 10% à 7%).

Deux schémas sont envisageables:


- régénérer une quantité importante d’adsorbant grace au soleil et conserver la zéolithe sèche dans une
enceinte hermétique jusqu’à son utilisation.
- régénérer une petite quantité d’adsorbant de manière continue : système de roue chargée en zéolithe qui, en
tournant, est soit au contact du matériel à sécher, soit au contact d’un milieu qui la régénère.

Le premier étant le plus simple à mettre en place, c’est celui que nous testerons dans cette étude.

On peut citer comme types de matériau adsorbant:


Le chlorure de lithium, les silica gels, les gels d’alumines, les sels hydratables tels que le lithium chloride,
les sulfates d’aluminium ou de cuivre, le chlorure de calcium, les liquides desséchants, les polymères.
On différencie deux comportements :
- la capacité à adsorber beaucoup d’eau, sauf pour les basses teneurs en humidité
- la capacité à adsorber peu d’eau mais qui ne se dégrade aux basses teneurs en humidité. Par exemple le
lithium chloride capte beaucoup d’eau dans une ambiance très humide mais presque rien dans une ambiance
sèche, alors que le silica gel est aussi capable de capter de l’eau en ambiance sèche.

L’argile a aussi des propriétés adsorbantes, mais elles se dégradent au fur et à mesure de son utilisation. Les
zéolithes (aluminosilicates) sont stables et assez répandues dans le monde.

- 26 -
Principe de fonctionnement d’un matériau adsorbant (tel que la zéolithe) :
Elle perd son humidité en étant chauffée dans une ambiance à point de rosée élevée (température élevée et
faible pression de vapeur d’eau).
Elle capte de l’humidité lorsque sa température baisse et dans une ambiance à faible point de rosée
(température faible et pression de vapeur élevée)

Lignes isoteres = à teneur en humidité constante de la zéolithe


280g/kg 260g/kg 230g/kg
Desorbtion sous
50 atmosphère à
CYCLE haut point de rosée
ADSORBTION
Température de rosée °C

40 DESORPTION

30

20

10 Adsorbtion sous
atmosphère à bas
Point de rosée

40 60 80 100 120
Température de la zéolithe x13

La régénération doit être obtenue par chauffage de la zéolithe


(solaire, biogaz, …) dans une ambiance à point de rosée élevée
obtenue en l’encadrant d’une plaque froide sur laquelle se
condense l’eau évaporée. Le schéma ci-joint montre une boite à
zéolithe (grise) où celle-ci est chauffée par un serpentin au centre
de celle-ci et où l’eau se condense sur une boite externe (noire)
avec un serpentin à eau froide.
Dans notre expérimentation, nous utiliserons l’énergie solaire
pour chauffer la zéolithe et le principe de Watt pour retirer l’eau
de l’enceinte.
Le principe de Watt peut s’énoncer de la manière suivante :
Supposons deux récipients reliés par un tube, et que l'on peut
isoler l'un de l'autre par un robinet. Un des récipients contient de l'eau à 100°C (récipient A) et l'autre de
l'eau à 0°C (id. B).Tant qu'ils ne sont pas en contact, la pression des vapeurs d’eau à l'intérieur de ces
- 27 -
récipients valent 760mmHg (A) et environ 4,6mmHg (B).Quand on ouvre le robinet, la vapeur de A passe en
B, ou elle se condense en eau. Or la pression de A ne peut rester supérieure à celle de B. On est donc en
présence d'un transfert de vapeur de A vers B sans augmentation de pression de vapeur dans B.

Dans notre expérience, nous utilisons les zéolithes qui nous ont été aimablement fournie par la société
Somez de Montpellier, et un déshumidificateur que nous avons construit avec les moyens du bord et qui
comprend :
- une face de captation de l’énergie solaire, pour faire monter la température lors de la phase de
régénération (surface vitrée + plaque noire)
- une couche de zéolithe ayant une surface de contact importante avec l’air
- un récipient isotherme relié au caisson à zéolithe, et qui contient une plaque froide pour condenser
l’eau (tôle + glaçon)

A l’ombre et au froid (nuit) Au soleil = phase de régénération de la zéolithe


= phase d’adsorbtion
Surface vitrée Caisson isotherme
Plaque noire
avec glaçon
couche de zéolithe (2-3cm)
tiroir à spiruline

Le caisson est placé au soleil pour se régénérer (stockage de chaleur sensible) et il peut être utilisé
lorsqu’il a refroidi à température à l’ombre et à température ambiante.

En imaginant qu’une première phase de séchage de 90 à 120 mn dans un séchoir solaire à 55°C fait passer la
spiruline de 80% à 20% d’humidité, les questions que nous souhaitons aborder sont :
- quelle quantité de produit adsorbant est nécessaire pour faire baisser l’humidité de la spiru3line de
20-30% à 7%, soit environ 230g d’eau par kilo de masse sèche ?
- jusqu’à quel point la zéolithe se régénère correctement dans notre dispositif lorsqu’il est placé au
soleil ?
- Quel est le bon dimensionnement de ce système pour une exploitation de 600m² ?

- 28 -
F- PROTOCOLE D’ETUDES

Nous avons du imaginer puis construire le matériel nécessaire à l’étude, avec des matériaux low cost ou
de récupération, soit :
- un capteur solaire à plaque de x m², placé au sud de la serre,
- un petit séchoir pour 4 claies où l’air traverse les claies du fait d’une dépression crée en sortie du
séchoir par deux ventilateurs d’ordinateur de 12 cm de diamètre
- un déshumidificateur à zéolithe, selon un schéma que nous avons imaginé à la page précédente et qui
contient environ 11 kg de zéolithe à grosse granulométrie.

1) Etude du comportement de l’ensemble capteur-séchoir

Pour évaluer le capteur-séchoir, nous mesurons l’évolution de la température de l’air entrant dans le
séchoir en fonction du rayonnement solaire et de la température extérieure.
On pourra en conclure la qualité du séchage en fonction de la météo et des saisons, grâce au modèle
mathématique prévisionnel GAB pour la spiruline suivant la température atteinte.
Ainsi à 50°C : Xeq= 11,54 HR / (1-0.87HR)x(105,08HR)

On peut ensuite mesurer l’évolution du poids de matière mise à sécher au cours du temps, pour
vérifier l’influence :
- du débit d’air sur la température (un ou deux ventilateurs mis en fonction)

- 29 -
- de la quantité de spiruline mise à sécher
- de la souche mise à sécher
- de la forme de la spiruline : spaghetti, flocons, …
- des prétraitements effectués avant le séchage (salage ou addition de sucre pour faire augmenter la pression
osmotique)

Les paramètres à suivre sont récapitulés dans une fiche de séchage :

souche et
bassin lonar bassin 3 Mesure des temp. et H.R. 1 2 3
Poids mis à
sécher: 78 Heure 10h15 11h12 12
Temps de séchage 0 1 1,75
spaghetti -
flocons spaghetti T°C air dans séchoir 33,4 ° 37,6 ° 40,3 °
Nb claies
utilisées: 2 HR% dans séchoir 46% 42% 39%
Nb
ventilateurs 2 T°C spirul. dans séchoir
Vitesse air
sortie 3,8 km/h Poids spiruline 129,0 g 74,0 g 62,0 g
surface sortie T°C air ext 11,4 ° 13,3 ° 14,0 °
débit Eclairement KLux 95 108 110
date 12/03/2010 HR % ext 55%
teneur en
humidité 81% 67% 60%

Teneur en humidité : X = (Mh-Ms ) / Ms = mesure de la masse


Mh : masse humide (kg) Ms : masse sèche (kg)

Le poids de la spiruline est mesuré à intervalle régulier par pesage de l’ensemble « spiruline + claie ». La
teneur en humidité est définie après passage à l’étuve de la spiruline à la sortie du séchoir (120°C pendant
une nuit)

- 30 -
2) Protocole d’étude de la zéolithe

Mesure de la capacité de régénération et d’adsorption des deux zéolithes confiées par la société SOMEZ
à 70°, 90° et 120°C.

- mettre les échantillons sur des claies en métal dans l’étuve


- chauffer l’étuve à 120°C pendant 24 heures et retirer l’échantillon
- peser l’échantillon et on l’enfermer hermétiquement pour le laisser refroidir jusqu’au lendemain
- ouverture de la boite dans une ambiance dont l’humidité est connue et idéalement proche de celle où l’on
voudra travailler avec le séchoir, on laisse la zéolithe adsorber l’humidité pendant X-heures jusqu’à
stabilisation du poids.
Résultats obtenues : poids d’eau absorbée dans les plages de températures et d’hygrométrie utilisées pour le
séchage.

Protocole d’utilisation de la zéolithe dans le séchage de la spiruline.

Réalisation d’un coffre :


- capteur solaire au dessus verre + plaques noires non jointives
- avec des parois internes recouvertes d’un film étanche à la vapeur d’eau
- un étage à zéolithe constitué d’un grillage posé sur un cadre
- une glacière mise en parallèle avec de la glace où l’eau évaporée sera attiré et se condensera

A l'ombre et au froid (nuit) Au soleil = phase de régénération de la zéolithe


= phase d'adsorbtion
Surface vitrée
Plaque noire Caisson isotherme
avec glaçon
= condenseur

couche de zéolithe (2-3cm)

tiroir à spiruline

3) Test d’un séchage en deux temps

On séchera d’abord à 60°C ou à température maximum du séchoir pendant 60 à 90 minutes puis on


utilisera le procédé d’adsorption d’humidité par zéolites.
La spiruline sera extraite du séchoir pour être placée dans le déshumidificateur jusqu’à l’obtention de
l’humidité d’équilibre.
- 31 -
4) Utilisation de produit diminuant l’activité de l’eau

On peut appliquer, à la fin du lavage de la spiruline, une pression osmotique élevée à l’extérieur de la
cellule. Cela va faire migrer l’eau de l’intérieur vers l’extérieur des cellules.
Il faut utiliser une salinité au moins supérieure à celle du milieu de culture, sinon il y aura une entrée d’eau
dans la spiruline (et une sortie de sel).
On peut utiliser un mélange de sels de potassium ou de magnésium (40 à 70g/l) ou des molécules plus
volumineuses qui ne passent pas au travers de la membrane de la cellule, comme un sirop de sucre.

G- Présentation et analyse des résultats

Le temps nécessaire à la construction des dispositifs de séchage, les mauvaises conditions


climatiques et la nécessité d’assister au cours dispensés ne nous ont permis de réaliser que deux expériences
de séchage , le vendredi 12/03/10 et le dimanche 14/03/10.
La précision des mesures est de :
+-1g sur des mesures de variation de poids de 100g dans le cas du séchage de la spiruline et de 20à 30 g
dans le cas de l’adsorption de la zéolithe.
La mesure de la teneur en eau après étuvage a été de -+1g sur une perte de poids de 6g dans la première
expérience (limite de précision de 16%) et de -+0,1g sur une perte de poids de 3,5g (limite de précision de
4%)

1) Ensemble capteur-séchoir

La même souche de spiruline (lonar), provenant du même bassin, a été utilisée pour les deux
expériences.
Le premier séchage a débuté vers 10h et deux ventilateurs ont été utilisés avec une vitesse de l’air de 3,6 m/s
et une section de 80 cm².
Le second a commencé vers 8h avec un ventilateur branché et un ventilateur condamné.

Les conditions climatiques (éclairement et températures extérieures) étaient légèrement meilleures pour le
second séchage. Il y avait environ 10% d’éclairement en plus et 20% de température extérieure.
La température intérieure du séchoir est nettement plus élevée que la température extérieure : ainsi à midi la
température passait de 14°C à l’extérieur à 40,3°C en sortie du séchoir ou de 17°C à 50°C dans l’expérience
2.
Quelle est l’influence respective du nombre de ventilateur en service et des conditions météo dans l’atteinte
d’une température plus élevée dans l’expérience 2 ?

- 32 -
120,0

100,0

80,0

60,0

40,0

20,0

0,0
-0,40 0,60 1,60 2,60 3,60 4,60 5,60 6,60
temps de séchage

teneur en eau 1 éclairementKlux1 humidité relative 1 température séchoir1


température air ext1 teneur en eau 2 éclairement kLux 2 température air extérieur 2
température séchoir 2 humidité relative 2

Il ne nous est pas possible de répondre.

L’humidité relative à l’intérieur du séchoir était quasi identique dans les deux expériences.

Pendant la première heure de séchage :


Exp 1 - perte de teneur en eau de 14% (81% à 67%) température séchoir de 35°C - HR de 45% - 2 vent
Exp 2 - perte de teneur en eau de 18% (78% à 60%) température séchoir de 27°C - HR de 70% - 1 vent
Donc , on perd donc environ 15% de teneur en humidité pendant la première heure et le séchoir se comporte
à l’opposé de ce qu’il devrait. Il y a donc une influence importante de l’heure de récolte sur la capacité de la
spiruline à perdre son eau. Ce phénomène peut être du à la reprise de la photosynthèse et de la production
d’exo-polysaccharides (EPS) avant la récolte.

Pendant la deuxième heure de séchage :


Exp 1 - perte de teneur en eau de 6,5% (67% à60,5%) température séchoir de 38,5°C - HR de 40% - 2 vent
Exp 2 - perte de teneur en eau de 37% (60% à 23%) température séchoir de 39,5°C - HR de 55% - 1 vent
Il y a accentuation du phénomène relevé pendant la première heure puisque on est encore à 60%
d’humidité dans un cas et 23% dans l’autre.
La spiruline de l’expérience 1 perdra elle aussi 35% d’humidité en une heure mais à la 5eme heure de
séchage, alors que ni la température, ni l’humidité relative n’évoluaient plus depuis 2 heures ou baissait.

- 33 -
En comparant l’allure de notre courbe avec celles obtenues par Oliveira, c’est la courbe de l’expérience 2 qui
correspond à la normale. Presque 80% de l’humidité peut être perdu au cours des deux premières heures de
séchage, les 3 à 4 heures suivantes de séchage serviront à retirer moins de 15% de la teneur en eau et
demanderont de chauffer la spiruline à plus de 50°C.

Ces résultats devront être confirmés par les mesures de paramètres d’autres expériences de séchage au cours
de l’été 2010. Pour cela, il faudrait avoir au moins 2 sondes de températures électroniques LM35 (ou plus)
reliées à un petit voltmètre et un hygromètre pour mettre dans le séchoir.

2) Zéolithe

Nous avons voulu déterminer les capacités d’adsorption des deux zéolithes en notre possession.

Pour cela nous avons :


- Placé celles-ci sur des claies en étuve pour l’assécher (2 jours à 150°C et 4h à 90°C)
- Refroidi celles-ci jusqu’à la température ambiante, à l’intérieur d’un boite hermétique
- Ouvert les boites et mesuré la reprise d’humidité au cours du temps.

Nous avons ensuite testé une fois , en fin de formation, le dispositif de régénération solaire, en le plaçant de
13h à 16h.

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45

40

35

30
Poids d'eau absorbée

25

20

15

10

0
0 5 10 15 20 25 30
Durée (en heures)

petit grain étuvé à 150°C gros grain étuvé à 150°C petit grain étuvé à 90°C - 4h gros grain étuvé à 90°C -4h

Résultats :

La zéolithe reprend un faible pourcentage d’humidité, de 2 à 4% de son poids. C’est assez décevant
lorsque l’on compare au silica gel qui récupère jusqu’à 30% de son poids à 23°C, sous une humidité relative
de 80%.

Le type de zéolithe et sa granulométrie ont une influence :


La zéolithe à grain fin a repris 42g d’eau par kilo contre seulement 25g pour celle à gros grain.

L’humidité est captée de manière régulière sur une longue période de temps : 24h

La zéolithe à grain fin mise à l’étuve à 90°C pendant 4 heures régénère seulement 50% de ses capacités.

Nous avons essayé de terminer le séchage d’une spiruline à 13% d’humidité dans une enceinte hermétique
remplie de zéolithe régénérée à l’étuve. Nous avions mis 29 grammes au départ et nous avons mesuré après
24 heures un poids de 31 grammes. Nous en concluons que la zéolithe n’est pas efficace pour adsorber
l’humidité résiduelle de la spiruline.

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Nous avons ensuite testé le dispositif de régénération solaire de la zéolithe en mesurant le poids d’eau
condensé sur la plaque froide.
Seulement 4 g d’eau se sont condensée dans le condenseur pour 11 kg de zéolithe mise à régénérer.
Notre dispositif est donc à revoir, en prévoyant une circulation d’air entre le caisson à zéolithe et la boite de
condensation, en introduisant un second passage entre les deux caissons.

Conclusion :

La météorologie n’a pas été du tout favorable et seules quelques jours nous ont permis d’effectuer
des mesures de séchage.

50 grammes ont été séchés en 3 heures. Ce qui est encourageant.


Nous insistons sur l’importance de disposer d’un mode de séchage alternatif (gaz, biogaz, autres.)
Pour mémoire, nous rappelons qu’une surface de 10 m² de capteur serait adaptée à un bassin de 500 m².
Les données bibliographiques mentionnent qu’un séchage à 50°C ne garantit pas l’obtention du taux
d’humidité résiduelle à 7% quelque soit la durée du séchage.
Pour atténuer ce taux d’humidité résiduelle, nous avions optée pour la zéolithe considérant qu’il était
relativement simple de s’en procurer dans différentes zones géographiques et qu’elle peut théoriquement être
régénérée avec un capteur solaire.
Elle n’a pas démontrée son efficacité en tant que matériau adsorbant. (Capacité d’adsorption de 4% contre
30% pour le silica-gel.) Nous préconisons donc de tester d’autres matériaux adsorbants.
Les équipements réalisés restent à disposition du formateur et de nos successeurs pour prendre la suite de ces
recherches.
Nous remercions tout particulièrement Claude et Philippe Villard pour leurs encouragements constructifs
tout au long de cette étude ainsi que Jean Paul Jourdan qui, par l’ampleur de son travail consacré à la
spiruline, est indéniablement un guide précieux pour nos travaux présents et futurs.

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ANNEXE 2

EXEMPLE DE SECHOIR SOLAIRE DANS UNE EXPLOITATION

Nous avons visité les installations de séchage d’une exploitation dont nous donnons les caractéristiques ci-
dessous :

Le séchoir est une pièce de 2,5m par 3,6 m avec une hauteur de 1,9 m donc présentant une section de 5m².

Il est alimenté par :

- soit un capteur solaire constitué de 18m² de tôles ondulées peintes en noir et placées dans une serre
attenante.
L’air est aspiré de cette partie par un gros ventilateur et il est conduit jusqu’au séchoir par un conduit de 4m
bien isolé.
L’entrée dans le séchoir est une entrée unique de diamètre 50 cm où la vitesse de l’air atteint 1,5 m/s (10,5
nœuds). Le débit d’air dans le séchoir est donc de 1000 m3 /heure.
- soit par un chauffage au gaz dont le diamètre est de 27cm et la vitesse de l’air de 0,2m/s
La sortie du séchoir est faite à l’opposé de l’entrée
Il est mis à sécher environ 3 kg sec de spiruline, soit 15 kg de spiruline pressés contenant 12 kg d’eau à
évaporer.
Cette spiruline est répartie sur 30 claies de 54cm x 126cm, soit environ 38m² et un charge sur claie de
0,3kg/m².

Les données de température relevées sont :


de 45°C à 60°C,
de 5 à 10% d’humidité relative.
Le séchage dure de 4 à 5 heures, sauf par temps de mistral où le séchage peut se faire en 3 heures.
Le critère visuel de séchage correspond au décollement des claies de la spiruline et leur courbure des
spaghettis en arc de cercle. Le test en bouche.

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BIBLIOGRAPHIE (Principales recherches source Internet) :

- Page 5, oxydation des lipides : Duarte J. indice de TBA


- Page 6, courbe de sorption : Oliveira E, 2006 thèse de licence
- Page 7, phase de séchage lent : Oliveira thèse 2006, 60°C-4kg/m²
- Page 11, Hadrich 2008, étude de séchage des feuilles de Bigaradier
- Page 12, Les vitesses relevées dans différentes expérimentations sont :
• 1,5 m/s (Elizangela oliveira, 2006, séchage de la spiruline)
• 0,15 m/s (Demorieux, 2004, séchage de la spiruline)
• 1 m/s (Touati, 2005, séchage de feuille de menthe)
• 2m/s (A.K. Aboubakar Dandjouma 2005, séchage de la tomate)
• 2,5m/s (Kuitche, 2005 séchage de oignons 45°C et 52°C)
- Page 14, Touati, 2008 Etude théorique et expérimentales du séchage solaire des feuilles de la Menthe verte)
- Page 19, Beaucoup d’études ont été menées dans le cas du lait. Larson et Rolleri, 1955 ; Nielsen et al,
1973 ; Townend et Gyuriseck 1974.
- Page 20, L’étude du noircissement des feuilles de certaines plantes pendant le séchage a révélé que la
couleur verte est maintenue à condition que le séchage s’effectue à une température inférieure ou égale à
55°C (B.-B ; Odile, 1991 p31 thèse)
- Page 21, indice de solubilité, Sgarbieri, 1996.
- Page 21, mesure de la solubilité en milieu acide, Elisangela Oliveira, 2006
- Page 22, la mesure des protéines totales et des sucres totaux, H. Desmorieux, 2004
- Page 23, Test modifié de fixation du rouge de crésol, test de cuisson du soja, Zelter, 1971
- Page 23, les méthodes industrielles de séchage (spray dryer et convectifs) entraînent une perte de 50%
SARRADA et Al, 1999.

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